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Français>>OpinionMise à jour 28.09.2010 15h46
Le recours à la force militaire ne devrait jamais être une « solution »

En Chine, après la tension avec le Japon provoquée par détention illégale du capitaine d'un chalutier chinois dans ce pays ou les exercices militaires américains en Mer de Chine Méridionale et en Mer Jaune, les voix patriotiques ou nationalistes se font plus fortes.

Ces personnes pensent peut-être que la Chine va :

Accroître ses dépenses militaires, afin que son budget excède celui des budgets de la défense combinés du Japon, de la Corée du Sud, de la Russie, de l'Inde, de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.

Créer une constellation de garnisons de l'Armée Populaire de Libération déployées en première ligne dans des zones stratégiquement sensibles un peu partout dans le monde, afin d'exprimer le niveau mondial des intérêts de la Chine.

Partager la Terre en commandements territoriaux tentaculaires, avec un général chinois quatre étoiles responsable pour la zone Asie-Pacifique, un autre pour l'Afrique, un troisième pour le Moyen-Orient et un dernier pour l'Amérique du Nord.

Mettre en place un programme vigoureux de jeux de guerre et d'exercices dans divers pays un peu partout dans le monde.

Constituer une force de frappe à longue distance de l'APL, capable sur un ordre bref de conduire des attaques intercontinentales, en employant des armes conventionnelles ou nucléaires, ou d'opérer dans le cyberespace.

En fait, c'est exactement ce que font les Etats-Unis dans le monde entier depuis le demi-siècle dernier, mais sur une échelle bien plus large encore.

Dans son livre « Les Règles de Washington : la voie de l'Amérique vers la guerre permanente », Andrew Bacevich, Professeur d'histoire et de relations internationales à l'Université de Boston, s'attaque au consensus établi entre le Gouvernement américain et le public sur la sécurité nationale, de l'époque de Harry Truman à celle de Barack Obama.

Andrew Bacevich, diplômé de l'Académie Militaire de West Point qui a servi pendant 23 ans dans l'armée américaine, y compris pendant la guerre du Vietnam, soutient que l'édifice de base des « Règles de Washington » est resté le même depuis les cinquante dernières années : une présence militaire omniprésente dans le monde ; des forces armées configurées non pour la défense mais pour la projection de forces partout dans le monde ; un penchant pour l'intervention militaire, ouverte ou secrète, n'importe où et n'importe quand.

Les Règles de Washington, élaborées à un moment où l'influence et le pouvoir des Etats-Unis approchaient de leur sommet après 1945, ont conduit les Etats-Unis à une situation de guerre sans fin.

M. Bacevich est en désaccord avec la notion selon laquelle les Etats-Unis représentent toujours le bien et que le pays doit être en guerre permanente au nom de la réalisation de la paix permanente.

Il a été critique envers les guerres d'Irak et d'Afghanistan, et pense que Barack Obama manque du courage nécessaire pour mettre fin à la guerre. Pour lui, le Président américain se range au statu-quo plutôt qu'il n'essaie de le changer.

Auteur de nombreux livres excellents, dont le best-seller « Les limites de la puissance : la fin de l'exception américaine », il pense que le moment est venu pour les Etats-Unis de revoir leur approche du monde pour rejeter le militarisme et reconnaître que s'occuper de Detroit devrait passer avant s'occuper de l'Afghanistan.

Mais hélas ce point de vue asséné par un universitaire aussi brillant ne risque probablement pas de changer le large consensus qui existe au sein du Gouvernement américain, des corporations, consortiums militaires, groupes d'intérêt, groupes de réflexion, médias d'information et même citoyens, qui sont habitués à ce genre de doctrine.

M. Bacevich, lors du récent lancement de son livre, a déclaré que si les Etats-Unis ont vraiment une mission envers le monde, elle serait mieux accomplie en devenant un exemple pour les autres plutôt qu'en essayant d'imposer par la force des valeurs libérales aux peuples d'Irak et d'Afghanistan.

Pour lui, les Etats-Unis ne sont pas une nation impérialiste comme le furent jadis la Grande-Bretagne et la France, mais elle l'est dans le sens où « nous voulons dominer et nous voulons que les règles fonctionnent au bénéfice des Etats-Unis partout dans le monde, et nous voulons s'il le faut utiliser notre force militaire pour faire appliquer ces règles ». Cette stratégie, selon lui, ne fonctionne pas car elle ruine le pays et met en danger la liberté de son propre peuple.

Les gens pourraient maintenant mieux comprendre pourquoi les Etats-Unis ont toujours essayé de justifier leur présence militaire partout dans le monde, y compris en Mer de Chine Méridionale.

De nombreux Chinois, qui se souviennent aujourd'hui encore de l'humiliation par les puissances occidentales du fait de la faible puissance militaire de leur pays lors des deux siècles passés, espèrent peut-être que la montée de la Chine en tant que superpuisssance économique fera aussi naître une superpuissance militaire.

Mais quand on connaît les nombreux échecs américains en matière de projection de puissance militaire, comme les a décrits M. Bacevich, ces personnes devraient plutôt mieux avoir d'autres pensées.

User de la force militaire de cette manière n'est jamais une solution, et nous ne devrions jamais en faire une partie du futur de la Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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