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Français>>OpinionMise à jour 30.09.2010 13h20
Le Japon doit voir au delà de ses problèmes internes

De nombreux médias japonais ont critiqué le Gouvernement japonais pour n'avoir « pas réussi à se tenir à sa position d'origine » après que Tokyo ait relâché Zhan Qixiong, le capitaine du chalutier chinois, le 25 septembre. Zhan et son équipage ont été détenus de manière illégale par le Japon après que leur navire de pêche soit entré en collision avec deux navires des Garde-Côtes japonais près de Iles Diaoyu, qui depuis des temps anciens font partie du territoire chinois. L'équipage avait été relâché plus tôt.

Les partis d'opposition du Japon pourraient poursuivre plus en avant les attaques des médias contre le Premier Ministre japonais Naoto Kan, qui a survécu au défi lancé par son rival pour la direction du parti, Ichiro Ozawa, ancien chef du Parti Démocratique du Japon (PDJ). Cela n'augure rien de bon pour les relations sino-japonaises, tout au moins dans un futur proche.

Lundi, le Ministre japonais des Affaires Etrangères Seiji Maehara a convoqué l'ambassadeur de Chine au Japon, Cheng Yonghua, pour l'interroger au sujet des quatre Japonais qui ont été arrêtés à Shijiazhuang, dans la Province chinoise du Hebei, pour des raisons de « sécurité nationale ». C'est un signe que le Gouvernement japonais pourrait adopter une position plus aggressive contre la Chine, sous la pression croissante de son opinion.

En dépit du revers majeur subi lors des élections à la Chambre Haute du Parlement japonais (la Diète), en juillet dernier, Naoto Kan a tout de même pu obtenir le soutien d'une large partie des membres du PDJ lors des élections à la présidence du parti le 14 septembre dernier. Il a d'ailleurs gagné de manière assez confortable, par 721 voix contre 491 pour M. Ozawa. Mais quand il s'est agi des membres du Parlement du PDJ, sa marge de victoire contre son rival a été beaucoup plus mince, 206 voix contre 200. Connaissant la rivalité interne qui existe dans le parti, M. Kan a du mal à se sentir à l'aise, malgré sa victoire. Qui plus est, il fait face à la rude tâche de devoir non seulement unifier l'administration, mais aussi son parti, divisé entre plusieurs factions.

Après les élections à la Chambre Haute, le PDJ détient la majorité à la Chambre Basse et l'opposition, celle à la Chambre Haute. Dans une situation pareille, une loi votée par la Chambre Basse se verra probablement opposer le veto de la Chambre Haute. De plus, les divisions au sein de la direction du PDJ s'accroissent. La liste des nouveaux membres du Gouvernement nommés par M. Kan montre que celui-ci a ignoré les supporters de M. Ozawa. Et non seulement il a conservé la « faction Seiji Maehara », anti-Ozawa, mais en plus il a rehaussé le statut de cette dernière.

La faction Maehara, pro-américaine, a dévoilé sa position pour une ligne dure à l'égard de la Chine. La politique de partenariat à égalité avec les Etats-Unis et de liens stratégiques avec la Chine est désormais du passé. Elle a fait la place à une politique de confinement de la Chine.

La politique de M. Kan, tournée vers les entreprises, s'est détournée de l'approche d'origine tournée vers la population en priorité, adoptée par M. Ozawa et l'ancien Premier Ministre Yukio Hatoyama avant même que le PDJ n'assume les rênes du pouvoir au Japon. La « doctrine Ozawa » et la « doctrine Maehara » sont en fort contraste l'une envers l'autre et mettent en lumière la division principale du PDJ.

Avec une Diète divisée et un parti au Gouvernement qui l'est aussi, le nouveau cabinet de M. Kan a beaucoup de problèmes à résoudre. Pour commencer, les problèmes anciens demeurent. Le PDJ est au pouvoir depuis à peine un an, mais il en est déjà à son troisième gouvernement, ce qui reflète la déliquescence de la politique japonaise actuelle. M. Kan semble d'ailleurs lui-même être en contradiction avec sa propre politique. Et bien qu'il soit connu pour être un activiste civique de base de gauche, sa politique économique ont plutôt tendance à favoriser les riches, et ses politiques générales en matière de sécurité et de relations extérieures sont critiquées comme étant de centre-droit et irréalistes, même par le Parti Libéral Démocrate (PLD), conservateur.

Sur les problèmes touchant la vie de tous les jours, le PDJ semble revenir sur sa parole et être en train de perdre le soutien de l'opinion. Dans son premier discours de politique, M. Kan avait promis d'établir une économie robuste, des finances et des systèmes de sécurité nationaux forts. Mais l'ensemble reste faible, seule la monnaie restant forte.

Les problèmes anciens refusent de disparaître, et de nouveaux surgissent. La tension entre le Japon et la Chine monte. On peut prévoir un clash entre le PDJ au pouvoir et les partis d'opposition lors de la prochaine session extraordinaire à la Diète.

Pour dire les choses plus simplement, le Japon fait face à une tempête politique. En fait, avant d'arriver au pouvoir, le PDJ avait formulé une stratégie complète en matière de diplomatie et de sécurité. Mais les Etats-Unis ont déboulé sur la scène pour empêcher le Japon d'entreprendre la moindre coopération innovante avec d'autres pays d'Asie de l'Est. Et maintenant, avec M. Maehara, les Etats-Unis disposent du moyen parfait de contrecarrer les politiques rationnelles du PDJ en matière de politique étrangère et de sécurité.

La politique de M. Kan envers la Chine a suscité des inquiétudes. Mais la Chine espère que les rivalités internes au parti et avec les autres partis n'empêcheront pas les deux pays de se donner la main pour prendre la tête de la renaissance économique de l'Asie.

Ces espoirs, cependant, se trouvent en butte à la méfiance ouverte du Japon envers la souveraineté de la Chine, au bénéfice des Etats-Unis. La détention illégale du capitaine de chalutier et de son équipage en est un exemple récent. On ne s'étonnera pas dans ce cas que dès que M. Maehara a été nommé Ministre des Affaires Etrangères, les Etats-Unis aient proposé un toast en son honneur.

La tentative des Etats-Unis et du Japon de grapiller de concert le territoire chinois des Iles Diaoyu est évidente. Etant donné les intentions américano-japonaises, il est temps que la Chine révise sa politique étrangère à l'égard du Japon pour défendre ses intérêts.

Mais peu importe ce que les Etats-Unis veulent, le Japon va encore devoir faire face à sa population à Okinawa, où une élection est prévue en novembre. En plus de la situation diplomatique difficile, le PDJ au pouvoir fait aussi face à un autre défi sur le front économique avec l'opposition du PLD lors de la prochaine session extraordinaire à la Diète. L'incertitude demeure quant à savoir si le collectif budgétaire du PDJ pourra obtenir suffisamment de soutien pour pouvoir être adopté à la Diète.

Le plan de l'opposition est d'obtenir la dissolution du Parlement et que se tiennent des élections générales anticipées, le PLD étant impatient d'arracher le pouvoir au PDJ. Ce qui fait que le PDJ doit à la fois remettre de l'ordre dans sa maison divisée et combattre l'opposition.

Peu importe quel sera le résultat des empoignades politiques dans lesquelles se débat le Japon, le bon choix stratégique pour Tokyo serait de rechercher une collaboration plus étroite avec Beijing sur la base de l'égalité et du bénéfice mutuel, ainsi que d'une compréhension correcte de l'histoire. Le Japon devrait en fait prendre conscience que, bien qu'étant allié des Etats-Unis depuis la fin de la 2e Guerre Mondiale, il a tout un monde à gagner en coopérant avec la Chine.

L'auteur est Wang Ping, Chercheur en études japonaises à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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