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Français>>OpinionMise à jour 21.10.2010 14h04
Les Etats-Unis mènent une guerre monétaire

Le pays le plus endetté du monde utilise la domination du Dollar et ses dettes pour aspirer la richesse en provenance des économies émergentes.

Dans une guerre monétaire qu'ils ont déclenché eux-mêmes, et dans laquelle la Chine est considérée comme la cibl principale, les Etats-Unis ont encore une fois démontré leur volonté de redistibuer la richesse mondiale à leur propre avantage.

Une guerre monétaire est par essence une guerre financière, ou encore une guerre pour posséder davantage de richesses, guerre dans laquelle le pays qui peut parler le plus fort au sujet des problèmes monétaires du monde remportera la position la plus avantageuse dans la redistribution des richesses mondiales.

Les Etats-Unis mettent en oeuvre depuis longtemps, et avec dextérité, des politiques financières que l'on peut qualifier d'« égoïsme économique ». La seule superpuissance mondiale dépend des émissions surabondantes de Dollars et de sa dette nationale, qui sont les deux principaux moteurs qui soutiennent sa croissance économique. Avec pour résultat que le « Système de l'Etalon Dollar » a évolué en une sorte de « système étalon de la dette », à l'avantage des Etats-Unis.

Exemple typique, l'attitude de Washington envers sa dette fiscale croissante. Afin d'alléger sa dette gouvernementale financière, qui est astronomique, et qui est passée à 12 000 milliards de Dollars en 2009, soit 82,5% de son PIB la même année, la Réserve Fédérale américaine a adopté une Politique Monétaire d'Aisance Monétaire dans l'espoir d'étendre le bilan des comptes du pays et monétiser ses déficits fiscaux, afin de réduire le coût de la dette. En ce sens, l'inflation ne devrait causer aucun mouvement de panique chez les décideurs politiques américains. Au contraire même, il s'avèrera sans doute que Washington sera le plus grand gagnant de la guerre monétaire qu'elle a déclenchée.

La Chine et d'autres économies émergentes, cependant, seront les victimes de ce « petit jeu » bien mené par les Etats-Unis. En raison de leur reprise économique plus rapide au sein d'un ralentissement économique mondial, les capitaux internationaux disponibles ont envahi les économies émergentes sur une plus grande échelle et à une vitesse plus rapide qu'on ne l'avait connue avant la crise financière mondiale. On estime que, entre avril 2009 et la fin de juin 2010, la quantité de capitaux financiers internationaux qui se sont déversés dans les vingt principales économies émergentes du monde a atteint 575 milliards de Dollars US, et plus de la moitié est allée vers les marchés asiatiques émergents. L'afflux sur une grande échelle de capitaux liquides internationaux a augmenté la pression pour que les destinataires réévaluent leurs monnaies et a semé les graines de l'inflation. Les statistiques indiquent que presque deux-tiers de ces 20 économies émergentes souffrent maintenant d'un taux d'intérêt négatif et sont sous une pression énorme pour relever les prix.

Merrill Lynch, une des principales sociétés de gestion financière et consultants, estime que la Chine aura un taux d'inflation de 3,2% en 2010, l'Inde 7,9%, la Russie 6,1% et le Brésil 5,0%. Dans le même temps, l'afflux de capitaux internationaux a accentué la pression pour une réévaluation monétaire dans ces pays dont l'économie repose sur les exportations ou est dépendante des ressources.

Dans ses récents efforts ininterrompus pour faire monter la pression sur la Chine pour qu'elle réévalue le yuan, Washington espère atteindre plusieurs objectifs. Un yuan plus fort est censé aider à accroitre les exportations américaines, à favoriser une restructuration économique dont elle tant besoin et à aider son économie à récupérer plus rapidement à un moment où la demande intérieure demeure toujours molle. En outre, car la Chine est le plus grand créancier de la dette nationale des Etats-Unis, une réévaluation rapide de la devise chinoise ferait s'évaporer une partie de la dette des Etats-Unis libellée en Dollars et favoriserait la redistribution des richesses entre le créancier et le débiteur.

Au cours du demi-siècle passé, le système fermement établi de l'étalon dollar s'est avéré être un outil efficace qui a aidé les Etats-Unis, favorisant la circulation internationale de son énorme dette. Washington est également parvenu à augmenter sensiblement sa richesse nationale en monétisant sa dette nationale ou en dévaluant le Dollar.

Les statistiques montrent que 48% du commerce international courant et 83,6% des transactions financières internationales ont actuellement leur prix libellé en Dollars. Environ 61,3% des réserves mondiales en devises sont également libellées en Dollars. En tant qu'émetteur de la principale devise du monde, les Etats-Unis peuvent réduire leur dette nationale en augmentant les émissions de Dollar par sa dévaluation. De 2002 à 2006 seulement, une valeur d'environ 3 580 milliards de Dollars de la dettes des Etats-Unis a disparu de cette façon.

La Chine et d'autres créanciers de la dette nationale des Etats-Unis sont maintenant obligés d'entrer dans une guerre financière, car les Etats-Unis sont fortement tentés de déprécier le Dollar. Pour empêcher le Dollar de baisser, ce qui ferait diminuer la valeur de leurs capitaux libellés en Dollars, beaucoup de créanciers des Etats-Unis, particulièrement les économies émergentes, doivent continuer d'acheter du Dollar, mettant de ce fait leurs capitaux en danger d'être davantage dépréciés.

Cependant, fermer les yeux sur le renchérissement de leurs devises face au Dollar ferait également fortement souffrir leurs exportations et attirerait plus d'argent de l'étranger, faisant ainsi augmenter les prix de l'immobilier et alimentant les bulles économiques et l'inflation.

La Chine doit rester particulièrement vigilante face à l'insistance de Washington qui essaye de la forcer à réévaluer le yuan à un moment où le pays fait face déjà à des pressions inflationnistes énormes et quand les prix de l'immobilier ont atteint un niveau dangereux. La Chine devrait retenir l'amère leçon du Japon dans les années 1980, lorsque la réévaluation forcée du Yen dans sa guerre monétaire avec les Etats-Unis avait plongé une économie alors florissante dans une récession de dix ans.

En tant qu'économie émergente à croissance rapide dont la monnaie est sur le chemin de l'internationalisation, la Chine devrait prendre en considération ses intérêts à long terme et à court terme dans n'importe quelle « guerre des taux de change » avec les Etats-Unis et être psychologiquement équilibrée en vue d'une épreuve qui va durer.

L'auteur, Zhang Monan, est chercheur en économie au Centre d'Information de l'Etat.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
L'article de Zhang Monan est vraiment pertinant, de nous faire comprendre les stratégies m...
Bonjour.C'est une vieille habitude chez les cow=boys américains de prendre l'argent des au...
C'était bien la raison pour laquelle que le Général De Gaulle avait une politique anti dol...
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