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Français>>OpinionMise à jour 10.11.2010 17h16
Le sourire de Barack Obama à l'Inde est-il juste de pure forme ?

Le Président américain Barack Obama a finalement donné le coup d'envoi de sa plus grande mission commerciale jamais vue vendredi dernier dans la ville de Bombay, assurant à l'Inde qu'elle ne serait jamais laissée de côté par la seule super-puissance mondiale. Pour cette visite si longtemps attendue, l'Inde n'a de son côté pas lésiné sur les moyens, allant jusqu'à faire retirer toutes les noix de coco des arbres situés sur la route prévue du Président américain, de peur qu'une ne lui tombe sur la tête, et à faire appel à des personnes chargées de capturer les chiens et les singes, afin d'empêcher toute « invasion animale » sur son chemin.

De son côté, le Premier ministre indien, Mammohan Singh, âgé de 73 ans, a attendu à l'aéroport pour accueillir le Président américain –âgé lui de 49 ans- et sa suite, la plus grande jamais vue, comprenant 250 patrons d'entreprises, qui avaient un but unique : doper les exportations américaines.

« L'objectif premier est d'emmener un groupe d'entreprises américaines et d'ouvrir le marché, afin que nous puissions vendre en Asie, sur l'un des marchés à la croissance la plus rapide du monde », avait dit le Président Obama le 4 novembre dernier après une réunion avec son Cabinet à la Maison Blanche.

« Nous voulons croire que l'Inde est un véritable allié et qu'elle ne nous laissera jamais tomber », a dit un de ces patrons, qui est aussi à Washington un appui pour l'accord en matière nucléaire.

A l'évidence, un coquet contrat de 10 milliards de Dollars US conclu avec l'Inde et de belles perspectives d'emploi pour plus de 50 000 Américains est ce dont Barack Obama avait désespérément besoin pour éclaircir la sombre situation actuelle et le paquet de problèmes internes que connaissent les Etats-Unis actuellement – une économie atone, un taux de chômage qui a atteint ou dépassé les 9,5% pendant quatorze mois consécutifs, un budget fédéral dont le déficit prévu devrait atteindre 1 400 milliards de Dollars, un taux de satisfaction dans l'opinion qui s'effondre, un Congrès découragé, et pour finir sa récente défaite aux élections de mi-mandat.

Mais ce qui mérite tout autant l'attention, c'est que l'Inde accélère ses achats de fournitures militaires, justifiées par une soit-disant menace chinoise mais aussi par son ambition de diriger la région, faisant aussi de l'Inde un marché très attractif pour les entreprises américaines du secteur de la défense. D'ailleurs, les administrations américaines, depuis George W. Bush, placent leurs espoirs sur Delhi pour faire contrepoids à Beijing.

Le gouvernement indien est en train d'aider le Président Obama à obtenir satisfaction ; et l'Inde, de son côté, semble pour le Président Obama rien moins que le dernier espoir auquel se raccrocher.

« Dans son tour du monde, Obama doit maintenant montrer qu'il apporte des bénéfices au commerce américain », a dit Steven Clemons, analyste à la New America Foudation, un groupe de recherche politique basé à Washington. « Il est en train de changer, passant d'une position plus attentionnée, plus douce, moins unilatérale en termes de politique étrangère à une position où il se doit de montrer les bénéfices minimum que rapporte l'engagement américain à l'étranger ».

Sans doute, le Président Obama et sa première dame devront-ils chérir le bon sens de faire le bien pour le bien, car les Indiens attendent cela avec impatience, quand bien même les faveurs américaines ne sont pas toutes tangibles et compréhensibles au premier abord.

A la grande joie des Indiens, et salué par les medias indiens, Barack Obama a fait allusion à ce qu'il appelle un « soutien énergique » à l'attribution d'un siège de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies à l'Inde, bien que ce faisant il donne aux Indiens un chèque qu'ils auront bien du mal à pouvoir encaisser aussi facilement.

Et bien sûr aussi, il a fait les plus encourageantes remarques en s'adressant à des étudiants d'université et au public, qualifiant l'Inde de super-puissance en devenir, déclarant la répression du terrorisme islamique au Cachemire et en Afghanistan. Et bien évidemment, il n'a pas manqué de saluer les valeurs démocratiques de l'Inde.

Le Président américain, comme ses prédécesseurs Bill Clinton et George W. Bush, a aussi abordé des sujets comme l'allègement des contrôles américains sur les technologies et équipements à double usage, et s'est engagé à renforcer la coopération dans des domaines comme l'énergie, l'éducation, l'agriculture et d'autres.

Afin de montrer comme il faut sa bonne volonté envers la « puissance montante de l'Asie », à laquelle Barack Obama a promis d'accroitre son engagement, la charmante première dame Michelle Obama y est allé du sien aussi et a joué à la marelle, dansé et chanté avec des enfants indiens défavorisés recueillis par des oeuvres de bienfaisance indiennes.

Bien que l'Inde n'ait pas pu totalement faire disparaitre son souci causé par le fait que, du point de vue américain, la vision stratégique de l'Inde reste inférieure à celle de son rival pakistanais, et que les Etats-Unis vont toujours devoir tendre la main à la Chine tout en allant main dans la main avec l'Inde, il semble que l'Inde soit disposée à se rapprocher des Etats-Unis plus qu'elle ne l'a jamais fait auparavant.

Et alors que l'initiative de la Réserve Fédérale américaine de pratiquer à nouveau une politique d'assouplissement quantitatif d'un montant de 600 milliards de Dollars est critiquée par l'Allemagne, la Chine, le Brésil et d'autres économies émergentes, faisant chorus pour accuser les Etats-Unis d'essayer de dévaluer le Dollar au détriment des exportations des autres pays, M. Singh a apporté un soutien inattendu à cette action. Manifestement, les Etats-Unis et l'Inde chantent maintenant en duo, chacun faisant écho à l'autre.

Malgré cela, il est pourtant encore un peu tôt pour conclure que Barack Obama va pouvoir satisfaire les attentes de l'Inde mieux et plus concrètement que, disons l'ancienne administration Bush. Et il est tout autant absurde de dire que la « cyclonique visite » du Président américain à Delhi est une preuve que le centre d'intérêt stratégique des Etats-Unis s'est déplacé de Beijing à Delhi.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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