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Français>>OpinionMise à jour 06.01.2011 15h34
Une décennie de défis en perspective pour la Chine

La clé d'une stratégie diplomatique avisée pour la Chine lors de la décennie qui vient sera de savoir faire coexister ses quatre identités internationales face à un monde décentralisé et multipolaire, ont dit des experts.

Comme le montrent les grandes lignes officielles du concept « les puissances majeures sont la clé, les zones alentour sont la toute première priorité, les pays en développement sont les fondations, et les forums multilatéraux sont l'étape importante », la politique étrangère de la Chine affiche simultanément plusieurs composantes.

Cela a conduit aux perspectives, discutées, d'aujourd'hui sur le rôle de la Chine, puisque Beijing est considérée comme une puissance majeure, une puissance régionale, une puissance émergente et une nation en développement, a dit Sun Zhe, directeur du Centre pour les Relations Etats-Unis-Chine à l'Université Tsinghua.

Ce qui fait que, comme l'a fait remarquer M. Sun, assumer ces identités en conflit, mais pourtant complémentaires, va rester un défi de taille pour la décennie qui vient.

Un pouvoir qui change de mains

Beijing a longtemps récusé l'étiquette de « puissance majeure », du fait de la large reconnaissance d'une structure unipolaire post-Guerre Froide.

Mais il est aussi vrai que la Chine a nettement acquis une influence de plus haut niveau sur la scène mondiale ces dernières années.

Le ministre des Affaires Etrangères Yang Jiechi a déclaré que la Chine avait obtenu des résultats notables lors des cinq dernières années, en organisant le Sommet de Beijing du Forum de Coopération Chine-Afrique, les Jeux Olympiques de Beijing, l'Exposition Universelle de Shanghai et en ayant lutté contre la crise financière mondiale et le changement climatique.

« Ces cinq évènements ont accéléré l'arrivée de la Chine sur une position très nette sur la scène internationale, et montré que la Chine est une force importante pour le maintien de la paix dans le monde et la promotion d'un développement commun », a dit récemment M. Yang à des journalistes.

Aujourd'hui, le changement de mains du pouvoir depuis l'Occident vers des puisssances émergentes comme la Chine ou l'Inde donne un nouvel aspect à la structure géopolitique mondiale, a dit Jin Canrong, Directeur adjoint de l'Ecole d'Etudes Internationales à l'Université Renmin à Beijing.

Mais cela va aussi commander un recalibrage des relations de Beijing avec les Etats-Unis, a ajouté M. Jin.

Dans le même temps, a-t-il dit, le prestige et l'influence vacillants des Etats-Unis ont été la cause de revers sur des sujets de sécurité majeurs –à savoir le sujet du nucléaire en République Populaire Démocratique de Corée et en Iran, sans parler des pourparlers de paix au Moyen-Orient.

Le pouvoir déclinant des Etats-Unis, a-t-il ajouté, présente deux faces d'une même pièce. « Cela peut être une opportunité pour la Chine, mais de façon plus importante, cela implique aussi une énorme responsabilité que la Chine ne peut gérer facilement », a dit M. Jin.

« Alors que le monde place beaucoup d'espoirs dans la Chine, qui est la deuxième plus grande économie du monde, pour reprendre le rôle de ‘leader' dans la restauration de l'ordre international, la Chine manque encore des capacités pour le faire », a dit Zheng Yongnian, directeur de l'Institut d'Asie de l'Est à l'Université Nationale de Singapour.

En dépit des bisbilles sur la politique monétaire et les excédents commerciaux de la Chine, la réciprocité économique est le sujet que la Chine et les Etats-Unis devraient explorer en premier, d'après M. Zheng.

Une option commode est de maximiser les intérêts partagés de Beijing et de Washington, et de préparer la voie à une situation gagnant-gagnant, selon Yuan Peng, expert en études américaines à l'Institut Chinois des Relations Internationales Contemporaines.

« En explorant une coopération avec les Etats-Unis dans la réforme du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, la régularisation du G20, une configuration post-Copenhague et le désarmement nucléaire, la Chine pourrait profiter de ses droits tout en assumant une responsabilité proportionnée », a dit M. Yuan.

Quand on en vient à sa présence comme « puissance régionale », Beijing va continuer à améliorer ses liens avec les pays voisins dans les années qui viennent, disent les experts.

La Chine devrait également faire de gros efforts pour faire taire les inquiétudes de ses voisins par le biais d'efforts diplomatiques indépendants, a dit M. Jin, ajoutant qu'il est utile de « réduire sa dépendance excessive envers les Etats-Unis en développant d'autres relations importantes ».

Cela est devenu évident depuis que le Ministère des Affaires Etrangères a organisé son premier forum de diplomatie publique en décembre, sur le thème « Situation dans la zone Asie-Pacifique et politique de la Chine pour la zone Asie-Pacifique », a fait remarquer M. Jin.

Dans le même temps, les relations avec les Etats-Unis sont cruciales, du fait du poids de Washington et de son important réengagement dans la région.

Quand le point d'intérêt stratégique des Etats-Unis s'est déplacé de la lutte contre le terrorisme et est revenu à nouveau à des sujets de sécurité traditionnels, la Chine s'est montrée des plus attentives, car Washington a renforcé ses alliances militaires avec Séoul et Tokyo dans un contexte de tensions, et a attisé le malaise chez certaines nations de l'ASEAN au sujet de la Chine, a précisé M. Zheng.

Un géant naissant

Le monde va devenir plus stratifié, avec quelques pays développés pataugeant dans un bourbier financier, tandis que d'autres connaitront une reprise solide et rapide. Tout cela met en évidence une autre caractéristique de l'identitéde « puissance émergente » de la Chine.

La Chine, en tant que partie de ses efforts, travaillera en profondeur avec les pays du BRICS, qui ont récemment accueilli en leur sein l'Afrique du Sud, dans l'espoir d'injecter de la diversité dans le monde, a dit Huang Renwei, Vice-président de l'Académie des Sciences Sociales de Shanghai.

Le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine couvrent plus de 25% des terres du globe, abritent 40% de la population mondiale et comptaient un PIB combiné de plus de 15 000 milliards de Dollars au début de 2010, soit plus de 15% du total mondial.

« Par le biais de canaux bilatéraux et multilatéraux, le BRICS, qui comprend quasiment tous les pays en développement majeurs, aidera à stabiliser l'environnement international de la Chine et à rassurer des puissances comme l'Inde et la Russie qu'une Chine qui monte en puissance ne les menacera pas ni ne s'opposera à leurs intérêts », a dit M. Huang.

Avec un PIB par tête qui reste en dessous de la moyenne, la Chine demeure tout de même le plus grand pays en développement du monde.

« Si la Chine exerce trop d'influence en tant que puissance majeure, les plus petites nations considèreront qu'elle fait bande à part. Mais si la Chine confine trop ses actions dans une coopération sud-sud, elle court le risque d'être critiquée pour agir de manière disproportionnée par rapport à sa puissance », a dit M. Jin.

Ce qui fait que, par conséquent, l'équilibre à établir entre les quatre identités sera délicat, et pourtant capital, a-t-il ajouté.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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