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Français>>OpinionMise à jour 10.01.2011 14h43
Les étrangers connaissent-ils réellement la Chine ?

« Si vous êtes en voiture à moins de 200 km du centre de Shanghai, vous pourrez y découvrir la différence entre la ville et la banlieue comme celle entre le ciel et la terre », m'a dit Nigel Chalk, directeur chargé des affaires chinoises au Fonds monétaire international (FMI) le 9 janvier.

En fait, on n'a pas besoin d'aller aussi loin. Il y a peu de temps, j'ai conduit ma voiture à environ 20 km du 2ème périphérique ouest de Beijing, avec un ami européen pour jouer au golf sur le 5ème périphérique sud. Mon ami a découvert que l'autoroute devenait petit à petit une route asphaltée et ensuite une route de terre poussiéreuse. Il s'est étonné, disant qu'à Beijing comme à Shanghai, la différence est trop grande entre la banlieue et le centre-ville. Sur le chemin de retour, nous sommes descendus de la voiture pour acheter une pastèque. La vendeuse remuait son bébé dans ses bras pour qu'il s'endorme, tout en vantant la qualité de ses pastèques. « La Chine n'est pas aussi riche que vous le croyiez», ai-je dit.

La surprise de cet Européen ne m'étonne pas. D'une part, c'est la première fois qu'il est venu en Chine « inconnue », de l'autre part, quand il était en Europe, il discutait avec les amis qui avaient habité dans les grandes villes comme Beijing et Shanghai et il lisait des reportages qui portaient presque tous sur les grandes villes chinoises. Il ne connaît pas les campagnes chinoises. Même M. Chalk, qui avait visité la Chine plus de 20 fois, a encore employé le mot « heterogeneous », quand il a parlé de ses impressions sur la Chine.

« L'été dernier, je suis allé au Gansu dans le nord-ouest de la Chine. Les habitants des régions rurales du Gansu sont gentils et candides. Ils mènent une vie très dure », m'a raconté M. Chalk. «A l'heure actuelle, le PIB par personne de la Chine ne représente qu'un dixième de celui de la Grande-Bretagne où il est né et encore moins par rapport au PIB des Etats-Unis », a-t-il précisé. Ce qu'il a dit est vrai. Du fait de sa population nombreuse, l'économise chinoise ne peut pas être considérée comme une géante. D'autant plus que la différence est encore plus grande entre la Chine et de nombreux pays développés dans le domaine des sciences et technologies, le niveau d'instruction des habitants et le niveau de la protection sociale.

Au début de ce mois, j'ai eu un entretien exclusif avec Robert Zoelik, président de la Banque mondiale. « De quelle région êtes-vous natif ? ». C'était la première question qu'il m'a posée. « Mon grand père est né dans une région montagneuse du sud de la Chine où j'ai passé mon enfance. J'ai passé mon adolescence dans le chef-lieu d'un district, ensuite à Beijing, et après, à l'étranger. « Ma famille témoigne du processus d'urbanisation en Chine », lui ai-je dit.

J'ai eu des échanges avec certains économistes chinois. Selon leurs prévisions, la Chine connaîtra un taux d'urbanisation d'environ 1% chaque année. Cela signifie que d'ici de nombreuses années, des millions de paysans vont abandonner des houes pour vivre dans des villes. Même à raison de ce rythme, le taux d'urbanisation en Chine d'ici 10 ans ne sera qu'entre 55% et 56 %, niveau très bas par rapport à 80%, 90% des pays développés.

L'année dernière, j'ai participé à un séminaire dont les discussions portaient sur la disparition ou non des journaux dans le futur. Après la réunion, mes amis européens m'ont demandé pourquoi je n'avais pas pris la parole, je leur ai répondu : dans les campagnes chinoises où vivent 700 millions de paysans, beaucoup de personnes utilisent des journaux usagés comme du papier toilette, 200 millions de travailleurs migrants utilisent des journaux usagés pour protéger leurs cabanes de fortune dressées auprès de leur chantier de construction. Dans les villes, bon nombre de personnes vendent des journaux usagés pour subvenir aux dépenses de la famille. Et encore, beaucoup de personnes âgées ne savent pas se mettre en ligne et lisent des journaux pour tuer le temps.

Beaucoup de nos amis étrangers ne connaissent pas bien la situation réelle de la Chine, ni les préoccupations des Chinois. Quant à nous, les Chinois, nous devons non seulement faire connaître nos succès déjà obtenus, mais aussi et surtout nos problèmes dans le processus de développement.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Un article intéressant..Il est vrai que la différence est souvent saisissante entre l'extr...
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