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Français>>OpinionMise à jour 20.01.2011 11h06
La cohue des transports de la Fête du Printemps fait-elle partie de la culture chinoise ?

Les migrations de la Fête du Printemps, plus connues en Chine sous le nom de Chunyun (春运) commencent aujourd'hui mercredi. Plus grande migration humaine annuelle du monde, le Chunyun est devenu un mouvement culturel et social en Chine. Et dans ce microcosme de la réalité sociale, chacun peut percevoir les conflits qui existent entre amertume et espoir, tradition et modernité.

Le réseau ferré chinois connaît une expansion rapide ; pour autant, il est encore loin de pouvoir satisfaire la demande massive générée par la Fête du Printemps. A l'évidence, la Chine ne peut suivre une voie de modernisation à l'américaine, et les gigantesques encombrements de circulation en sont une preuve éclatante.

Si la Nation voulait construire un réseau de circulation pouvant absorber instantanément les centaines de millions de personnes qui vont voyager ce mois, il faudrait une longueur supplémentaire de voies ferrées estimée à 96 000 km, et cela épuiserait les ressources en matière de circulation pour les onze mois suivants.

Rentrer chez soi pour la Fête du Printemps, une tradition ancienne en Chine, apparaît désormais comme un luxe inaccessible. Lors des dernières décennies, de plus en plus de gens ont quitté leur ville natale pour chercher du travail dans d'autres endroits du pays, les emmenant par monts et par vaux.

C'est dire si réussir à acheminer ces pélerins des temps modernes à bon port le même jour est un défi colossal.

Le Chunyun ne doit pas devenir l'objectif unique de la croissance du réseau de circulation chinois. Il ne doit pas non plus devenir le mètre-étalon avec lequel on va mesurer la qualité de la modernisation de la Chine. Essayer d'allouer les ressources sociales avec le Chunyun comme point central ne fera que conduire à une redistribution instable de ces ressources.

En tant que cérémonie culturelle clé, la Fête du Printemps devrait aussi évoluer au même rythme que la Chine.

Ces dernières années, de nombreux Chinois sont partis s'installer à l'étranger, et ils ont emmené la Fête du Printemps dans leurs bagages. Aujourd'hui, nombreux sont les Chinois qui habitent aux Etats-Unis et en Europe et qui ne retournent pas chez eux pour célébrer cette fête. Ce n'est pas pour autant que cela change leur tempérament culturel, pas plus que cela ne conduit au déclin de la Fête du Printemps.

Le Chunyun est devenu un noeud gordien pour la Chine, et ce ne sont pas les ouvriers des ponts et chaussées qui pourront le dénouer à eux seuls. Les travailleurs migrants devraient pouvoir progressivement se fixer dans les grandes villes, ou trouver un emploi dans des villes situées à proximité de leur village natal. La production industrielle actuelle de la Chine devrait être réajustée, et de nombreuses usines devraient être déplacées vers des villes de moindre importance, pour y créer des opportunités d'emploi. Au delà de ça, les gens devraient aussi modifier leur psychologie traditionnelle – après tout, leurs réunions peuvent aussi se tenir dans les villes où ils se sont nouvellement installés.

Le Chunyun est à présent devenu un des identifiants de la Chine moderne. Mais est-ce pourtant une chose à laquelle nous devons nous accrocher ad vitam aeternam ?

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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