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Français>>OpinionMise à jour 01.04.2011 09h48
Joseph Nye : Ne magnifions pas le pouvoir de la Chine

L'éminent analyste politique Joseph Nye appelle à ne pas exagérer le pouvoir de la Chine, tandis que certains observateurs aux États-Unis interprètent l'influence croissante du pays comme une menace contre les intérêts américains en Asie orientale.

Le professeur émérite de l'Université Harvard estime que de tels points de vue pourraient conduire à une crainte d'inimitié grandissante entre les deux pays. Il affirme que depuis la crise financière de 2008, de nombreux universitaires et journalistes ont écrit des articles exhortant la Chine à se montrer plus assertive en réponse au « déclin des États-Unis ».

« Comme je l'explique dans mon nouveau livre The Future of Power, cette perception est erronée ; cela encourage l'orgueil en Chine et la peur aux États-Unis. Cela rend par conséquent le compromis et la coopération plus difficiles. Les deux pays devraient se détendre et réaliser qu'ils ont bien plus à gagner de la coopération que du conflit », souligne M. Nye.

Un sondage récent effectué par le Pew Research Center révèle que 47 % des Américains pensent que la Chine est la plus grande puissance économique mondiale, contre 31 % qui placent leur pays à ce rang. Près de 60 % des citoyens américains estiment que leur pays est en déclin.

Joseph Nye fait valoir que les États-Unis sont non seulement susceptibles de rester la première puissance mondiale durant la première moitié de notre siècle, mais que « la Chine a toujours un long chemin à parcourir pour nous rattraper dans les domaines militaire, économique et du soft power ».

Il y a quelques mois, Joseph Nye expliquait en quoi « la Chine est loin de poser un défi à l'Amérique semblable à celui posé par l'Allemagne de Guillaume II à la Grande-Bretagne en 1900 ». L'Allemagne avait alors dépassé la puissance industrielle britannique, tout en « poursuivant une politique étrangère et militaire ambitieuse et à visée mondiale qui ne pouvait que parvenir à un clash ». En contraste, la Chine se concentre principalement sur son développement économique.

Goldman Sachs, la cinquième plus grande banque américaine en actifs, a récemment prédit que la Chine deviendrait la plus grande économie du monde d'ici 2027. « Même si le PIB chinois dépassait le PIB américain autour de 2027, les deux économies seraient équivalentes en taille, mais inégales en composition », ajoute M. Nye.

« En outre, lorsque les pays se développent, il y a une tendance naturelle de ralentissement des taux de croissance. Selon mes calculs, si la croissance annuelle chinoise diminue à 6 % et que l'économie américaine croît de 2 % par an après 2030, la Chine ne rattrapera pas les États-Unis en termes de revenu par habitant avant plusieurs décennies ».

Joseph Nye pense que les États-Unis devraient voir la croissance chinoise comme une bonne chose, et il existe des signes montrant que les États-Unis, volontairement ou non, modèlent un environnement favorable à cette croissance plutôt que d'opter pour l'endiguement. « Contrairement à la Guerre froide, lorsque les États-Unis n'avaient virtuellement aucun rapport commercial avec le bloc soviétique et peu d'échanges sociaux, le marché américain s'est ouvert à la Chine et les États-Unis ont un déficit commercial important ».

« D'autre part, il y a plus de 100 000 étudiants chinois aux États-Unis. L'ambition de Barack Obama d'envoyer 100 000 Américains étudier en Chine est un autre exemple de ce phénomène », souligne-t-il. « La croissance de l'économie chinoise a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté, et cela est une grande réussite ».

Mais la Chine est en retard militairement et manque des ressources américaines de soft power, comme Hollywood et des universités de renommée mondiale. Il est important pour la Chine d'améliorer sa puissance douce, selon lui. La croissance du pays suscite de grandes attentes. Bien que toujours un pays en développement, la Chine devra jouer un rôle international plus important.

« Tandis que la taille de la Chine augmente, son impact sur l'économie mondiale et l'environnement grandit et les autres pays se tournent vers elle pour qu'elle contribue au bien public, notamment en termes de stabilité financière et de réduction de ses émissions de carbone qui touchent tout le monde. La Chine ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'à ce qu'elle soit véritablement riche pour commencer à s'impliquer davantage dans son rôle international ».

Bien que la relation entre les États-Unis, la Chine et le Japon ait éprouvé des « difficultés » et « incompréhensions », à long terme, la stabilité et la prospérité de l'Asie orientale dépendent des bonnes relations et de la coopération entre les trois parties, souligne M. Nye Il est convaincu que les liens sino-américains se resserreront « tandis que les États-Unis et la Chine réalisent qu'ils ont besoin de coopérer afin de gérer leurs nouveaux enjeux transnationaux ».

Source: China.org.cn

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