Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 23.05.2011 13h45
La mort de Ben Laden rapproche la Chine, le Pakistan et les Etats-Unis

Au début du mois, les Navy SEALs américains ont lancé une opération secrète dans la ville pakistanaise d'Abbottabad et tué Oussama Ben Laden, ce qui, d'après les Etats-Unis, est une victoire dans leur guerre contre le terrorisme.

La liquidation de Ben Laden, cependant, a fait que beaucoup de personnes se sont interrogées sur la légalité de l'intervention unilatérale des Etats-Unis au Pakistan, sur les « réseaux de soutien » pakistanais au chef d'Al Qaida, et sur l'avenir du partenariat américano-pakistanais dans la lutte contre le terrorisme.

Tout en discutant de la dispute sur le sujet entre les Etats-Unis et le Pakistan, certains médias américains ont, sans nécessité, attiré la Chine dans ce débat. Ils ont même spéculé sur la réaction de la Chine à la mort de Ben Laden.

Citant la parte-parole du Ministère chinois des Affaires Etrangères Jiang Yu, un journal américain a dit que la Chine a d'abord bien reçu la nouvelle de la mort de Ben Laden, la considérant comme un développement positif, mais qu'ensuite « elle a pris la peine de féliciter Islamabad pour sa position anti terroriste ». L'article en a conclu que la tension entre les Etats-Unis et le Pakistan a offert à « Beijing une chance de sevrer son plus vieil allié de la région de sa dépendance à l'aide américaine en matière de sécurité ».

Pour commencer, la défense du Pakistant par Mme Jiang n'a rien à voir avec les doutes de Washington sur l'engagement d'Islamabad dans la traque de Ben Laden. La réponse affirmative de Mme Jiang à une question demandant si Beijing croyait le Pakistan quand celui-ci a dit n'avoir pas eu connaissance de l'opération américaine au préalable témoigne de la position constante de la Chine sur le Pakistan. Et cela ne devrait pas être interprété comme une tentative de dissuader le Pakistan d'apporter son soutien aux Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme.

A l'évidence, la Chine et le Pakistan ont des relations amicales solides qui ont traversé toutes les difficultés depuis soixante ans, et la mort de Ben Laden ne changera rien à cela. La Chine est consciente des dangers de l'extrémisme et de la talibanisation qui se répand au Pakistan. Mais elle reconnaît à sa juste valeur la détermination du Pakistan à combattre les terroristes et les militants, et elle reconnaît les sacrifices faits par Islamabad dans la guerre contre le terrorisme.

L'amitié sino-pakistanaise reflète la politique chinoise de « bon voisinage ». C'est cette politique qui a permis de renforcer les liens de la Chine avec tous ses voisins, y compris les pays d'Asie du Sud.

En tant que pays qui fait lui-même face à des menaces terroristes, la Chine a travaillé et coopéré avec les Etats-Unis, qui mènent la guerre contre le terrorisme. Depuis 2001, Beijing et Washington coopèrent dans des activités anti-terroristes, quand bien même elles ont des points de vue quelque peu différents sur le concept même de « terrorisme » et de l'approche que la stratégie anti-terroriste devrait prendre.

Les Etats-Unis insistent davantage sur les opérations militaires et stratégiques, alors que la Chine préfère le développement économique, qui pour les Chinois est la seule façon d'éradiquer le terrorisme à la racine.

Mais de toute façon, tant la Chine que les Etats-Unis veulent un Pakistan stable et modéré.

Dans l'ère post-Ben Laden, la coopération sino-pakistanaise dans le combat contre le terrorisme va continuer. De son côté, il est probable que Washington va continuer à coopérer avec Islamabad, parce que le terrorisme n'est pas mort avec Ben Laden, et que les Etats-Unis ont toujours besoin du soutien logistique et militaire du Pakistan dans leur campagne contre Al Qaida et les Talibans.

Le Sénateur américain John Kerry était il y a quelques jours à Islamabad pour essayer de restaurer les relations américano-pakistanaises mises à mal. Et la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'y rendra bientôt pour rassurer le pays sur l'engagement américain.

Ainsi, au lieu de créer un gouffre dans les relations, la mort de Ben Laden a au contraire offert une chance au Pakistan, aux Etats-Unis et à la Chine de travailler ensemble pour combattre le terrorisme. Après tout, la mission de lutte des trois pays contre le terrorisme est encore loin d'être finie.

L'auteur est professeur associé à l'Ecole des Etudes Internationales de la Peking University.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Chine/Pakistan : réception pour marquer le 60e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques
Le vice-président chinois rencontre le président du Conseil européen
L'informatique en nuage en Chine
La gravité de la conduite en état d'ivresse ne s'évalue que par le sang
La mauvaise qualité des championnats chinois, un handicap pour l'industrie du sport
Comment traiter les traumatisms post-séisme
Le vol d'oeuvres d'art à la Cité Interdite doit déclencher une alarme