Les sévices infligés par des soldats américains à des prisonniers irakiens dans la prison d'Abou Ghraib ont été la conséquence d'une décision approuvée secrètement l'année dernière par le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, a rapporté samedi l'hebdomadaire "New Yorker".
La décision de M. Rumsfeld visait à "étendre les limites d'un programme hautement secret, destiné à l'origine à la chasse d'Al- Qaïda, aux interrogagoires de prisonniers en Irak", a révélé le New Yorker, citant des officiers du renseignement actifs ou à la retraite.
Ces officiers ont confié que ce programme "encourageait la coercition physique et les humiliations sexuelles de prisonniers irakiens, dans une tentative d'obtenir plus d'informations sur l'insurrection qui gagne du terrain en Irak".
Cette décision a été élaborée par Stephen Cambone, sous- secrétaire à la Défense pour le renseignement, puis approuvée par M. Rumsfeld et par le chef d'Etat-major Richard Myers.
"La solution entérinée par Rumsfeld et appliquée par Stephen Cambone prévoie des traitements plus durs à l'égard des Irakiens incarcérés et soupçonnés d'être impliqués dans l'insurrection", écrit l'hebdomadaire.
Après l'ouverture d'une enquête militaire sur Abou Ghraib en janvier dernier, il a été décidé de présenter une version officielle des faits ne faisant pas mention du programme secret, a ajouté le New Yorker.
(Xinhua)