Le ministre pakistanais des Chemins de fer, Cheikh Rashid Ahmed, a déclaré mercredi que le gouvernement pakistanais n'autoriserait jamais l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à avoir accès à son expert nucléaire, Abdul Qadeer Khan.
Il a fait ces remarques lors d'un programme de la chaîne de télévision locale Aaj TV pour réagir à l'ancienne Première ministre en exil, Benazir Bhutto, qui avait déclaré que le gouvernement du Parti du peuple pakistanais (PPP) avait l'intention de permettre à l'AIEA de contacter le docteur Khan.
Mme Bhutto a indiqué mardi, lors d'un rassemblement organisé à Washington, que le PPP voulait donner à l'AIEA l'accès au scientifique actuellement en résidence surveillée à Islamabad, la capitale pakistanaise.
"Ce sont nos affaires intérieures et le docteur est toujours un héros national", a lancé M. Cheikh Rashid, ajoutant qu'il paraît que certaines forces sont en train de travailler contre les intérêts du Pakistan et que la déclaration de Mme Bhutto ne vise qu'à plaire aux pays occidentaux.
M. Khan ne sera transféré à aucune organisation et personne ne peux disposer d'un accès direct au scientifique, a martelé M. Cheikh Rashid, ajoutant que cela concernait les intérêts et le prestige national et que le gouvernement pakistanais ne montrerait aucune flexibilité à cet égard.
M. Khan est très respecté au Pakistan où il est considéré comme le père de la bombe atomique pakistanaise. Il avait alarmé la communauté internationale en février 2004, en reconnaissant publiquement avoir participé à un réseau d'exportation illégale de technologies nucléaires au profit de l'Iran, de la République populaire démocratique de Corée et de la Libye.
Le président pakistanais, le général Pervez Musharraf, lui avait pardonné peu après, mais M. Khan, depuis sa confession télévisée, vivait en liberté surveillée dans sa maison des beaux quartiers d'Islamabad. Le Pakistan a toujours refusé qu'il soit interrogé directement par des experts de l'AIEA. Le président Musharraf dément toujours que les autorités pakistanaises aient participé au réseau d'exportation illégale.
Source: xinhua