Une audition destinée à fixer des règles claires au travail de pression et le rendre plus transparent s'est tenue lundi à Bruxelles, précisément au Parlement européen, cible privilégiée des groupes d'intérêts.
Dans un souci de transparence, la Commission européenne a proposé de créer un registre professionnel des lobbyistes. Cette audition préfigurera la position des parlementaires à ce sujet, alors qu'eux-mêmes sont très régulièrement courtisés par des lobbyistes de tout poil. 4570 représentants d'intérêts sont en effet accrédités auprès du Parlement européen, ce qui leur donne accès aux bâtiments et bureaux des députés.
Le lobbying est une activité controversée. Si certains y voient un élément constitutif de la démocratie, d'autres y voient au contraire un opaque instrument d'influence sur les décideurs politiques, qui tendrait à favoriser ceux qui ont les moyens de s'offrir des représentants à Bruxelles.
Il est difficile de savoir précisément combien de lobbyistes travaillent à Bruxelles : la profession n'est pas régulée en tant que telle et ses contours restent flous. On estime en général qu'entre 15.000 et 20.000 personnes peuvent être considérées comme lobbyistes européens.
Le travail de ces représentants de groupes d'intérêts consiste à influencer les décisions européennes dans un sens qui leur est favorable. Pour cela, beaucoup de moyens sont bons : réunions avec les députés européens et les fonctionnaires de la Commission européenne, suggestions d'actions aux décideurs, campagnes de sensibilisation, construction de coalitions d'intérêts.
Une activité très politique, souvent à la limite d'une hypothétique ligne rouge : on reproche à certains lobbyistes de divulguer de fausses informations sur les éventuelles incidences économiques, sociales ou environnementales de propositions législatives, ou de cacher quels intérêts ils représentent réellement.
Pour fixer des règles claires au travail de pression et le rendre plus transparent, les institutions européennes ont décidé d'agir.
Source: xinhua