Le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan a souligné jeudi qu'une incursion de l'armée turque dans le nord de l'Irak viserait les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) et leurs bases, et ne serait en aucun cas une invasion.
Babacan a fait ces remarques alors que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer lundi le président américain George W. Bush. Il a précisé qu'Ankara "déterminerait les actions de la Turquie".
Si la Turquie envoie des troupes en Irak, toute attaque transfrontalière viserait les bases du PKK et il ne s'agira pas d'une invasion, a-t-il affirmé.
Le haut officiel a ajouté que la frustration grandissait envers le gouvernement de la région semi-autonome kurde du nord de l'Irak, et il a accusé ce gouvernement d'immobilisme contre ces rebelles qui visent régulièrement des cibles turques.
La visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice en Turquie vendredi risque de ne pas répondre aux attentes d'Ankara concernant la répression des rebelles kurdes et d'être inutile, selon le quotien local en langue anglaise Today's Zaman de jeudi.
La visite de Rice a lieu dans un contexte d'anti-américanisme croissant en Turquie, où la population est fâchée de l'adoption le mois dernier par une commission du Congrès d'une résolution qualifiant de génocide la mort d'Arméniens entre 1915 et 1917.
La Turquie a massé 100 000 soldats le long de la frontière avec l'Irak en prévision d'une opération transfrontalière, approuvée récemment par le parlement, contre les rebelles du PKK.
Source: xinhua