Après avoir signé un panier d'accords, le Premier ministre indien Manmohan Singh a achevé sa visite de deux jours en Russie, une visite qui a émis de l'espoir pour consolider la coopération bilatérale traditionnelle, tout en suscitant une doute parmi les analystes sur leur perspective.
Au niveau du commerce, la Russie et l'Inde ont consenti à élever leurs échanges commerciaux à dix milliards de dollars d'ici 2010. "Nous pensons qu'il ne s'agit pas d'une limite et que le volume (réel) pourrait dépasser", a indiqué le Premier ministre russe Viktor Zoubkov à son homologue indien lors de leur entretien à Moscou.
Durant le premier semestre de l'année courante, le volume d'échanges commerciaux entre Moscou et New Dehli a déjà atteint 2, 1 milliards de dollars, soit une croissance de 38% par rapport à la même période de l'année 2006, où le chiffre annuel se fixait à 3,9 milliards de dollars.
Au niveau de la coopération militaire, le président Vladimir Poutine a révélé que Moscou "attache une attention spéciale à la coopération avec l'Inde dans les domaines nucléaires et technologiques".
Selon lui, les accords portant sur la création d'un avion-cargo polyvalent et le développement d'une nouvelle génération de chasseurs ont ouvert une nouvelle perspective pour la coopération industrielle et de la technologie militaire.
Au niveau des questions internationales, la Russie et l'Inde ont des positions "identiques" ou "proches", notamment en ce qui concerne l'Afghanistan, l'Irak, le Moyen-Orient et le dossier nucléaire de l'Iran, a commenté une source du Kremlin.
Lors du séjour de M. Singh à Moscou, les deux pays ont réaffirmé le rôle des Nations Unies et le respect des droits internationaux dans la résolution de questions internationales.
De plus, Moscou et New Dehli ont mis en valeur le format multilatéral pour leur coopération, tels que l'Organisation de coopération de Shanghai. "Nous voyons une belle perspective pour renforcer les relations dans le format tripartite (Russie, Inde et Chine), ainsi que dans le format quadripartite (Russie, Inde, Chine et Brésil)", a commenté le président Poutine.
Parmi les divergences, des analystes ont cité la diversification par l'Inde de son importation d'armements, ses liens étroits avec les Etats-Unis, et sa position vis-à-vis du déploiement du bouclier antimissile américain, qui pourraient jeter une ombre sur le développement de leur coopération traditionnelle.
Pour diversifier les importations d'armements, l'Inde a cherché, cers dernières années, à se rapprocher des Etats-Unis, d'Israël et de l'Afrique du Sud. Et pour concurrencer le Pakistan dans la sous- région de l'Asie du Sud, New Dehli a exprimé ouvertement son soutien au développement du bouclier antimissile américain, dont son extension vers la Pologne et la République tchèque a provoqué un fort mécontentement de la Russie.
Au cours de sa visite, M. Singh s'est abstenu de se prononcer sur les plans américains de déploiement d'un bouclier antimissile en Europe de l'Est. Aux yeux de certains observateurs russes, un tel silence pourrait approfondir l'inquiétude de Moscou vis-à-vis d'un rapprochement entre l'Inde et les Etats-Unis.
Source: xinhua