Hedi Annabi, chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haiti (MINUSTAH), a déclaré vendredi qu'il s'attendait à une contribution plus grande de la Chine aux opérations de maintien de la paix en Haiti.
Lors d'une interview exclusive accordée à l'agence Xinhua, il a indiqué qu'il était reconnaissant de la participation de la Chine aux opérations de maintien de la paix en Haiti.
"J'ai l'opportunité de connaître le professionalisme de la force de police chinoise et de voir un policier chinois devenir le directeur d'un important département de police de l'ONU en Haiti. Ils font tous un bon travail" a dit le diplomate tunisien.
"Maintenant que l'unité chinoise (de police) est en rotation, j'espère voir la police frontalière chinoise continuer d'aider le pays", a-t-il ajouté.
La Chine maintient une unité de 125 policiers à Port-au-Prince, la capitale de Haïti. L'actuelle unité, fondée par la Police frontalière de la province du Guangdong, partira le 13 décember. Une autre unité fondée par la Police frontalière du Yunnan prendra le relais.
D'après M. Annabi, la Chine est devenue un grand pays contributeur aux efforts de l'ONU pour le maintien de la paix dans le monde entier. "Le rôle de la Chine en Haiti est très important, j'espère qu'elle jouera un rôle plus large," a-t-il ajouté.
Pays insulaire situé dans l'ouest de la mer des Caraibes, Haiti s'est plongé dans le chaos en 2004 après l'effondrement du gouvernement de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.
Dès lors, une force onusienne forte de 7.800 membres assure la sécurité des 8,7 millions de Haïtiens. Le Conseil de sécurité de l'ONU a récemment prolongé la mission jusqu'en october 2008.
Depuis l'arrivée de la force onusienne, la situation de sécurité en Haiti s'est beaucoup améliorée, a estimé M. Annabi qui a pris le plus haut poste du système de l'ONU en Haiti en septembre.
Mais il considère toujours la situation comme étant fragile, parce que la police haïtienne formée par l'ONU n'est pas encore prête à s'occuper elle même de la sécurité de son propre pays.
"Vous ne pouvez pas former une force de police en deux ou trois ans ... Ce travail pourrait prendre 10, 20 ou même 30 ans," s'est- il expliqué.
"J'espère que lorsque nous quittons Haïti, le pays jouira de la stabilité et qu'il n'y aura plus d'opérations de maintien de la paix en Haiti. Une fois on s'en va, on ne revient plus", a-t-il affirmé.
L'envoyé de l'ONU a par ailleurs exprimé son attitude de "Zéro Tolérance" envers d'éventuels scandales sexuels liés à ses troupes en Haïti.
En novembre, 108 Casques bleus sri lankais et trois officiers ont été rapatriés sous accusation d'avoir eu des relations sexuelles avec des prostituées mineures.
"Nous ne nous permettrons pas que ce genre de choses affecte l'image d'un pays, ainsi que l'image de l'ONU", a-t-il martelé.
Source: xinhua