Le procureur général du Kenya Amos Wako a demandé jeudi une enquête indépendante sur le résultat du scrutin qui a reconduit le candidat Mwai Kibaki à la présidence.
Dans une déclaration diffusée à la télévision nationale, Wako a demandé qu'"un décompte valable des bulletins recevables reçus et validés soit immédiatement organisé".
"Les agences chargées de l'application de la loi et notamment la police useront de moyens pacifiques pour assurer le maintien de l'ordre et le respect de la loi", a dit Wako.
Cette déclaration du procureur général intervient alors que les dirigeants du Mouvement démocratique orange (ODM, opposition), ont annulé le rassemblement de contestation prévu jeudi dans la capitale Nairobi après que la police eut dispersé les partisans de l'ODM avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.
Williams Ruto, haut officiel de l'ODM, a souligné que les partisans de son parti sont des "gens pacifiques" qui ne veulent pas la violence. Ruto a appelé les sympathisants de l'ODM à se rendre au rassemblement prévu mardi prochain.
La violence s'est emparée du Kenya, cinquième puissance économique d'Afrique sub-saharienne, après la réélection du président Kibaki, qui a prêté serment pour un second mandat le 30 décembre.
Selon les chiffres officiels, au moins 177 personnes sont mortes et plusieurs dizaines de milliers d'autres ont dû quitter leur foyer depuis dimanche.
L'évêque sud-africain Desmond Tutu est en ce moment à Nairobi pour tenter de trouver une solution par la médiation entre les deux parties.
Mais un porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, a indiqué que le président Kibaki n'avait pas l'intention de rencontrer Monseigneur Tutu, prix Nobel de la paix.
Source: xinhua