D'énormes besoins humanitaires devront être satisfaits au Kenya "pendant plusieurs mois", a indiqué lundi le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d' urgence, John Holmes.
M. Holmes, qui a présenté lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un compte rendu de sa visite au Kenya du 8 au 11 février dernier, a mis en garde contre une nouvelle dégradation de la situation humanitaire si aucun accord politique n'est conclu, indique un communiqué de l'ONU.
M. Holmes a estimé à au moins une année, "même sur la base d'un règlement politique rapide et efficace des questions immédiates", la durée de cette période.
Il a ajouté que les Nations Unies renforceraient leur présence ainsi que leur travail avec la Croix-Rouge kényenne.
M. Holmes a également mis l'accent sur la nécessité pour l'ONU de réfléchir à une réorientation de ses programmes de développement pour le Kenya "afin de faire face aux problèmes sous- jacents qui sont apparus".
De même, a-t-il ajouté, si aucune solution rapide n'est trouvée à la crise politique, "le risque d'un nouveau déferlement de violence, de déplacements supplémentaires et d'une polarisation accrue de la société demeure très élevé".
"Les conséquences humanitaires d'une telle situation pourraient être plus importantes que ce que nous avons connu jusqu'à présent", a-t-il déclaré.
"La responsabilité des personnalités politiques de tous bords est donc très importante, tout comme la nécessité d'un soutien solide et continu de la communauté internationale, y compris du Conseil de sécurité, pour résoudre à la fois les problèmes politiques à court terme et les questions à long terme", a indiqué M. Holmes.
Il a également redit le soutien total des Nations Unies au processus de médiation entrepris par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
M. Holmes a indiqué que les violences ont fait environ un millier de morts, 300.000 déplacés "et peut-être davantage". Plus de 270.000 personnes issues de six des huit provinces du Kenya vivent dans près de 200 camps et des sites de la vallée du Rift, de Nyanza et des provinces occidentale, côtière et centrale, a-t- il expliqué, précisant qu'environ 500.000 autres personnes avaient un besoin urgent d'abris, d'eau, de nourriture et de soins médicaux. En outre, 12.000 réfugiés kényens en Ouganda sont pris en charge.
Le Coordonnateur des secours d'urgence a jugé que les besoins humanitaires de base dans les camps et les sites avaient été satisfaits. La Croix-Rouge kényenne, qui a dirigé la réponse humanitaire, avec les services gouvernementaux pertinents, a joué un rôle clef dans ce succès, a-t-il assuré, soulignant également la façon satisfaisante dont les institutions humanitaires des Nations Unies et les organisations non gouvernementales ont rapidement et efficacement fait face à la crise.
M. Holmes a classé les personnes déplacées dans trois catégories principales. La première, qui regroupe les trois quarts des personnes déplacées, est constituée de fermiers de la vallée du Rift, la deuxième de travailleurs migrants de l'ouest du Kenya et la troisième d'habitants des bidonvilles de Nairobi.
"Les personnes déplacées estiment qu'il faut assurer leur sécurité, leur sûreté, en particulier les femmes et les enfants", a déclaré le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, indiquant que certains subissaient les conséquences psychologiques de ce qu'ils avaient vécu, tels les meurtres, les viols ou les incendies.
Il convient de rétablir la confiance et d'assurer la sécurité de ces personnes avant même leur retour, a-t-il ajouté.
Pour cela, il est essentiel, à ses yeux, de respecter strictement les principes d'impartialité, du caractère volontaire du retour et la nécessité de consulter les personnes déplacées elles-mêmes sur leur avenir.
M. Holmes a enfin affirmé que le plan d'appel d'urgence serait révisé dans les semaines à venir. Celui-ci, d'un montant total de 42 millions de dollars, n'a en effet recueilli que 60% de contributions, a-t-il dit.
Source: xinhua