L'Arabie Saoudite et l'Egypte, deux géants du monde arabe, ont décidé de n'envoyer que des délégations de faible importance au 20ème sommet arabe à Damas, reflet des relations tendues qu'ils entretiennent avec la Syrie depui la crise politique au Liban.
Le sommet arabe est un événement important rassemblant les chefs d'Etat des pays arabes. Si un haut dirigeant ne peut y participer, c'est son ministre des Affaires étrangères qui y va à sa place.
Mercredi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a annoncé au Caire qu'il ne se rendrait pas au sommet de Damas, accusé de bloquer l'élection présidentielle libanaise. C' est le ministre des Affaires judiciaires et législatives Moufed Mahmoud Shehab qui s'y rendra à sa place.
Dimanche, le représentant permanent saoudien à la Ligue Arabe ( LA), Ahmad Qattan, a déclaré qu'il mènerait la délégation de son pays au sommet, écartant la présence du roi saoudien Abdullah ou du ministre des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal.
A Beyrouth, le cabinet libanais a également déclaré mardi qu'il boycotterait le sommet, appelant les Arabes à résoudre la crise politique au Liban.
Malgré les délégations de faible importance envoyées par les pays rabes, la Syrie est convaincue qu'elle organisera un sommet réussi.
Lors de sa rencontre mardi avec le chef de la LA, Amr Moussa, sur le programme du sommet, le président syrien, Bachar al-Assad, a souligné la volonté de la Syrie d'améliorer la solidarité arabe et l'importance des mécanismes propres pour la mise en place des résolutions du sommet arabe.
M. Moussa a déclaré aux journalistes que M. Assad présidera les réunions du prochain sommet arabe à partir du "moment où il entre le hall".
Damas est accusé d'avoir commandité le meurtre de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et les meurtres suivants d' hommes politiques anti-syriens au Liban, accusations niées par la Syrie.
Le Liban doit actuellement faire face à sa plus grave crise politique depuis la fin de sa guerre civile (1975-1990), le siège de la présidence du pays étant vacant depuis novembre dernier, date de la fin du mandat de l'ancien président Emile Lahoud.
L'Arabie Saoudite et l'Egypte soutiennent la majorité menée par Saad Hariri au parlement libanais, alors que Damas et son allié, Téhéran, appuient l'opposition menée par le mouvement chiite Hezbollah.
Source: xinhua