Le gouvernement transitoire somalien et la coalition de l'opposition dominée par les islamistes ont signé un accord de cessation des hostilités ayant pour objectif de mettre fin à 17 ans de conflits, a annoncé mardi le Bureau politique de l'ONU pour la Somalie (UNPOS) dans un communiqué.
Cet accord a été signé lundi par le gouvernement de transition et l'Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS) à Djibouti en présence notamment du le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah.
Cet accord appelle les Nations Unies à déployer une force de stabilisation internationale dans la Corne de l'Afrique, en proie depuis des années à des violences.
Depuis dix jours, les parties inter-somaliennes étaient en cours de pourparlers à Djibouti sous les auspices des Nations Unies.
"Les parties ont appelé la communauté internationale à fournir l'approvisionnement en ressources suffisant pour l'application et la poursuite de cet accord", indique le communiqué.
"Les parties considérent comme une priorité la convocation d'une conférence internationale d'ici six mois pour la reconstruction et le développement en Somalie".
La Somalie est dépourvue de gouvernement central efficace depuis 1991 et les combats mortels de ces derniers mois, en particulier aux alentours de la capitale, Mogadiscio, ont fait se déplacer des centaines de milliers de civils.
En conformité avec le pacte, le gouvernement et l'opposition ont convenu d'arrêter "tous les actes de confrontation militaire" d'ici 30 jours. Et la durée initiale du cessez le feu est de 90 jours, et peut être renouvelée.
Les Nations Unies sont enjoints à autoriser et à déployer "une force de stabilisation internationale en provenance des pays amis de la Somalie, excluant les pays voisins" d'ici 120 jours.
"Dans un délai de120 jours suivants la signature de cet accord, le gouvernement de transition somalien agira en conformité avec la décision qui a été prise par le gouvernement éthiopien de retirer ses troupes de Somalie après le déploiement d'un nombre suffisant de forces de l'ONU", note le communiqué.
Les deux parties sont sommées de prendre les mesures nécessaires pour assurer l'accès et l'assistance humanitaires aux populations affectées et de s'abstenir de toute déclaration ou action incompatible avec l'accord, affirme le communiqué.
"Les parties travailleront avec d'autres responsables somaliens concernés pour assurer une application totale et effective de cet accord".
Un comité de haut-niveau, présidé par l'ONU, sera créé à la fin de ce mois pour résoudre tous les problèmes importants concernant la coopération politique et relatifs à la justice et à la reconciliation, quand un autre comité conjoint chargé de la sécurité sera également établi pour surveiller l'application de l'accord de cessez-le-feu.
L'accord entre le gouvernement et l'Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (opposition) a été signé après des heures de reportages selon lesquels les entretiens avaient échoués à cause du problème des troupes éthiopiennes.
"L'accord constitue une étape magnifique vers la paix", a déclaré Ahmed Abdisalam, ministre somalien de l'Information et chef du groupe gouvernemental de négociation.
"Les Somaliens et la communauté internationale doivent travailler maintenant à en faire une réalité", a ajouté le ministre de l'Information.
La Somalie est dans un état d'anarchie depuis 1991.
Au moins 28 personnes ont été tuées la semaine dernière lors de conflits entre les insurgés islamistes et les troupes du gouvernement.
Environ 2.600 soldats de maintien de la paix de l'Union africaine ont été envoyés à Mogadiscio pour assurer la sécurité, mais ils n'ont pas bien contrôlé la violence, qui a suscité la pire crise humanitaire en Afrique, selon des ONG.
Les pourparlers à Djibouti constituent la dernière tentative pour négocier un arrêt de l'anarchie en Somalie. Et on estime que le conflit a fait plus d'un million de refugiés.
Source: xinhua