La France assume à partir du 1er juillet, au second semestre de 2008, la présidence de l'Union européenne, quelques semaines après le rejet irlandais du traité de Lisbonne.
Le président français Nicolas Sarkozy a prévu une visite en Irlande à la mi-juillet, dans le cadre des efforts visant à sortir de la crise la construction européenne. A l'issue du dernier Conseil européen à Bruxelles, les dirigeants des 27 membres de l'UE ont convenu d'attendre avant de prendre une décision suite au "non" irlandais. Il n'y a pas de date-butoir pour la ratification du traité de Lisbonne par les Irlandais, alors que la procédure de ratification doit continuer.
La crise suscitée par le "non" irlandais est plutôt une mauvaise surprise pour Paris, qui prépare depuis la présidence française de l'UE, dont l'abréviation PFUE est devenue presqu'un mot courant dans l'administration française. Le Premier ministre François Fillon a demandé la mobilisation de toute l'administration pour assurer la réussite de la PFUE, qui serait d'ailleurs la dernière pour Paris si le traité de Lisbonne était ratifié, car le traité prévoit dèsormais une présidence permanente pour l'UE.
MM. Sarkozy et Fillon, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et le secrétaire d'Etat pour les affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, ont parcouru les 26 autres pays membres de l'UE.
Le président Sarkozy avait fixé les quatre grandes priorités de la PFUE: développement durable et énergie, pacte européen sur l'immigration et l'asile, relance de l'Europe de la défense, bilan de santé et avenir de la politique agricole (Pac).
Pour faire face à l'euroscepticisme, déjà réflété par le "non" français en 2005 au tratité constitutionnel, et renforcé aujourd'hui par le "non" irlandais au traité de Lisbonne, le gouvernement français s'est fixé un thème de "réconcilier l'Europe avec les citoyens français".
Les priorités de la PFUE veulent également mettre l'accent sur des projets "proches" des citoyens. Paris s'est engagé à faire parvenir les 27 à un accord sur la lutte contre les changements climatiques avant la fin 2008, et à introduire des "mécanismes d'ajustement" (taxe carbone par exemple) pour protéger le potentiel de concurrence des entreprises industrielles européennes.
Quant à l'énergie, la France doit proposer par exemple un " renouveau des relations énergétiques" entre l'UE et les pays fournisseurs d'énergie, à côté des efforts en faveur des économies d'énergie et des invesitssements en infrastructures énergétiques, et des mécanismes européens de réponse à des crises d'approvisionnement.
Un "Pacte européen sur l'immigration et l'asile" devrait être signé sous présidence française, aboutissant à une harmonisation des législations des pays de l'UE en la matière, sur la base d'un consensus sur l'amélioration des contrôles aux frontières de l'Union, l'organisation d'une immigration légale en fonction des capacités d'accueil de chaque pays membre, l'éloignement des étrangers en situation irrégulière, la mise en place d'un régime commun de l'asile, la promotion du co-développement entre l'UE et des pays d'origine des immigrés. Une conférence internationale sur le lien entre migrations et développement se tiendra en octobre prochain à Paris.
Durant la PFUE, Paris doit conclure le processus de son retour à l'OTAN, avec néanmoins des "progrès sur la politilque de défense européenne". Le gouvernement vise trois objectifs précis: accélérer les efforts de standardisation et d'interopérabilité des équipements militaires, renforcer le marché intérieur en matière d'équipement et disposer d'une capacité européenne de déploiement et de planification plus importante. Paris souhaite également établir une "nouvelle stratégie européenne de sécurité", avec une vision commune des menaces sur l'Europe et des moyens d'y répondre.
A partir de 2009, une réorientation de la politlique agricole commune doit être amorcée, sur la base d'un "bilan de santé" et des débats durant la PFUE. Le gouvernement français a promis de défendre une série de principes pour la future PAC, par exemple de nouveaux mécanismes de gestion des marchés permettant aux agriculteurs de mieux vivre du prix de leur produits, une conciliation de l'efficacité économique et l'excenlence environnementale avec une politique de recherche et d'innovation.
Sur le plan international, un sommet prévu le 13 juillet à Paris lancera le projet d'Union pour la Méditerranée, une initiative française amendeé par Berlin, en vue de renforcer la coopéoration entre l'UE et les pays du Maghreb et du Proche-Orient.
Source: xinhua