Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré mardi qu'il n'était plus favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
Il s'est exprimé ainsi sur RTL en expliquant qu'il a été "très choqué" par les pressions turques contre le choix du Premier ministre danois comme secrétaire général de l'Otan, lors du sommet de l'Alliance.
La Turquie a accusé Anders Fogh Rasmussen d'avoir défendu la publication danoise de caricatures controversées du prophète Mahomet qui avaient provoqué le tollé général du monde musulman en 2005.
Selon M. Kouchner, ce rappel de l'affaire des caricatures de 2005 "me semblait le moins qu'on puisse dire, maladroit".
"L'évolution de la Turquie dans le sens d'une religion plus renforcée, d'une laïcité moins affirmée, m'inquiète", a ajouté M. Kouchner.
Concernant le soutien américain à l'entrée d'Ankara dans l'UE, le chef de la diplomatie française a fait remarquer que "ce n'est pas aux Américains de décider qui entre en Europe ou pas. Nous sommes patrons chez nous!".
Le président amércain Barack Obama a affirmé dimanche lors d'un sommet UE/Etats-Unis à Prague que l'adhésion de la Turquie à l'UE garantirait que l'Occident continue à ancrer la Turquie en Europe.
Les négociations d'adhésion de la Turquie, commencées en 2005, étaient toujours dans l'impasse devant l'opposition ferme de Paris et de Berlin, malgré l'appui à cette adhésion de Londres et du président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso.
Source: xinhua