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Français>>InternationalMise à jour 27.10.2009 07h47
Les exilés des Chagos en appellent à la Cour européenne des Droits de l'Homme

Les anciens habitants des Chagos, d'où ils ont été expulsés dans les années 60 pour faire place à une base militaire américaine ont soumis à travers le Groupe Réfugiés Chagos (GRC) et ses hommes de loi une proposition pour une compensation à la Cour européenne des Droits de l'Homme, rapporte la presse mauricienne lundi.

Par ailleurs, une délégation de 18 Chagossiens se rend dans l' archipel mardi dans le cadre de la Fête des Morts en vue d'honorer la mémoire de leurs ancêtres qui y sont enterrés.

Olivier Bancoult, leader du GRC souligne que la Cour européenne des Droits de l'Homme a demandé au gouvernement britannique de soumettre sa défense ou de trouver un accord à l' amiable, écrit le journal «le mauricien».

« Les Britanniques ont opté pour la première requête. Nos hommes de loi ont pris connaissance des documents des parties adverses avant de préparer la riposte. » D'ici début 2010, pense-t- il, cette affaire sera entendue. La compensation proposée, dit-il, est basée sur la souffrance subie et les dommages moraux causés aux natifs de l'archipel des Chagos entre 1965 et 1972.

Quelque 2 000 Chagossiens avaient dû quitter durant cette période leur archipel situé au nord de l'île Maurice et dont elle a été soustraite au terme d'un marchandage douteux lié à l' indépendance de l'ancienne colonie britannique. Cet exil forcé faisait suite à un accord secret américano-britannique pour transformer la plus grande des îles Chagos, Diego Garcia (27 km2), en une base militaire américaine.

Dans un jugement rendu en mai 2007, la Cour d'appel de Londres avait qualifié les moyens employés pour empêcher le retour des Chagossiens d'«illégaux» et d'«abus de pouvoir». Elle avait dans ce même jugement confirmé la décision prise en mai 2006 par la Haute cour de Londres quant à leur retour sur toutes les îles de l' archipel, hormis Diego Garcia elle-même, suivant les recommandations des avocats des Chagossiens.

Toutefois, le gouvernement britannique devait s'opposer à ce verdict et porter l'affaire devant les Law Lords, la plus haute instance juridique en Grande-Bretagne. Dans leur jugement en date du 22 octobre 2008, ces derniers devaient, par 3 voix contre 2, renverser le jugement et interdire le retour des Chagossiens dans leur terre natale. Selon les analystes, ce sont les considérations de défense et autres données stratégiques en faveur des pays de l' Ouest, dont la Grande-Bretagne et les États-Unis, qui ont pesé dans le jugement des Lords.

Les Chagossiens ne se sont pas découragés pour autant et ont décidé de porter l'affaire devant la Cour européenne des Droits de l'Homme.

De son côté le gouvernement mauricien continue d'affirmer sa souveraineté sur l'archipel et des discussions à cet effet ont débuté en janvier de cette année entre Port-Louis et Londres, a affirmé le Premier ministre Navin Ramgoolam au parlement.

De leur côté, les Chagossiens ont tout de même obtenu une dérogation pour rendre hommage à leurs ancêtres décédés et enterrés sur l'archipel. Ainsi, le leader du GRC a confirmé le départ d'une délégation de 18 Chagossiens sur l'archipel à l' occasion de la Toussaint et la Fête des Morts. Les 18 Chagossiens rallieront Singapour le 27 octobre avant de prendre place à bord d' un avion militaire le lendemain à destination de Diego-Garcia. Ensuite, huit d'entre eux se rendront sur Peros-Banos et Solomon.

Source: xinhua

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