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Français>>InternationalMise à jour 27.06.2010 14h36
Guinée-présidentielle: un scrutin historique aux enjeux multiples (AVANT-PAPIER)

Par Augustin Kouassi Konan / Li Xiang

Les Guinéens sont appelés à élire dimanche leur président de la République dans un scrutin "historique" aux enjeux multiples.

"Il y a la Guinée d'avant le 27 juin (dimanche) et celle d'après qui fera notre honneur et notre bonheur à tous", avait déclaré le chef de l'Etat par intérim, le général Sékouba Konaté, au lendemain de la publication de la liste des candidats à l'élection présidentielle.

Pour lui, avec cette "première élection véritablement pluraliste et démocratique" de l'histoire de la Guinée, le pays ne sera "plus jamais confronté au règne de l'arbitraire, de l'injustice et de l'impunité".

"Le droit aura raison de la force, la démocratie de la dictature, la liberté de la tyrannie, le progrès de l'immobilisme", avait assuré le général Sékouba Konaté.

De fait, pour bon nombre d'observateurs, le scrutin de dimanche va "mettre fin à des régimes militaires et autocratiques" et intégrer la culture électorale dans la mentalité des Guinéens.

Au-delà de cet enjeu, les Guinéens attendent dimanche "l'élection d'un président qui saura transcender les clivages ethniques et cimenter l'unité nationale".

"Il nous faut un vrai leader, un leader issu des urnes, un leader fédérateur de toutes les ethnies qui forment notre pays", insiste un analyste guinéen qui dénonce "l'enfermement ethnique" des précédents dirigeants.

Pour lui, "l'homme qui sortira vainqueur des urnes doit être avant tout le président de tous les Guinéens quelle que soit leur ethnie".

Dans cette optique, l'élection de dimanche s'annonce comme la plus ouverte de l'histoire du pays avec des candidats qui partent avec une égalité de chance, sans le soutien d'un quelconque parti au pouvoir.

La Cour suprême a validé 24 dossiers de candidature sur 36 reçus. Conformément à la "déclaration de Ouagadougou" signée en janvier, aucun militaire, aucun membre du gouvernement actuel ne se présente à l'élection présidentielle.

Une seule femme, Kaba Saran Daraba, ancienne ministre sous le régime du défunt général-président Lansana Conté, fait partie des candidats dont cinq font figurent de favoris en raison de leur popularité, de la capacité de mobilisation de leur parti et des moyens matériels et financiers utilisés pendant la campagne électorale.

Parmi ces postulants qui se dégagent du lot, quatre anciens Premiers ministres, Cellou Dalein Diallo, François Lonsény Fall, Lansana Kouyaté et Sidya Touré, sont aux prises avec l'opposant Alpha Condé, trois fois candidat malheureux à l'élection présidentielle.

En l'absence de sondage, les faveurs des pronostics vont à l'opposant Alpha Condé et à l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, avec une plus forte chance pour Alpha Condé, symbole du changement pour n'avoir participé à aucun gouvernement des précédents régimes, estiment certains analystes.

Dans le cas où aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour opposera les deux candidats arrivés en tête, à une date qui sera fixée après la proclamation des résultats du premier tour.

Les candidats vont se disputer les faveurs de 4,2 millions d'électeurs, dont 900 000 pour la capitale Conakry, selon les chiffres du fichier électoral publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Les électeurs devront se rendre dans 8.427 bureaux de vote disséminés dans 38 sous-préfectures pour accomplir leur devoir citoyen.

Mais les opérations de distribution des cartes d'électeurs ont pris du retard et près de 500.000 électeurs devront se rendre aux urnes avec leur récépissé d'inscription, signe des difficultés dans l'organisation du scrutin.

Des difficultés qui, couplées aux affrontements entre partisans de deux candidats à quatre jours du scrutin, font craindre des risques de contestation des résultats du premier tour.

"Nous pensons que les partis politiques feront preuve de responsabilité, et qu'ils appelleront leurs militants à ne pas user de la violence pour régler leurs préoccupations et que les partis ne laisseront pas les militants eux-mêmes régler leurs propres mécontentements", souhaite le président de la section guinéenne de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), Mamadi Kaba.

Ce défi sécuritaire explique la création par le gouvernement de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (FOSSEPEL), forte de 16 000 éléments, qui met en retrait l'armée.

Début juin, le général Sékouba Konaté avait mis en garde les militaires et autres "fauteurs de troubles" contre toute prise de position dans le processus électoral, leur demandant de suivre son exemple et de rester neutres pour la réussite du processus électoral.

Pour une évaluation impartiale, neutre et objective du scrutin de dimanche, au total 70 observateurs de l'Union européenne et une cinquantaine de l'Union africaine sont déployés sur l'ensemble du territoire guinéen.

La Guinée s'avance vers la fin de la transition ouverte au lendemain du décès en décembre 2008 du général Lansana Conté avec la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara, à la tête d'un Conseil national pour le développement et la démocratie (CNDD).

Opéré à la tête au Maroc à la suite d'une tentative d'assassinat par balles de son aide de camp, après la publication du rapport de l'ONU épinglant l'armée dans les massacres de civils le 28 septembre 2009, le capitaine Dadis Camara est transféré à Ouagadougou où il se trouve "en convalescence" depuis le 12 janvier.

Sur pression de la communauté internationale, le chef de la junte militaire, affaibli, est écarté du pouvoir.

Son intérim est assuré par le général Sékouba Konaté qui met en place un gouvernement d'union nationale dirigé par un Premier ministre civil, conformément à l'accord conclu à Ouagadougou qui prévoit l'organisation de l'élection présidentielle et le retour des civils au pouvoir.

Source: xinhua

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