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Français>>InternationalMise à jour 22.02.2011 09h00
Premier veto d'Obama aux Nations Unies, une décision à contre-coeur ? (ANALYSE)

Face aux protestations massives survenues ces derniers jours au Moyen-Orient, les Etats-Unis n'ont pu éviter de mettre leur veto au projet de résolution arabe condamnant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Il s'agit du tout premier veto utilisé par l'administration Obama au Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce projet de résolution, "condamnant la poursuite des activités de colonisation par Israël dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, et la poursuite de toutes les autres mesures visant à modifier la composition démographique et le statut des territoires palestiniens, en violation des droits de l'Homme internationaux et des résolutions afférentes", a été en gestation pendant deux mois, avant que ne surviennent les manifestations anti-gouvernementales au Moyen-Orient.

Les dirigeants de certains pays entraînés dans ce vaste mouvement de contestation avaient bénéficié du soutien de Washington. Aujourd'hui, le veto américain est aux yeux de beaucoup un geste qui vise à protéger Israël.

C'est l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, Susan Rice, qui a opposé vendredi le veto américain au projet de résolution arabe.

"Les Etats-Unis sont profondément engagés à poursuivre leurs efforts en faveur d'une paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens", a déclaré Mme Rice après le vote au Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, plutôt que de compliquer les choses, "nous nous sommes efforcés de prendre des mesures pour faire avancer l'objectif de deux Etats vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité", a dit la diplomate américaine. "Cela comprend l'engagement à oeuvrer de bonne foi avec toutes les parties concernées pour marquer notre opposition à la poursuite de la colonisation".

"Notre opposition à la résolution d'aujourd'hui devant le Conseil ne doit donc pas être mal interprétée comme étant un soutien aux activités de colonisation. Au contraire, nous rejetons le plus énergiquement la poursuite des activités de colonisation israélienne", a affirmé l'envoyée de Washington à l'ONU.

Selon un décompte non officiel, c'est la 83e fois que les Etats-Unis mettent leur veto afin de protéger leur allié israélien. Mais il s'agit du tout premier veto utilisé par le gouvernement du président Barack Obama.

Le projet de résolution, préparé par les pays arabes, a été introduit par le Liban, élu membre du Conseil de sécurité pour deux ans, le 19 décembre 2010, soit quelques mois après l'expiration d'un moratoire israélien sur les nouvelles constructions de colonies.

"Le message que le Conseil aurait dû adresser à Israël, la force d'occupation, est que son mépris à l'égard du droit international et de la communauté internationale ne serait désormais plus toléré", a souligné l'observateur permanent de la Palestine aux Nations unies, Riyad Monsour, qui n'a pas caché sa déception.

"Nous avons peur que le message d'aujourd'hui ne serve qu'à encourager l'intransigeance et l'impunité d'Israël", a-t-il déploré.

Toufefois, M. Monsour a dit à des journalistes en marge du Conseil que selon lui il y a un "consensus général" sur le projet de résolution et sur le fait que "la colonisation est illégale".

"Je pense que 191 pays soutiennent le projet de résolution", a-t-il fait remarquer. L'ONU compte en effet 192 pays membres.

Selon des responsables palestiniens, le président Obama avait passé 50 minutes dans la nuit de jeudi à vendredi au téléphone avec eux sur ce projet de résolution et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton aurait par la suite eu une autre conversation téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas vendredi.

Bien que la Maison Blanche ait exprimé à plusieurs reprises son opposition à la construction de colonies, Washington a jusqu'ici refusé de faire peser sur la colonisation le poids du droit international en mentionnant son caractère "illégal" dans une résolution du Conseil de sécurité.

Cependant, il se peut que le président du Conseil de sécurité -- c'est l'ambassadeur du Brésil Maria Luiza Ribeiro Viotti qui assume ce mois la présidence -- lise un communiqué relatif au projet de résolution et que le Quartette sur le Moyen-Orient, qui regroupe l'Union européenne, la Russie, les Nations unies et les Etats-Unis, publie un communiqué dénonçant la colonisation israélienne.

Les Palestiniens ont aussi laissé entendre que le président Obama avait proposé l'envoi d'une délégation du Conseil de sécurité dans les territoires palestiniens occupés pour une mission d'enquête chargée d'établir les faits.

Il semble que la Maison Blanche ait essayé par tous les moyens d'éviter d'avoir à mettre un veto au projet de résolution condamnant la colonisation israélienne.

"Ces derniers jours, nous nous sommes engagés dans une voie constructive et alternative dont nous pensions qu'elle permettrait au Conseil d'agir unanimement pour soutenir les efforts de paix", a dit Mme Rice au Conseil, qui a regretté l'échec de cette initiative.

"Bien que nous soyons d'accord avec nos partenaires membres du Conseil - et en réalité avec le monde entier - sur le caractère déraisonnable et illégitime de la poursuite des activités de colonisation par Israël, nous ne pensons pas qu'il soit judicieux que le Conseil essaie de résoudre les problèmes fondamentaux qui divisent Israéliens et Palestiniens", a-t-elle estimé.

Pour l'heure, il reste à savoir comment va réagir le monde arabe. Fera-t-il passer au second plan l'échec du projet de résolution palestinien, dans le contexte actuel où prédominent les préoccupations liées aux mouvements de protestation populaire dans la région?

Source: xinhua

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