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Français>>InternationalMise à jour 22.04.2011 09h07
Libye : Paris change de cap face au "printemps arabe" (PAPIER GENERAL)

Des conseillers militaires français vont être dépêchés en Libye pour aider la rébellion qui lutte contre l'armée de Mouammar Kadahfi, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement français François Baroin.

La France mettra à la disposition du Conseil national de transition (CNT, rebelles) de Libye un "tout petit nombre d'officiers de liaison afin d'organiser la protection de la population civile", a indiqué M. Baroin.

L'annonce d'envoi d'officiers sur le sol libyen a été faite, en l'espace de vingt-quatre heures, par la Grande-Bretagne, la France et l'Italie.

Un mois après le début des frappes militaire sur la Libye, le président français Nicolas Sarkozy a reçu mercredi à l' Elysée, Moustapha Abdeljalil, dirigeant du Conseil national de transition libyen (CNT), alors qu'en Libye, il y a un risque d' enlisement des combats qui opposent les insurgés, appuyés les frappes aériennes de la coalition de l'Otan, et les forces fidèles à Mouammar Kadhafi.

M. Sarkozy a promis au dirigeant des rebelles libyens l'aide de la France contre le colonel Kadhafi, mais dans la limite du cadre fixé par l'ONU.

IMPLICATION ACTIVE DE LA FRANCE EN LIBYE

La France a été l' un des premiers pays à défendre l' idée d' une intervention étrangère en Libye en insistant, aux côtés du Royaume-Uni, pour que la résolution 1973 soit votée par l' ONU. Elle a en outre organisé le 19 mars le sommet de Paris, à l'issue duquel plusieurs pays ont annoncé leur participation à la coalition devant intervenir en Libye.

La France a été le premier pays à reconnaître le CNT comme "interlocuteur légitime".

Au premier jour des frappes, la classe politique et l'opinion françaises ont salué assez majoritairement la décision de Nicolas Sarkozy de défendre le choix d'une intervention étrangère contre le "massacre" amorcé en Libye suite à la contre-offensive des forces loyales au colonel Kadhafi.

La France a déployé en Libye des avions de chasse Rafale, le porte-avions Charles de Gaulle ainsi que des frégates. En plus de sa participation aux frappes, dont le commandement est assuré par l' Otan depuis le 31 mars, la France a participé à des opérations humanitaires en envoyant par avion du matériel humanitaire et du personnel médical.

"Ni ingérence, ni indifférence", c' était le mot d' ordre diffusé par Nicolas Sarkozy, à la fin du mois de janvier, au cours de sa conférence de presse, sur ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte.

Dans une conférence de presse, le 11 mars à Bruxelles à l' issue d' un Conseil européen, il avait laissé percer ses intentions en jonglant avec les adjectifs: une résolution de l' ONU était "nécessaire" puis simplement "souhaitable" pour redevenir "nécessaire".

Nicolas Sarkozy est plus sensible à son "image". Comme le dit le spécialiste de l' Afrique Antoine Glaser dans l' International Herald Tribune, le président de la République saisit "les occasions politiques, diplomatiques et géostratégiques de l' instant".

Samedi 16 avril, le Quai d'Orsay a organisé un colloque sur "le printemps arabe", dans ce lieu symbolique qu'est l'Institut du Monde Arabe à Paris.

L'initiative de ce colloque est due au ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a admis que la France n'avait pas su anticiper sur les révolutions arabes. Dans son discours de clôture, Alain Juppé a confirmé l'idée qu'il fallait accepter que les mouvements islamistes participent au jeu politique, à condition qu'elles refusent la violence et qu'elles respectent le verdict des urnes.

Apparemment, après des hésitations sur la Tunisie et l'Egypte, Paris a décidé de changer de cap et de vitesse face au "printemps arabe" de l'autre côté de la Méditerrannée.

RISQUE D'ENLISEMENT

Le 6 avril, trois semaines après le début des frappes, la France admettait par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qu'un risque d'enlisement existait en Libye.

Devant la demande des rebelles libyens pour une intervention terrestre, un mois après le début des frappes aériennes de la coalition, la France a réaffirmé son opposition à l'envoi de troupes terrestres en Libye pour le guidage des frappes aériennes de l'Otan contre les troupes pro-Kadhafi.

"Je reste pour ma part tout à fait hostile à un déploiement de forces sur le terrain (...) Il appartient au Conseil national de transition et ses troupes de faire ce travail. Ils peuvent jouer ce rôle sans qu'il soit nécessaire de déployer des forces au sol", avait déclaré mardi Alain Juppé.

En déplacement à Kiev (Ukraine), le Premier ministre François Fillon a déclaré mardi que la France allait intensifier ses frappes aériennes contre les forces du colonel Kadhafi, tout en appelant à une "trouver une solution politique".

"En même temps il faudra une solution politique, c'est-à-dire les conditions d'une dialogue pour que la crise libyenne se résolve", a-t-il affirmé.

Bertrand Badie, directeur du parcours doctorat Relations internationale à Sciences Po. à Paris, s'est déclaré "frappé" de la vitesse avec laquelle la finalité de l'opération qui était une "zone d'exclusion aérienne pour empêcher Kadhafi de massacrer sa population" s'est transformée en "départ de Kadhafi".

"Afficher le départ de Kadhafi comme objectif cela implique deux choses : d'abord s'en donner les moyens et je ne suis pas sûr que des raids aériens suffisent à faire partir le dictateur. Et si on échoue, on risque d'être ridiculisés, humiliés", a-t-il averti.

Et puis, "que vaudrait un nouveau régime libyen même démocratique qui serait installé par l'étranger?", a demandé M. Badie, "est-ce que vous connaissez un seul cas dans l'histoire où une démocratie a été installée par une expédition militaire étrangère?"





Source: xinhua

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