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Français>>InternationalMise à jour 24.08.2011 08h48
Retour d'Europe d'un Français de Chine... Vous avez dit Vieux Continent ?

Je vis à Beijing depuis presque quatre ans déjà, et sauf un saut de quelques jours il y a deux ans, je n'étais pour ainsi dire jamais retourné en France ou en Europe depuis. Il est vrai que la Chine bouillonne, se développe à vitesse grand V et regorge d'endroits fabuleux à visiter ; ce n'est pas pour rien qu'il ne se passe pas de jour sans qu'on parle d'elle un peu partout dans le monde, que ce soit sur le plan économique ou culturel, et qu'elle fascine, quand bien même il serait faux de dire que tout y est parfait. Les problèmes y sont aussi nombreux, personne ne le nie ici, n'empêche : la Chine attire, et cela peut se comprendre. Est-ce à dire que la vieille Europe n'a pas ou plus de pouvoir d'attraction ? Certes non, et le nombre de touristes qui s'y rendent en masse chaque année le montre, notamment les Chinois, de plus en plus nombreux, et en particulier dans mon pays natal. Il faut dire que la France a de quoi attirer les plus exigeants des touristes, avec ses paysages parmi les plus beaux et les plus variés d'Europe, ses sites innombrables, ses musées dont la richesse fait pâlir d'envie la plupart de leurs homologues étrangers, et sa cuisine dont l'excellence et la renommée sont reconnues partout dans le monde. Un peu comme la Chine, me direz-vous, et vous n'aurez pas tort, et en ce sens la France et la Chine ne sont pas sans partager de nombreux points communs.

Donc, cette année, retour au bercail, si je puis m'exprimer ainsi et au passage visite d'une partie de l'Europe, celle de l'Est, longtemps séparée du reste du Continent et mystérieuse, et qui depuis une vingtaine d'année met les bouchées doubles pour rattraper son retard. Tout cela s'annonçait donc passionnant, et cela d'autant plus que j'avais choisi à dessein de voyager en groupe avec des touristes chinois. On allait voir ce qu'on allait voir...

Je ne dirai pas grand chose sur la France, si ce n'est que mon pays natal m'a d'une certaine manière effrayé. Oui, la France est toujours aussi belle, ses paysages sont toujours éblouissants, les touristes y sont toujours plus nombreux et les Parisiennes sont toujours aussi élégantes. Certes. Mais voir que rien ou presque n'a bougé depuis que je l'ai quitté, comme si le temps s'était arrêté, que les Français sont de plus en plus moroses et semblent avoir perdu une grande partie de leur espoir en l'avenir, dans un pays qui pourtant auparavant a toujours su surmonter les crises, rebondir, repartir et parfois étonner le monde, a de quoi inquiéter. De cela mes compagnons de voyage n'ont hélas rien perçu, ne percevant que de l'aspect brillant de ce pays, mais qui ne me semble hélas plus qu'une surface, un vernis de plus en plus mince qui se craquelle doucement.

Personnellement, ce voyage a été –partiellement- une découverte pour moi, moins cependant que pour les voyageurs chinois qui m'accompagnaient. Je n'ai pas appris grand chose que je ne savais pas au sujet de ces anciens pays mystérieux qui sont entrés dans la grande famille de l'Union Européenne, et tout comme les autres membres du groupe, les merveilles architecturales de ces pays m'ont enchanté, bien que l'accueil, trop souvent froid, distant et peu professionnel, et parfois dans certains cas à la limite de la malhonnêteté, m'a déplu. Toutes choses que je n'ai pas retrouvé en Allemagne et en Autriche, pays que je connais bien, et qui restent des exemples sur le plan accueil, propreté et service. Et ce n'est pas le fait que je sois honorablement germanophone qui l'explique... mais tout cela est anecdotique.

Ce que je retiens, et que j'ai essayé de faire partager à mes compagnons de voyage chinois qui hélas n'en avaient pas conscience –mais peut-on le leur reprocher, l'Europe n'est pas très grande, elle est divisée en une multitude de pays, de peuples et de langues différentes- c'est que cette mosaïque de pays, qui se sont entretués pendant des siècles, parfois pour quelques arpents de terre seulement, et qui il y a à peine plus de vingt ans étaient même encore ennemis potentiels, font tous aujourd'hui partie de la même grande famille, et vont même parfois jusqu'à partager la même monnaie. Les guerres et les rancoeurs d'hier ont quasiment disparu, et on ne voit même plus les frontières quand on passe d'un pays à l'autre, on ne s'arrête pas, il n'y a pour ainsi dire plus de douanes ni de douaniers. Si la Chine, depuis trente ans, a fait un énorme chemin sur le plan économique et social, beaucoup plus que la vieille Europe, et en cela c'est une véritable révolution, l'Europe a elle connu une autre sorte de révolution aussi, plus politique, mais aussi économique, même si elle traverse actuellement une grave crise. Le fait est là cependant : tous ces peuples ont eu l'intelligence de dépasser leurs clivages et de s'unir autant que possible, pour être plus forts bien sûr, mais aussi pour éviter le retour d'un passé trop souvent fait de sang, de fer et de feu.

C'est ce message là que j'ai essayé de faire passer à mes compagnons de voyage chinois, quand notre guide, sur la fin du voyage, nous a invités chacun à prendre la parole. Que l'Asie de l'Est prenne un jour le même chemin que l'Europe, que les peuples oublient leurs différences, tirent un trait sur un passé douloureux (mais sans l'oublier) et se tendent la main pour s'unir, partager et aller ensemble de l'avant. C'est pour cela que j'ai dit dans mon titre « Vous avez dit Vieille Europe ? ». Oui, l'Europe est souvent surnommée le Vieux Continent, du fait entre autres de sa longue et riche histoire. C'est vrai, elle décline un peu, sa population vieillit, elle est moins puissante qu'elle ne l'a été. Mais le chemin qu'elle a parcouru ces dernières décennies vers l'union et la paix peut tout de même servir d'exemple au monde entier. Et en particulier à l'Asie de l'Est, dont l'importance ne cesse de grandir dans le monde, et qui serait plus puissante et plus influente encore si les pays qui la composent daignaient se pencher sur cette belle idée. Souhaitons que cela se concrétise un jour, pour le bien de ce continent et celui du monde plus largement.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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Il faut maintenir le principe de transparence et d'ouverture pour promouvoir les réformes
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