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Français>>InternationalMise à jour 17.10.2011 15h30
Les Etats-Unis doivent faire preuve de clairvoyance et de lucidité quant au but réel de leur « retour en Asie »

Le dernier numéro de la revue « Foreign Policy », qui vient de paraître, a publié un article de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Cet article qui porte le titre de « La politique américaine concernant le Pacifique » indique clairement et explicitement que les Etats-Unis ont décidé de déplacer dorénavant vers l'Asie leurs objectifs d'importance stratégique.

Il est déclaré dans l'article : « Dans le futur, la politique internationale dépendra surtout de l'Asie et non pas de l'Afghanistan ou bien de l'Irak. Pour ce qui est des Etats-Unis, il est important qu'ils soient toujours au centre des opérations …… c'est pourquoi l'une des plus importantes tâches de la diplomatie américaine dans les dix années à venir c'est d'accroître et d'augmenter considérablement les investissement, que ce soit sur le plan diplomatique, sur le plan économique, sur le plan stratégique ou bien sur autres, en les fixant sur les régions de l'Asie et du Pacifique. »

On ne trouve pas tellement de nouvelles idées dans cet article de Hillary Clinton. Il y a deux ans lors d'une conférence internationale tenue en Thaïlande, elle s'est écriée : « Les Etats-Unis sont de retour ! » et a expliqué que son pays tient compte de plus en plus de l'importance des régions de l'Asie Pacifique et tout particulièrement de l'investissement dans les affaires militaires. Le « retour » des Etats-Unis influence profondément les problèmes de l'Asie et surtout en ce qui concerne la politique, l'économie et la sécurité des pays intéressés de la région.

« Nous sommes de retour ! » est une phrase célèbre lancée par Douglas MacArthur. Lors de la guerre du Pacifique, ce général américain qui fut tout d'abord battu par les Japonais réussi par la suite à réaliser un retour triomphal sur le territoire philippin et il lança cette phrase célèbre pour marquer la victoire de la contre-attaque américaine. Plus de soixante années se sont écoulées, l'Asie d'aujourd'hui s'est complètement transformée et la situation est absolument et radicalement différente. Les Etats-Unis n'ont pas été vaincus et n'ont subi aucune perte. Au contraire, ils ont obtenu de gros profits et intérêts grâce au développement rapide et sensible de l'Asie au cours des deux et trois décennies passées. De toute évidence, les pays asiatiques ont également beaucoup gagné dans leur coopération avec leur partenaire américain.

En réalité, les Américains n'ont jamais quitté l'Asie et leur présence dans la région est sûre et certaine, c'est pourquoi on ne comprend vraiment pas la signification de ce « retour ». Ces dernières années, en constatant le rapide développement de l'économie des pays asiatiques ainsi que l'établissement petit à petit d'une nouvelle structure de coopération, les Etats-Unis commencent à s'inquiéter d'être mis de côté et de ne plus pouvoir jouer ainsi un rôle dominant dans les affaires de la région. C'est pourquoi leur « retour » dans la région revêt pour eux deux sens primordiaux : tout d'abord c'est pour pouvoir obtenir encore plus de profits et d'intérêts dans le développement dans la région et en même temps c'est de renforcer et de consolider la position hégémoniste américaine dans toute l'Asie. Sur ce point-là, la Secrétaire d'Etat américaine ne mâche pas ses mots et déclare franchement et sans équivoque : les Etats-Unis désirent continuer à participer aux affaires de la région en y jouant un rôle dirigeant et déterminant.

Le « retour américain » doit faire face au moins à deux défis.

Primo, tout d'abord et le plus important c'est que les Etats-Unis doivent apprendre à se comporter de façon correcte avec la Chine qui est de fait l'un des plus grand pays de la région. Le « retour américain en Asie » renforce et réactive l'idée erronée et mal fondée selon laquelle la Chine et les Etats-Unis sont en conflit d'intérêts dans la région. Nombreux sont les savants et les spécialistes occidentaux qui pensent que le droit dominant et prépondérant américain dans les affaires régionales asiatiques, que réitèrent et réaffirment les Etats-Unis, vise à faire comprendre à la Chine la résolution et la détermination de la seule superpuissance mondiale, car l'émergence de celle-ci constitue le seul poids susceptible de contrebalancer l'hégémonisme américain et le seul défi auquel il doit faire face. D'un autre côté, certains pays de l'Asie souhaitent profiter de l'aide des Etats-Unis et surtout de leur force armée pour établir un soi-disant équilibre stratégique avec la Chine. Dans le cas où Washington développe cette idée et la fixe comme base stratégique du « retour américain en Asie », les relations sino-américaines rencontreront alors de grandes difficultés et devront faire face au jeu à somme nulle, ce qui sera une menace réelle et un vrai danger pour les deux parties concernées. Pour ce qui est de la partie américaine, non seulement elle n'en tirera plus aucune profit du développement asiatique, de plus, il lui sera difficile de jouer un rôle positif dans le problème de la sécurité régionale.

Secundo, pour pouvoir jouer un rôle dirigeant, positif et déterminant, il ne suffit pas de nourrir de nobles ambitions et d'être animé d'une forte volonté. Pour ce qui est des Etats-Unis, leur position en Asie et le rôle qu'ils y jouent dépendent en fin d » compte de leur investissement réel, lequel ne peut être qu'une force constructive susceptible de promouvoir et de pousser en avant le développement économique de la région ainsi que la coopération dans tous les domaines. Si au contraire, ils pensent renforcer leur présence militaire pour démontrer leur valeur personnelle irremplaçable, ils s'engagent alors dans l'ancienne voie qui n'a aucune issue et qui ne mène à rien. Pour certains spécialistes asiatiques, ils commencent à se préoccuper et à se faire du souci : une fois que les Etats-Unis s'aperçoivent de leur incapacité de jouer un rôle dominant et déterminant dans les affaires de la région, penseront-ils alors à réclamer et à exiger encore plus de « frais de protection » ? Et peut-être même à utiliser des moyens infâmes et ignobles pour semer la discorde et pour provoquer des incident et des conflits.

Quant à l'Asie, le développement constitue à l'heure actuelle la tendance générale et l'aspiration de tous ses peuples. Les pays de la région se rapprochent de plus en plus, au lieu de s'éloigner, dans le processus de leur développement économique. La scène est grande et large dans la région et elle permet à tous ceux qui le veulent de faire valoir leur capacité pour se développer. Pour ce qui est des Etats-Unis, il ne leur manque pas d'espace d'opération et d'activité pour leur « retour » dans la région. Le plus important, le plus urgent et le plus pressant pour eux c'est de mettre en avant un état d'esprit grand et large et de faire preuve de lucidité, de perspicacité et de clairvoyance afin d'avoir une idée claire et nette du but réel de leur « retour » en Asie et surtout de ce qu'ils doivent faire et accomplir pour atteindre et réaliser ce but !

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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