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Français>>InternationalMise à jour 02.11.2011 14h57
La route qui est devant nous est encore cahotique

Le G20 a encore un long chemin à faire avant de pouvoir jouer son rôle d'encouragement de la croissance économique et de la paix dans le monde.

La sixième rencontre des chefs de gouvernement du G20, qui aura lieu le 3 novembre à Cannes, dans le Sud de la France, est dès à présent le centre de l'attention de la communauté internationale.

En tant que pays hôte, la France a plusieurs priorités pour le sommet, dont la situation économique mondiale, le cadre nécessaire à une croissance mondiale forte, durable et équilibrée, la réforme du système monétaire international, le combat contre la volatilité des prix des produits de consomamtion courante, l'amélioration de la gouvernance mondiale et les problèmes liés au développement.

Dans un contexte de reprise économique mondiale faible, ces sujets sont d'une grande signification. Mais si les dirigeants du monde qui participeront au sommet arrivent à persister dans l'esprit coopératif « tous dans le même bateau » montré par les dirigeants européens lors de leur accord récent visant à répondre à la crise de la dette européenne et cherchent un terrain d'entente commun, alors le sommet sera un succès.

Inutile de dire que ce que la communauté internationale attend, ce n'est pas un simple communiqué commun à la fin du sommet, mais des actions collectives concrètes. Cependant, de nombreux observateurs n'attendent pas grand chose de ce sommet.

Cela est essentiellement dû au fait que faute d'un mécanisme bien établi, le G20 ne peut que limiter ses fonctions à des discussions entre les dirigeants, avec pour résultat des documents sans force contraignante en termes d'application et de responsabilité. Et bien que les chefs du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale aient été invités à la réunion, les deux agences ne sont en aucune manière tenues d'exécuter les propositions et exigences mises en avant par le G20.

La légitimité du G20 est également mise en doute par beaucoup, car l'écrasante majorité des pays du monde sont exclus de ce groupe.

De même, bien que les déclarations conjointes précédentes publiées par les dirigeants du G20 avait promis de s'opposer au protectionnisme commercial, il s'est au contraire intensifié, les pays en développement étant les cibles principales.

Et certains pays développés rendent aussi les choses délibérément compliquées pour les pays émergents en transformant les taux de change et les excédents commerciaux en problèmes.

Dans le même temps, la réforme du système monétaire international s'est transformée en mots vides de sens, peu de progrès substantiels ayant été faits, quand elle ne semble pas remise à plus tard.

Pour que le G20 puisse jouer un rôle moteur sur la scène mondiale, il devrait s'institutionnaliser dès que possible. La coopération entre les pays nécessite en général des formes non-institutionnalisées et institutionnalisées. Par non-institutionnalisation, on entend une coopération entre les Etats membres sans organisation formelle, sans but ni charte définis, lors de rencontres au sommet qui se tiennent sur une base régulière ou irrégulière, et des déclarations ou communiqués conjoints publiés après après les rencontres.

La force de ce genre de coopération réside dans le fait que les Etats membres ne sont soumis qu'à des contraintes limitées ou faibles, et les coûts en sont bas. Mais le problème est que ces sommets ne sont guère plus que des « bavardages ». Par conséquent, le G20 devrait établir un secrétariat fixe, et rendre ses documents légaux contraignants pour les pays membres.

Pour qu'une organisation internationale puisse agir avec succès, elle a besoin de trois éléments : efficacité, efficience, légitimité. Aussi le G20 devrait-il essayer de renforcer sa légitimité en renforçant sa représentation.

Les membres actuels du G20 représentent 90% du PIB total du monde, mais tout le monde n'est pas d'accord avec sa représentation. Rien d'étonnant en ce cas que certains analystes suggèrent que les autres pays créent un G172. Bien sûr, une augmentation du nombre des membres du G20 pourrait porter atteinte à son efficacité, pourtant une augmentation de sa représentation est toujours nécessaire.

Le G20 doit aussi s'opposer fermement au protectionnisme commercial, en particulier au moment om la reprise économique est encore faible. Hélas, tout en proclamant constamment une opposition au protectionnisme commercial, pour certains pays, ce ne sont en fait que des mots. Les pays en développement sont sans aucun doute des victimes du protectionnisme commercial. Par conséquent, le G20 devrait utiliser son influence pour assurer que le Doha Development Round atteigne ses objectifs.

Alors que le G20 fait face à un certain nombre de sujets délicats, le plus important d'entre eux est d'arriver à comprendre les causes profondes des déséquilibres économiques mondiaux et les moyens de les traiter.

Quelques pays développés, au mépris du statut de monopole du Dollar US et des problèmes structurels de l'économie américaine, ont pointé du doigt les taux de change et les excédents commerciaux de certains pays émergents. Ce genre de diagnostic erroné conduira inévitablement à une mauvaise « prescription ». Ce qui fait que par conséquent, d'une certaine manière, le G20 est devenu une plateforme, non de consultation et de coopération, mais plutôt une sorte de terrain où certains pays cherchent des poux dans la tête à d'autres.

La réforme du système monétaire international a aussi besoin d'être accélérée. Les membres du G20 ont trouvé un consensus sur la nécessité et l'importance de promouvoir la réforme du système monétaire international. Cependant, à cause du solide statut de monopole du Dollar US, la réforme du système monétaire international est restée au stade des mots et n'est pas passée à l'action.

Ce serait une bonne chose si le G20, sur la base du respect des critères relatifs du FMI, ajustait le « panier » de devises de ses Droits de Tirage Spéciaux (DTS).

On dit souvent qu'un voyage de mille kilomètres commence par un pas. Les tâches qui incombent au G20 sont énormes et la route qui est devant lui est longue, mais elle ne mènera nulle part si personne ne fait le premier pas.

L'auteur, Jiang Shixue, est Directeur adjoint de l'Institut des Etudes Européennes de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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