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Français>>InternationalMise à jour 04.11.2011 15h31
La zone euro doit faire face à la crise de la dette en se livrant à l'introspection

Lorsque le feu se déclare dans un immeuble, les premiers locataires qui constatent le danger et qui se sauvent doivent en même temps avertir leurs voisins afin que ceux-ci puissent également échapper à une mort certaine, puis ensemble ils doivent montrer de la résolution et réunir leurs efforts pour combattre l'incendie et pour essayer de sauver leurs biens, ce n'est qu'ainsi qu'ils pourraient surmonter en commun les difficultés et diminuer le plus possible les désastres causés par le feu. Dans tout cela, le plus important c'est que tout le monde fasse preuve d'abnégation, de désintéressement, de générosité et surtout d'oubli de soi-même. Pour la zone euro, elle se trouve actuellement devant une situation semblable et il est important qu'elle soit consciente de ses responsabilités pour faire front efficacement à la sérieuse menace qui se dresse devant elle. A cet effet, elle est portée à l'introspection afin de montrer que tous ses pays membres sont animés d'un désir politique commun, sont pourvus d'un même plan d'action et sont décidés à agir et à travailler de concert.

Primo, il est fort possible que la crise de la dette européenne figure parmi les principaux problèmes à débattre lors du Sommet du groupe des vingt plus grandes économies mondiales (G20). Toutefois, ce dernier ne doit pas devenir un forum multilatéral ayant pour principale tâche d'apporter une solution à la crise de la dette en Europe. Car le G20 ne ressemble aucunement au G7 (le groupe des sept pays les plus industrialisés du monde), du fait que sa large représentativité l'oblige à être pourvue d'une vision étendue sur le monde entier et à tenir compte du développement mondial et non pas à concentrer ses efforts sur l'Europe en l'aidant à résoudre le problème de la crise de la dette.

Secundo, pour ce qui est de l'Union européenne (UE), il est important pour elle d'apporter une plus importante contribution constructive au G20, car au début de la création de celui-ci, nombreux sont les hommes politiques européens qui ont utilisé des mots ironiques et satiriques en parlant de la représentativité dudit groupe. Puis, lors du Sommet du G20 qui a eu lieu au moment de l'éclatement de la crise des sub-primes, l'UE n'a pas réagi de façon positive quant aux mesures proposées par les Etats-Unis en vue de faire face à la crise. Maintenant, c'est au tour de celle-ci de réexaminer sa position internationale et de se repositionner dans le monde.

Tertio, l'UE doit montrer qu'elle est décidée à agir effectivement pour résoudre la crise qui frappe l'Europe entière et doit donner pour cela des preuves convaincantes. Mais jusqu'à présent, il n'est apparu aucune mesure cadre susceptible d'apporter une solution effective à la crise de la dette européenne. Pour ce qui est de l'accord qui vient d'être conclu, la proposition de réduire la dette souveraine de la Grèce est acceptée par les banques concernées, mais quelle serait la réaction de la masse populaire grecque qui soit l'admet soit la refuse, personne n'est sûre de la réponse. Pour pouvoir augmenter le capital du Fonds européen de stabilité financière (FESF) en la faisant passer de 440 milliards d'euros à 1.000 milliards d'euros, le problème réside dans les moyens à utiliser pour réunir les 560 milliards d'euros qui manquent. Même s'il se produirait un miracle qui permettrait la concrétisation effective de la mesure cadre mentionnée ci-dessus, celle-ci ne constituera qu'un analgésique permettant d'atténuer un peu la sensibilité à la douleur, mais ne pourrait aucunement apporter une solution effective de la crise. Ce qui est plus inquiétant et plus ennuyeux, c'est qu'au sein de l'UE entre les pays membres et les pays non membres de la zone euro, entre les principaux pays membres de la zone euro et les pays membres de l'Europe latine, il existe un manque flagrant de désir commun et d'action commune.

Quarto, le G20 constitue un mécanisme multilatéral qui, personnellement, n'est aucunement doté de moyens de collecter et de réunir des fonds. Et c'est la raison pour laquelle le plan d'action proposée par la communauté internationale en vue d'apporter aide et secours à la zone euro doit auparavant être approuvé par tous les principaux pays du monde, dont les Etats-Unis, le Japon et les cinq pays du BRIC (le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud), lesquels doivent parvenir à un consensus et agir de concert, et ce n'est surtout pas l'affaire de la Chine seule qui fait partie du G20 mais qui est incapable de jouer seule le rôle de pilier.

Quinto, il est nécessaire que la zone euro révise et rectifie quelque peu son attitude et sa position envers l'Asie, et surtout à l'égard de la Chine. Depuis de longues années, les pays de l'Asie tentent par tout moyen de se rapprocher de l'Europe, mais le résultat est infime et minime. Quant à la Chine, bien qu'elle fait preuve modération, de réserve, de circonspection et de flexibilité dans la coopération régionale et internationale, mais les relations bilatérale entre la Chine et l'Europe sont vives et animées sur le plan économique et commercial, mais froides et inanimées sur le plan politique, car les Européens tout en désirant se rapprocher des Chinois veulent en même temps garder les distances. Pour le moment, il n'y a entre la zone euro et la Chine aucune coopération cadre réelle et effective au sujet du problème de financement de la dette européenne, alors que pour les hommes politiques de l'UE qui réfléchissent sur ce problème-là, certains disent : « En tant que pays qui disposent d'une réserve en devises représentant 60% de celle du monde entier, la Chine si elle désire investir en Europe, nous n'avons aucune raison de s'y opposer. », tandis que d'autres déclarent : « En tant qu'une des plus grandes entités économiques du monde dont la balance commerciale est positive et excédentaire, le financement de la Chine en zone euro est dans son intérêt personnel comme dans l'intérêt de l'Europe. ». En partant de ces deux façons de parler, on n'a aucune idée sur la situation réelle de notre monde actuelle, à savoir si c'est la Chine ou bien si c'est la zone euro qui rencontre des difficultés et qui a besoin de l'aide. Au contraire, ce sont des expressions émises visant à contester et à mettre en doute la balance favorable du commerce chinois ainsi que la croissance des réserves en devises de la Chine.

Sexto, vu que le G20 dispose d'une large représentativité et qu'elle couvre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), c'est pourquoi l'aide et le secours apportés à la zone euro doivent être une assistance internationale réalisée sur la base d'un consensus international. Pour ce qui est de la Chine, elle ne se dérobe pas à ses obligations, mais en même temps il n'y a aucune raison qu'on la couvre de paroles flatteuses et la porte au pinacle afin qu'elle se charge de redresser toute seule la situation. Ce serait alors absolument injuste, abusif et inéquitable, car à l'heure actuelle, le PIB et le commerce de la Chine représentent seulement près de dix pour cent de ceux du monde, tandis que sa part au sein du FMI est seulement un peu supérieur à 6% et au sein de la Banque mondiale un peu moins que 5%. C'est pourquoi dans ce contexte-là, s'il serait nécessaire pour le mécanisme européen de stabilité financière de collecter et de réunir, par le biais du FMI, la moitié des 560 milliards d'euros voulus, il est tout à fait incorrect, injuste et inconcevable de penser que la Chine accepterait d'investir inconditionnellement plusieurs centaines de milliards d'euros sans discuter et sans concerter avec les Etats-Unis, le Japon ainsi qu'avec les autres pays du BRIC.

Devant la situation actuelle où la crise de la dette souveraine en Europe s'aggrave et empire de jour en jour, il est effectivement nécessaire pour la vieille Europe de lui faire front courageusement en se livrant à l'introspection et en réfléchissant sérieusement sur les erreurs commises dans le passé.

(Auteur de l'article : Zhong Wei, professeur au Centre des études financières de l'Ecole normale supérieure de Beijing)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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