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Français>>InternationalMise à jour 10.11.2011 14h59
Qui peut sauver l'Europe ?

A la différence des belles fleurs, qui chaque année sont les mêmes, les sujets discutés lors du G20 changent tout le temps. Lors du sommet de cette année à Cannes, en France, les dirigeants du G20 devaient discuter d'un sujet dont on n'avait jamais parlé avant : comment gérer la crise de la dette en cours en Europe.

La crise de la dette européenne, qui a éclaté d'abord en Grèce en octobre 2009, n'a cessé de prendre de l'ampleur ces deux dernières années, et elle menace à présent de faire éclater la Zone Euro et de détruire l'idéal de l'intégration européenne. Comme Jean-Claude Trichet, qui était encore tout récemment Président de la Banque Centrale Européenne, l'a dit « C'est sans le moindre doute un évènement historique de la première importance, la pire crise financière depuis la Seconde Guerre Mondiale. Elle aurait pu déboucher sur une nouvelle Grande Dépression, si des décisions adéquates n'avaient pas été prises au moment opportun ».

Ce qui fait que la question qui revient sur toutes lèvres est celle-ci : qui peut sauver l'Europe ?

Le Sommet du G20 à Cannes portait en lui le grand espoir que des solutions réelles pourraient être formuler par les cerveaux brillants des responsables des économies les plus importantes du monde. Le Président français Nicolas Sarkozy a dit aux journalistes qu'il était vital que la Zone Euro envoie au monde un message de crédibilité. A la déception de trop de gens hélas, le Sommet n'a exprimé que son souhait que la crise soit résolue dès que possible. Comme le communiqué du Sommet le dit : « Nous nous félicitons des décisions prises par les dirigeants européens le 26 octobre 2011 pour restaurer la durabilité de la dette en Grèce, renforcer les banques européennes, construire des pare-feu pour éviter la contagion, et poser les fondations pour une réforme solide de la gouvernance économique dans la zone Euro et nous appelons à leur application rapide ».

En tant que plus grande économie de l'Union Européenne, l'Allemagne s'est vue demander une plus grande contribution à la solution de la crise. Cependant, du fait de facteurs politiques intérieurs, la Chancelière allemande Angela Merkel n'a pu satisfaire les attentes manifestées par les gens du monde entier. Certains commentateurs pensent que l'incapacité de Mme Merkel à jouer un rôle plus central pour sortir l'Europe de la crise a quelque chose à voir avec sa personnalité. Certains laissent entendre qu'en physicienne chevronnée qu'elle est, elle a tendance à attendre d'abord les suggestions des autres.

Et arrive la Chine. Personne n'aurait cru qu'un pays, qui il y a à peine trente ans avait une si grande population de gens pauvres, se voie demander aujourd'hui par des gens du monde entier de sauver l'Europe.

Cette attente semble logique : la Chine est devenue la deuxième plus grande économie du monde, avec des réserves en devises de 3 200 milliards de Dollars US. D'après The Economist, la Chine, en tant que « triple trillionnaire », a la puissance suffisante pour acheter toute la production de pétrole brut prévue pour cette année, à 3 410 milliards de Dollars US, ou encore toutes les exploitations agricoles des Etats-Unis, à 1 870 milliards de Dollars US. Elle pourrait aussi acheter le montant total des dettes souveraines du Portugal, de l'Irlande, de la Grèce et de l'Espagne réunies. Ou encore Apple, Microsoft, IBM et Google pour 916 milliards de Dollars US. Plus encore, la Chine pourrait acheter l'équipement militaire des Etats-Unis pour 414 milliards de Dollars US, voire l'immobiler de Manhattan pour 287 milliards de Dollars US ou celui de Washington pour 232 milliards de Dollars US. Et finalement, The Economist a rapporté que la Chine pourrait acheter, si elle le voulait, les 50 équipes sportives les plus chères du monde, pour 50 milliards de Dollars US.

Il est aussi intéressant de noter qu'en Chine même, de nombreuses personnes, en particulier les internautes, débattent du fait de savoir si la Chine devrait sauver l'Europe ou non. Certains disent qu'il est temps maintenant que la Chine montre sa puissance économique, car elle n'a besoin que d'une partie de ses énormes réserves en devises pour empêcher l'Europe de sombrer davantage dans la crise de la dette. Mais d'autres soutiennent que la Chine ne devrait pas être considérée comme un papa-gâteau, parce qu'elle est toujours un pays en développement et qu'elle devrait d'abord s'occuper de ses propres citoyens. D'autres encore disent que la Chine ne devrait tout simplement pas donner d'argent à l'Europe, du fait du refus obstiné de l'Europe d'accorder le statut d'économie de marché à ce pays émergent. Qui plus est, l'Europe maintient toujours son embargo sur les armes et se permet même d'intervenir dans les affaires intérieures de la Chine, comme les problèmes de Taiwan et du Tibet.

Au fait, la signification de « sauver » ou « 救 » [jiu, quatrième ton] en chinois peut être définie dans le cas présent de deux manières : soit sortir l'Europe de la crise de la dette avec tout l'argent provenant de la Chine, soit lui tendre une main secourable en achetant des obligations, en faisant davantage d'investissements directs et en important plus de produits.

Inutile de dire que la première acception de « sauver » ne saurait s'appliquer. Comme de nombreuses personnes l'ont souligné sur Internet, vouloir transférer le fardeau du sauvetage de l'Europe elle-même sur des acteurs extérieurs n'est pas réaliste. En revanche, la deuxième acception du mot « sauver » semble une façon de faire plus appropriée pour la Chine. La Chine et l'UE ont établi un Partenariat Stratégique Complet. Ce qui veut dire que lorsqu'un des partenaires connait des difficultés économiques, il est de la responsabilité de l'autre de l'aider. Un ami dans le besoin reste de toute façon un ami.

Subjectivement, la Chine peut soulager les souffrances de l'Europe ; objectivement, acheter des obligations européennes ou faire davantage d'investissements directs en Europe bénéficie de toute façon à la stratégie de diversification des réserves en devises de la Chine.

Quand on a dit cela, il faut aussi comprendre que, en se fondant sur la façon dont l'Amérique Latine et l'Asie de l'Est ont géré avec leurs dettes passées et leurs crises financières, bien qu'une aide extérieure soit essentielle, la clé d'une solution rapide et réussie à toute catastrophe économique se trouve entre les mains de ces pays eux-mêmes.

L'auteur, Jiang Shixue, est journaliste sur China.org.cn.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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