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Français>>InternationalMise à jour 18.11.2011 15h42
La coopération est-asiatique après le « retour » des Etats-Unis

Le sixième Sommet de l'Asie orientale aura lieu tout prochainement à Bali, en Indonésie, et la participation des deux nouveaux pays membres, à savoir les Etats-Unis et la Russie, attire l'attention de tous. La présence annoncée avec éclat du Président américain au sommet marque de façon retentissante le « retour » des Etats-Unis dans la coopération est asiatique. Ce qui intéresse et qui préoccupe le plus toutes les parties concernées c'est le but des Américains, le rôle qu'ils joueront et surtout la contribution qu'ils apporteront à la coopération. Il est de toute évidence que nombreux sont les pays qui éprouvent certaines inquiétudes à cet égard.

Primo, on s'inquiète de ce que ce « retour » est susceptible d'apporter des changements au modèle actuel et existant de coopération, car la coopération est asiatique a pris forme depuis de longues années et elle est dominée par l'ASEAN (Association des Nations de l'Asie du Sud Est) avec comme principaux canaux le dix plus un et le dix plus trois, alors que le Sommet de l'Asie orientale est devenu un modèle et une structure de coopération d'un forum stratégique. Quant aux Etats-Unis, bien que leur participation à la coopération soit récente, toutefois, vu qu'ils sont de fait la seule superpuissance du monde, il est absolument certain qu'ils ne désirent pas « être mélangés » aux autres acteurs de la coopération. Après leur adhésion à celle-ci, il se peut qu'ils se croient chez eux, sortent de la passivité pour prendre l'initiative et passent du rôle de l'invité à celui de l'hôte et on se pose la question à savoir s'ils défieront la « modèle est asiatique » pour promouvoir et réaliser le « modèle américain » ?

Secundo, on s'inquiète de ce que ce « retour » amène des discussions sensibles sur la sécurité politique, car les Etats-Unis ont clamé à haute voix leur désir de promouvoir principalement, au Sommet de l'Asie orientale, la coopération pour la sécurité politique. Toutefois, pour ce qui est des pays de l'Asie de l'Est, ils revêtent des caractères diversifiés et chacun a ses particularités historiques, nationales et territoriales, alors que leurs litiges maritimes sont embrouillés, complexes et inextricables. D'autres part, la plupart d'entre eux sont des pays en voie de développement qui se préoccupent principalement du développement économique et de l'amélioration de la vie de leur peuple. C'est pourquoi pour le Sommet de l'Asie orientale, ce n'est pas le moment de se consacrer au règlement des problèmes de la sécurité politique, et surtout aux litiges concrets et aux contestations concrètes qui non seulement pourraient empêcher le développement de la coopération dans la région et ne lui serait aucunement utile, mais pourraient au contraire ouvrir la « boîte de Pandore » et aviver et accentuer les contradictions dans la régions qui gagneront en intensité.

Tertio, on s'inquiète de ce que ce « retour » provoque l'hostilité et l'affrontement entre la Chine et les Etats-Unis. Nombreux sont les spécialistes et les experts en la matière qui pensent qu'en dehors de la raison économique, le « retour américain » en Asie orientale a pour principal but de faire face à l'émergence de la Chine et empêcher que celle-ci devienne de plus en plus forte et se mette à la tête des autres pays de la région. C'est à cet effet que les Américains songent à laisser de côté l'actuel cadre de coopération régionale et déploient tous leurs efforts en vue de promouvoir le « Trans-Pacific Partnership (TPP) ». Mais, cela ne leur satisfait pas et sous le prétexte de protéger et de sauvegarder la libre navigation dans les eaux internationales, ils ont soulevé à plusieurs reprises le problème de la mer de Chine méridionale dans des enceintes multilatérales et leur intention qui y est cachée derrière mérite une réflexion profonde. Dans la situation actuelle, il est important pour la partie chinoise et pour la partie américaine d'établir des relations de partenariat, de coopération et de respect mutuel qui leur assureront des avantages réciproques tout en créant une situation de double gagnant, ce qui permettra d'éviter de mettre dans l'embarras les autres pays de la région qui seront obligés de « choisir » entre les deux. Il est de toute évidence que les relations sino-américaines concernent directement le développement ultérieur de la coopération est asiatique.

Le « retour » des Etats-Unis en Asie Pacifique n'est aucunement quelque chose de nouvelle ou bien une nouveauté, car en réalité, ils n'ont jamais quitté cette région. Ces dernières années, du fait que les Américains se sont enlisés et embourbés dans les deux guerres de l'Irak et de l'Afghanistan et qu'ils accordent de l'importance, en Asie de l'Est, à l'alliance militaire bilatérale tout en adoptant une attitude de négligence « bienveillante » à l'égard de la coopération est asiatique, ils se sont éloignés quelque peu de la réalité de la région. Tout d'un coup, ils s'aperçoivent de l'erreur commise et surtout avec l'importance et l'influence grandissantes de cette coopération, ils constatent qu'ils ne peuvent plus se tenir à l'écart et ne doivent plus se désintéresser des affaires de la région. Par conséquent, ils ont choisi ce moment-là pour réaliser leur « retour » en Asie orientale. Un autre des principales raisons du « retour américain » c'est de renforcer et d'intensifier les relations économiques avec la région, afin de pouvoir disputer les marchés de cette dernière et de donner une impulsion à l'économie américaine actuellement en dépression.

La coopération est asiatique a connu un développement de plus de deux décennies et les faits démontrent que le modèle de coopération dominé par l'ASEAN, géré par le principe d'unanimité par voie de consultation et tenant en compte les besoins et les intérêts de toutes les parties concernées répond entièrement à la réalité et aux particularités de toute la région et s'avère complètement efficace. Nous espérons que les inquiétudes susmentionnées qu'éprouvent les pays de la région soient superflues et s'avèrent injustifiées. Pour ce qui est des Etats-Unis, ils doivent également faire quelque chose après leur « retour » et surtout il est nécessaire pour eux de jouer un rôle positif dans les domaines suivants : Tous d'abord, c'est d'élargir les effets de la coopération est asiatique. Suite à la nouvelle participation des Etats-Unis et de la Russie, le Sommet de l'Asie orientale est devenu un forum stratégique de niveau suprême comprenant l'ensemble des pays les plus grands et les plus importants de toute la région. A cet effet, il est souhaitable que toutes les parties concernées s'en tiennent à la nature essentielle de forum stratégique du Sommet de l'Asie orientale et consacrent tous leurs efforts pour continuer à promouvoir leur coopération dans les cinq principaux domaines prévus, dont l'éducation et aide et secours aux sinistrés. Ensuite, il faut enrichir les domaines de la coopération régionale. C'est pourquoi il est espéré qu'après le « retour » des Etats-Unis dans la région, la coopération est asiatique continue à maintenir son caractère ouvert et sa structure tolérante et généreuse, car elle ne diffère aucunement de la coopération Asie Pacifique, au contraire, les deux se complète mutuellement. Enfin, il faut protéger et sauvegarder la stabilité de la région. La concentration de grands pays sur la scène multilatérale de la coopération est asiatique apporte et fournit une nouvelle plate-forme au renforcement de la coopération et de la coordination de toutes les parties concernées.

Dans la coopération est asiatique, les relations sino américaines ne constituent ni un zéro ni un jeu d'échecs. Pour ce qui est de la Chine, depuis des années qu'elle participe à la coopération régionale, elle s'en tient toujours au principe de l'ouverture, de la tolérance et de la générosité. Elle a insisté à plusieurs reprises qu'elle respecte les intérêts légitimes de la partie américaine dans la région Asie Pacifique et qu'elle salue le rôle constructif joué par celle-ci dans les affaires de la région. Nous souhaitons également que Les Etats-Unis soient nourris de la même bonne intention et soient imprégnés de la même largeur d'esprit pour essayer de trouver le point de concordance de leurs intérêts avec ceux des pays de l'Asie de l'Est. Il est important pour eux de tenir compte de la situation dans son ensemble, et surtout de la stabilité et du développement de la région, en faisant preuve de respect envers les particularités spécifiques et le modèle de l'Asie orientale, de tenir compte des intérêts respectifs de toutes les parties concernées, de traiter au mieux les préoccupations et les soucis de celles-ci et de joindre leurs efforts en vue de contribuer à la paix, à la coopération et à la confiance mutuelle entre tous les pays de l'Asie orientale.

(Auteur de l'article : Tan Ya, spécialiste en matière de problèmes internationaux)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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