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Français>>InternationalMise à jour 16.01.2012 15h56
La Zone euro bouleversée par le coup de massue assené par Standard & Poor's

L'Agence internationale de notation Standard & Poor's (S&P) vient d'asséner un coup de massue à la Zone euro en dégradant le 13 janvier la note de crédibilité souveraine de neuf de ses pays membres. L'opinion internationale est unanime à croire que cette dégradation en masse de notes constitue une bombe jetée au beau milieu du marché européen et qu'il est à peu près certain qu'elle y provoquera un grand choc. Certains analystes pensent même qu'il serait possible que tous les efforts faits en vue de sauver l'Europe de la crise de la dette seraient réduits à néants et qu'enfin de compte la Zone euro s'enfoncerait dans une nouvelle crise politique et économique.

Il est possible que les efforts déployés par la France pour sortir de la crise soient torpillés.

Parmi les neuf pays européens qui ont subi le tir de S&P, la France et l'Autriche sont privées de la note AAA pour être désormais notée AA+. Quant à l'Italie, à l'Espagne, au Portugal et au Chypre, ils ont été dégradés de deux crans, alors que pour la Slovaquie, le Malte et la Slovénie, d'un cran.

Standard & Poor's n'a pas attendu pour s'expliquer et vingt heures seulement après avoir allumé l'incendie il a tenu une conférence téléphonique pour motiver sa décision : «Les dirigeants européens n'ont pas réussi à trouver les solutions adaptées à l'ampleur de la crise qui touche la zone euro». Il ressort de façon globale que l'agence de notation est clairement déçue par les résultats du sommet européen du 9 décembre qui devait mettre un terme à la crise de l'euro et elle estime que les chefs d'Etat ont mal analysé la crise, se concentrant trop sur les déficits budgétaires au lieu de réduire les écarts de compétitivité. Plus important, et plus inquiétant, « les chefs d'Etat n'ont pas forcément établi le bon diagnostic sur les raisons profondes de cette crise », ce qui, selon S&P, les empêche d'y apporter les bonnes réponses. «Tous les pays se concentrent essentiellement sur des remèdes budgétaires en réduisant leurs déficits excessifs, en particulier dans les pays périphériques, mais la crise de la zone euro s'explique surtout par un écart de compétitivité qui n'a cessé de se creuser entre certains pays européens depuis le lancement de la monnaie unique ». Bref, pour S&P, l'aggravation de la situation financière constitue actuellement pour la Zone euro le plus grand risque auquel elle doit faire face avec détermination.

Suite à cette dégradation en série, ce qui préoccupe le plus le marché européen c'est la dure sanction tombée sur la France, la deuxième économie européenne, qui est ainsi privée de la meilleure note AAA. François Baroin, Ministre français de l'Economie, de la Finance et de l'Industrie, qui a accepté le soir même une interview télévisée, s'est efforcé de relativiser en disant "Ce n'est pas une bonne nouvelle" mais ce n'est "pas une catastrophe", et il a indiqué que la notation de l'agence d'évaluation financière ne peut que servir de référence, que la France poursuivra sa politique économique qui consiste à réduire le déficit et à promouvoir la croissance économique. Quant au grand quotidien français « Le Figaro », il pense que la perte pour le France de la note AAA aggravera la crise de la dette en Zone euro. La masse populaire française se sent de son côté en même temps dépassée, faible et désarmée et elle croit que cette situation pourrait peut-être créer des problèmes empêchant le pays de sortir rapidement de l'impasse.

Le sens de la crise augmente soudainement en Allemagne.

Sous le coup de S&P qui a décidé d'abaisser les notes de neuf pays de l'Europe, il ne reste au sein de la Zone euro que trois pays, à savoir l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande, qui conservent la note AAA, alors que seulement l'économie allemande connaisse une perspective d'avenir stable et pleine d'espérance. Malgré cela, le sens de la crise s'est renforcé tout d'un coup en Allemagne et les Allemands sont décidés à tout faire pour que leur pays continue à prospérer.

Le quotidien allemand « World News » a rapporté le 15 courant que Clemence Pfister, professeur à l'université d'Oxford et conseiller au Ministère allemand des Finances a fait remarquer que la dégradation de neuf pays européens de la note AAA par S&P fait que le taux de perte de cette note s'est accru de 50% pour l'Allemagne.

Les mesures politiques pour faire face à la crise de la dette en Europe reviennent au centre des débats.

En tant que deuxième des principaux pays considérés comme outils assurant la stabilité financière européenne, la France, qui vient elle-même de perdre la note AAA, risque tout naturellement d'accroître la menace de dégradation de la crédibilité de ce pare-feu. Pour calmer et rassurer le marché européen, Jean-Claude Juncker, Président du Groupe de la Zone euro, a déclaré le 13 courant que tous les efforts possibles seront faits pour maintenir la note AAA de cet outil d'assistance et de secours afin qu'il puisse conserver son dynamisme et sa vitalité.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), l'un des trois plus grands quotidiens allemands, a publié le 14 courant un article dans lequel il est dit que le coup porté par S&P aggrave sensiblement la crise de la dette en Europe et que le risque de division et de désagrégation entre les principaux pays et les pays marginalisés de la Zone euro ajoute à la gravité, ce qui augmente nécessairement le coût de l'aide à celle-ci et qu'il sera possible que la Banque centrale européenne doit préparer à cet effet une « roquette » financière (c'est-à-dire se préparer à acheter les dettes publiques émises par les Etats tombés dans la crise).

Le site Web de la British Broadcasting Corporation (BBC) a publié le 14 courant un article commentaire dans lequel il est dit que normalement lorsqu'une agence d'évaluation financière rabaisse la note d'un pays, elle donne toujours dans son rapport des explications sur les mesures à prendre pour ce pays pour faire face à la dette souveraine, tandis que cette fois-ci S&P ne s'est pas comporté de cette façon-là, car dans son rapport, il n'a aucunement mentionné les dispositions que doivent prendre les neuf pays dégradés pour faire face à la situation, alors qu'il a seulement manifesté sa déception pour les résultats du sommet européen du 9 décembre qui devait mettre un terme à la crise de l'euro, mais qui ne l'a pas pu. Il a insisté qu'il serait possible que « les pieds de celui qui soulève une roche soient écrasés par celle-ci », car cela peut provoquer la baisse de la demande intérieure ainsi que la diminution du revenu fiscal.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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