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Français>>InternationalMise à jour 19.03.2012 16h22
L'« aurore » a-t-elle fait son apparition en Libye ?

Ce 19 mars est le premier anniversaire du lancement des frappes aériennes occidentales contre la Libye, un pays de l'Afrique du Nord. Le 19 mars 2011, les pays occidentaux, ayant à leur tête la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont déclenché contre les forces armées du leader libyen Kadhafi une opération militaire multinationale sous l'égide de l'Organisation des Nations unies dont l'objectif est la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les noms de codes sont l'opération Harmattan pour la France, l'opération Ellamy pour le Royaume-Uni, l'opération Odyssey Dawn pour les États-Unis, l'opération Mobile pour le Canada et l'opération Unified Protector pour l'OTAN. Ce jour-là, le destroyer US Barry, qui se trouve dans la Méditerranée au large de la Libye, lança contre celle-ci cent dix Tomahawk (missile de croisière). Quant à la France, ses chasseurs déclenchèrent quatre attaques contre des chars de l'armée libyenne et les détruisirent complètement. Ainsi, les incidents et les troubles éclatés en Libye devinrent un mois plus tard une guerre multinationale, dominée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, dont les forces coalisées aidèrent l'opposition libyenne à renverser le pouvoir en place du colonel Kadhafi.

La France a joué de toute évidence un rôle primordial dans cette affaire. Lorsque les Américains ont ralenti leur bombardement sur ce pays, c'était celle-ci qui s'était précipité en avant et c'étaient les Mirage et les hélicoptères des forces terrestres françaises qui les ont remplacer en continuant à attaquer et à bombarder les soi-disant « objectifs militaires » causant de nombreuses victimes parmi l'armée libyenne et également parmi la population civile innocente. Durant le déroulement de cette guerre, les hélicoptères français ont eux seuls six cent objectifs, dont la plupart étaient des tanks et des chars. La France a été le premier pays à reconnaître le Conseil national de transition de l'opposition libyenne et c'était elle également qui, au moment critique, a envoyé et fourni aux forces antigouvernementales libyennes les armes lourdes et légères dont elles ont besoin d'urgence. Puis, avant même la fin de cette guerre, le Président français Nicolas Sarkozy, accompagné du Premier Ministre britannique David Cameron, s'était rendu précipitamment le 15 septembre 2011 en Libye pour y effectuer une visite. Ils ont été ainsi respectivement le Premier chef d'Etat et le premier chef de gouvernement à rendre visite dans le pays depuis la prise du pouvoir par les forces armées de l'opposition. C'est pourquoi on peut dire que la France a accompli un exploit et réalisé une action d'éclat quant au renversement du gouvernement en Libye et à la fin du pouvoir et du régime de Kadhafi.

Toutefois, à l'heure actuelle où l'événement s'est écoulé il y a déjà une année, est-il vrai que les pays occidentaux, ayant à leur tête la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont ramené l' « aurore » en Libye ?

Misrata, une ville de la Libye située à 200 km à l'est de Tripoli, la capitale et il est la troisième des plus grandes villes du pays. De violents et d'âpres combats s'y étaient déroulés entre les deux partis antagonistes et, selon les récents reportages de médias internationaux, même à ce jour en se promenant dans la principale artère de la ville le boulevard Tripoli, on peut voir de nombreux bâtiments et édifices détruits par les bombardements qui ne sont ni réparés ni reconstruits jusqu'ici, alors que partout ce ne sont que décombres et gravats que personne ne songe à enlever ni à nettoyer. En réalité, tout le pays ressemble à cette rue qui n'a pas recouvrée son aspect habituel, alors que sa population, encore hébétée, engourdie et paralysée, ne songe aucunement à faire des efforts pour se débarrasser de l'état du délabrement et de la dégradation, car elle n'a aucune idée de ce que sera son avenir et son destin. Ce qu'elle constate c'est que le renversement de Kadhafi et la fin de l'ancien régime ne lui ont pas apporté de mieux et la Libye n'est ni unifiée ni devenue plus puissante qu'avant. Au contraire, elle s'est dispersée et éparpillée comme le sable, sa situation intérieure s'avère agitée, troublée, tendue, instable et incertaine, son économie connaît le déclin, la décadence et le dépérissement, les conflits entre clans et factions se multiplient et le pays s'enfonce de plus en plus dans le fractionnisme, dans le tribalisme, dans le clanisme et dans le séparatisme.

Il y a quelques jours, plusieurs chefs de tribus et de milices de l'Est libyen ont déclaré l'autonomie de cette région baptisée Cyrénaïque, laquelle disposera de façon indépendante de son Parlement, de sa police et de son tribunal, et ont lancé un appel pour que la Libye recouvre son régime fédéral. Cependant, le Conseil national de transition a réagi immédiatement en déclarant son refus formel de reconnaître l'autonomie de l'Est libyen et en indiquant que celle-ci constitue en fait le « signal » de la division et de la séparation du pays. En réalité, la proclamation d'une entité autonome dans l'Est libyen rappelle cruellement la réalité sociologique d'une Libye patriarcale et tribale, alors que ce genre de structures sociales ne laisse aucune place au choix politique individuel et fait du vote d'une personne l'expression du choix du clan et non du sien. On n'a qu'à cité comme exemple la capitale Tripoli, laquelle est sous le contrôle de plusieurs milices armées qui s'observent réciproquement et qui ont de fréquents accrochages. L'une de ces milices, placée sous le commandement d'Abdel Hakim Beller Hagee, un des responsables de la Commission militaire de Tripoli, compte plus d'un millier d'effectifs et occupe actuellement une caserne de la capitale. Une autre milice, sous le contrôle d'Abdullah, se montre hostile envers Abdel Hakim Beller Hagee et sa milice. Des miliciens armés originaires de Zintan occupent l'aéroport international, tandis que leurs confrères de Misrata se sont installés dans la banlieue est de la capitale. En dehors de ces milices, des éléments armés berbères se montrent partout dans la ville. Jusqu'à présent, l'Etat libyen, c'est-à-dire le Conseil national de transition, n'a pas encore réussi à établir une force armée nationale, unifiée et efficace, constituée de l'armée et de la police. Quant aux organisations de la milice éparpillées à travers tout le pays, elles refusent de remettre leurs armes et de procéder à leur réorganisation. A part toute cette pagaille, certains des partisans du pouvoir déchu de Kadhafi cherchent des occasions et tentent par tout moyen de prendre leur revanche, de revenir à la charge et de tenter leur chance. C'est pourquoi nombreux sont les gens qui s'inquiètent de ce que la Libye pourrait devenir la deuxième Somalie en s'enfonçant dans la situation chaotique où le pays se plonge dans la division, dans la dislocation et dans la désagrégation et la société dans les troubles, les désordres et les agitations.

Pour ce qui est de la Libye qui occupe la deuxième place parmi les principaux pays producteurs du pétrole de l'Afrique, ses recettes financières proviennent principalement de des exportations pétrolières. Toutefois, l'Organisation des Pays exportateurs de Pétrole (OPEC) a indiqué récemment que pour le moment la production pétrolière libyenne se chiffre actuellement à seulement un million de barils chaque jour, ce qui est de loin inférieur au niveau de l'avant-guerre qui s'élevait à plus d'un millions six cent mille barils la journée et c'est la raison pour laquelle les finances libyennes rencontrent d'assez grandes difficultés actuellement. Ce qui aggrave la situation, ce sont les récentes rumeurs qui disent que l'Est libyen, qui est riche en ressources pétrolières et qui est le principal producteur de pétrole du pays, demande l'autonomie de sa région car il « ne veut plus que les riches ressources pétrolières locales soient partagées et jouies par des éléments étrangers ». Dans le cas où il s'avère que la rumeur soit exacte et incontestable, ce serait alors un dur coup porté au gouvernement en coupant ses sources de revenu et il n'y aurait ni reconstruction ni relèvement économique. L'année dernière, lorsque les forces armées du Conseil national de transition ont réussi à s'emparer et à occuper Tripoli, ce dernier a trouvé dans le coffre-fort de la Banque centrale une somme de 23 milliards de dollars US. Il a été décidé que cette énorme somme qui fait partie du budget préparé par le pouvoir de Kadhafi qui n'a pas eu le temps de la dépenser sera utilisée par le nouveau gouvernement pour satisfaire ses « dépenses courantes » de seulement six mois. Comment faire lorsque celle-ci sera complètement dépensée ? Cela est un sérieux et grave problème à prévoir, car il ne faut pas oublier que le pays rencontrent de grandes difficultés, surtout en ce qui concerne la création d'emplois et que le taux de chômage atteignait déjà le 30% depuis l'avant-guerre. Maintenant que cette dernière a pris fin, la reconstruction est à l'ordre du jour et mille choses doivent être remises en état, ce qui constitue des tâches extrêmement difficiles à accomplir. Les problèmes du chômage, et tout particulièrement ceux des jeunes sans emplois, comment faut-il les résoudre et quelles mesures faut-il prendre pour cela ? Le nouveau gouvernement doit faire face à cet effet à de graves et à de sérieux défis et il doit montrer sa capacité de régler et de surmonter toutes les difficultés qui se dressent devant lui.

Ce qui est plus préoccupant et plus inquiétant ce sont les effets des agitations, des désordres et des troubles en Libye sur les pays eu Maghreb et sur toute la région de l'Afrique occidentale. D'après les reportages publiés par la presse internationale, une grande quantité d'armes ont été acheminées vers les pays voisins de la Libye, tandis que de nombreux éléments armés se sont infiltrés de celle-ci dans ceux-ci, ce qui accentue l'insolence et l'arrogance des terroristes et des forces séparatistes de ces pays. A l'époque de la domination de Kadhafi, l'Armée libyenne a acquis et stocké une grande quantité d'armes légères et lourdes ainsi que des matériels et des équipements militaires. En réalité, leur quantité dépasse de loin les besoins réels de celle-ci. Maintenant, ces stocks d'armes ainsi que les dépôts de munitions sont tombés aux mains des milices et des forces armées locales et la contrebande d'armes se déchaîne, fait rage et gagne en ampleur. Autrefois, la contrebande d'armes était déjà relativement facile et fréquente en Libye, mais la vente concernait en général à celle d'armes légères dont principalement le fusil automatique de type AK47. Aujourd'hui, c'est toute une chaîne de contrebande d'armes lourdes dont les missiles sol-air. Ce qui inquiète au plus haut point les gens qui sont pris de sueurs froides rien qu'en pensant à cela. Certains considèrent même la Libye comme le « Paradis de la contrebande d'armes ».

Malgré tout cela, certains pays occidentaux se plaignent de ce qu'après le « Printemps arabe », la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord n'est pas encore assez trouble et assez chaotique comme elle devait l'être et ils se creusent la cervelle pour trouver les moyens de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays, pour inciter l'opposition d'un pays à affronter le pouvoir en place et à le renverser et pour tenter de déclencher une guerre « par procuration ». Les désordres, les troubles et les incidents, qui se déroulent actuellement en Syrie, constituent un exemple typique. Parmi les forces armées de l'opposition syrienne, on remarque un grand nombre d'étrangers, dont des Français. Si on leur pose la question de savoir la raison de leur venue dans ce pays, ils insistent alors sur le caractère humanitaire de leur mission. Alors pourquoi viennent-ils armés jusqu'aux dents ? Impossible de répondre à cette question ! A cet effet conseil est donné à ces Occidentaux de voir ce qui se passe actuellement en Libye, car c'est le résultat de leur ingérence dans les affaires intérieures de ce pays. Dans le cas où ils persistent dans leur « mission », il est fort à parier que la Syrie devienne la deuxième Libye. Mais étant donné qu'elle joue au Moyen-Orient un rôle beaucoup plus grand et plus important que cette dernière, il serait tout à fait possible que l'ensemble de la région s'enfonce dans le désordre, dans le chaos, dans le trouble et dans l'incertain, ce qui porterait atteinte non seulement aux intérêts régionaux, mais également aux intérêts de ces pays occidentaux et même aux intérêts du monde entier. Par conséquent, il leur est conseiller de s'abstenir de causer du tort à autrui tout en nuisant à eux-mêmes.

(Auteur de cet article : Ren Yaqiu)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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