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Français>>InternationalMise à jour 06.04.2012 08h48
La crise de la dette européenne touche aussi l'Asie

Les effets de la crise de la dette de la Zone Euro se sont propagés à un rythme certain vers les pays d'Asie, a averti lundi un ancien haut responsable du secteur de la banque en Chine.

Et la croissance économique de la région ne devrait pas non plus reprendre de vigueur à court terme, a déclaré Liu Mingkang, ancien président de la Commission de Régulation Bancaire Chinoise, qui a assisté au Forum de Boao pour l'Asie, qui s'est tenu dans la Province de Hainan.

« Les performances économiques des grands pays asiatiques se sont nettement détériorées depuis l'année dernière, ce qui montre bien que la crise de la dette a clairement touché la région », a-t-il dit.

Selon M. Liu, la Chine, le Japon et les autres grands pays d'Asie doivent agir plus rapidement pour réformer leurs économies si elles veulent contrer les dégâts dus aux troubles de la dette de la Zone Euro.

John Chambers, Directeur général des notations souveraines chez LLC Standard & Poor Financial Services, a déclaré que la plus grande vulnérabilité de la Chine découlant de la crise de la Zone Euro réside dans la possibilité qu'il y ait une forte diminution de ses exportations si la légère récession que connaît l'Europe et la croissance lente que l'on constate aux États-Unis dégénèrent en une profonde contraction économique, aussi grave que ce que l'on a connu en 2008 et 2009.

« Je ne crois pas que l'on risque de voir une trop grande exposition du secteur financier », a-t-il dit. « C'est en grande partie un problème commercial ».

M. Chambers a déclaré que le Gouvernement chinois devrait probablement s'appuyer sur des moyens conventionnels de consolidation de l'économie du pays au lieu de répondre avec un paquet de stimulation fiscale agressif, comme il l'a fait dans le passé, avec l'aide des gouvernements locaux.

« La Chine dispose d'une grande marge de manœuvre, tant sur le plan fiscal que sur le plan monétaire », a-t-il dit. « Mais s'il y a une dépression mondiale, personne n'y échappera ».

Toshiro Mutoh, président de l'Institut de Recherche Daiwa, estime quant à lui que la crise de la dette européenne a assombri les perspectives des pays d'Asie du fait du ralentissement de l'activité sur les marchés financiers et de la perturbation du commerce dans la région.

« Le désendettement en cours de l'Europe a conduit à un reflux des capitaux en provenance d'Asie », selon M. Mutoh. « Les pays asiatiques devraient mettre en place un pare-feu contre ce problème ».

« Je ne pense pas que le problème de la dette en Europe constitue une menace croissante pour la Chine et les autres pays asiatiques », a déclaré pour sa part Li Daokui, ancien conseiller à la Commission de la politique monétaire de la banque centrale et professeur à l'Université Tsinghua.

M. Li a ajouté qu'en fait la situation s'améliore, surtout après que la Banque Centrale Européenne ait injecté des liquidités sur le marché, que les responsables aient donné leur aval à un pare-feu constitué de 800 milliards d'Euros (1,06 milliards de Dollars US) et que des grands pays comme l'Italie aient accepté de faire des réformes.

« Et l'exposition de la Chine aux risques de la dette de la Zone Euro est très faible et contrôlable ».

M. Liu a, de son côté, dit que la Zone Euro a fait des progrès pour répondre aux problèmes de la dette, en particulier en adoptant des mesures d'austérité et en injectant des liquidités dans le marché. Mais il est probable que ces mesures n'aillent pas assez loin pour résoudre les problèmes fondamentaux.

« Qui plus est, une austérité plus stricte aura pour conséquence que certains pays seront moins en mesure de rembourser leurs dettes », a dit M. Liu.

Malgré des perspectives incertaines pour l'Europe, la Chine devrait être plus consciente, sur le long terme, des risques cachés dans l'économie américaine au lieu de ceux de l'Europe, a dit M. Liu.

« La situation du chômage aux États-Unis et la confiance des consommateurs américains ne se sont pas encore améliorées », a-t-il dit. « En outre, leur énorme déficit budgétaire va probablement conduire à une baisse des taux d'intérêt et tirer l'activité économique vers le bas ».

Source: xinhua

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