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Français>>InternationalMise à jour 08.04.2012 09h40
L'aide aux pays en développement victime de la récession mondiale

L'aide des principaux donateurs aux pays en développement a chuté de près de 3 % en 2011 à cause de la récession économique mondiale, mettant fin à une longue tendance d'augmentations annuelles, a annoncé mercredi l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).

« Abstraction faite des années d'allégements exceptionnels de la dette, c'est la première baisse depuis 1997 », a déclaré l'OCDE.

En 2011, les membres du Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE ont fourni 133,5 milliards de Dollars US d'aide publique au développement nette (APD), soit 0,31 % de leur revenu national brut (RNB).

Il s'agit d'une baisse de 2,7 % en termes réels par rapport à 2010, année où cette aide a atteint son point culminant, selon le rapport de l'organisation. La diminution reflète les contraintes budgétaires auxquelles sont soumis les pays du CAD, baisse qui a affecté plusieurs de leurs budgets d'APD.

Dans l'APD nette totale, l'aide aux projets et programmes bilatéraux de base (à l'exclusion des dons pour allégement de la dette et l'aide humanitaire) a connu une baisse de 4,5 % en termes réels.

L'aide bilatérale à l'Afrique subsaharienne s'est elle montée à 28,0 milliards de Dollars US, soit une baisse de 0,9 % en termes réels par rapport à 2010.

Mais en revanche, l'aide au continent africain a augmenté de 0,9 %, à 31,4 milliards de Dollars US, car les donateurs ont accordé davantage d'aide à l'Afrique du Nord après les soulèvements qui ont secoué la région.

Le groupe des pays les moins avancés (PMA) a également connu une baisse des flux nets de l'APD bilatérale de 8,9 % en termes réels, à 27,7 milliards de Dollars US.

Le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría a encouragé les donateurs à honorer leurs engagements, « La baisse de l'APD est source de grande préoccupation, elle arrive à un moment où les pays en développement ont été touchés par l'effet d'entraînement de la crise et ont le plus besoin d'aide. Cette aide ne représente qu'une fraction du total des flux qui part vers les pays à faibles revenus, mais les temps économiques difficiles que nous connaissons signifient aussi une baisse des investissements et une baisse des exportations. Je félicite les pays qui maintiennent leurs engagements en dépit de difficiles plans d'assainissement budgétaire. Ils montrent que la crise ne devrait pas être utilisée comme une excuse pour réduire les cotisations de coopération au développement ».

Les données de l'OCDE ont montré qu'en 2011, le plus grand donateur a été les États-Unis, en termes de volume, avec un flux net d'APD d'un montant de 30,7 milliards de Dollars US, en baisse tout de même de 0,9 % en termes réels depuis 2010. L'APD représente 0,20 % de leur RNB, soit un peu moins que le niveau de 2010, qui était de 0,21 %.

Le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont eux continué à dépasser l'objectif de l'Organisation des Nations Unies, une APD atteignant 0,7 % du RNB.

En termes réels, les hausses les plus importantes de l'APD ont été enregistrées en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Suède et en Suisse. En revanche, l'APD a chuté dans 16 pays du CAD, les plus importantes réductions ayant été enregistrées en Autriche, en Belgique, en Grèce, au Japon et en Espagne.

Jusqu'en 2011, l'aide avait sans cesse augmenté pendant plus d'une décennie. L'APD nette a augmenté de 63% entre 2000 et 2010, l'année où elle atteint son maximum. L'APD a longtemps été une source stable de financement du développement et a amorti l'impact immédiat des crises financières précédentes.

L'enquête de l'OCDE-CAD sur les plans de dépenses prévisionnelles des donateurs pour la période 2012-2015 laisse entendre que l'aide-pays programmable globale (APP) pourrait augmenter de plus ou moins 6 % en termes réels en 2012.

A partir de 2013, l'APP mondiale devrait stagner et cela pourrait ainsi confirmer des constatations précédentes selon lesquelles il faut plusieurs années à compter du début d'une récession pour que le plein impact se fasse sentir sur les flux d'aide.

Selon les projections actuelles des bailleurs de fonds, il pourrait y avoir un ralentissement à partir de 2013, différent selon les régions, avec une APP à destination des pays d'Amérique latine qui continuera à baisser, alors qu'elle pourrait augmenter un peu pour les pays d'Asie centrale et du Sud, dont le Bangladesh, le Myanmar et le Népal.

En ce qui concerne l'Afrique, l'enquête anticipe peu de changements pour l'APP, bien que les événements récents qui ont eu lieu dans les pays du Sahel et de l'Afrique du Nord puissent entraîner une certaine reprogrammation des efforts des donateurs.

Pour les pays en situation de fragilité (46 pays en 2011), l'enquête estime qu'il y aura peu de changement dans l'APP totale, les plus fortes hausses étant attendues pour la République Démocratique du Congo et le Kenya, et la plus forte baisse devant concerner Haïti et l'Afghanistan.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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