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Français>>InternationalMise à jour 17.04.2012 14h01
Le dernier lancement en date d'une fusée par la RPDC n'est qu'un prétexte

L'annonce le mois dernier par la République Populaire Démocratique de Corée du lancement d'un satellite Kwangmyongsong-3 à la mi-avril pour commémorer le 100e anniversaire de la naissance de l'ancien dirigeant Kim Il-sung a fait l'effet d'un pavé lancé dans la mare.

La Corée du Sud avait déclaré, avant le lancement qui a finalement échoué, qu'elle suivrait et intercepterait la fusée, et le Japon avait déployé des missiles pour abattre la fusée si jamais elle s'égarait dans l'espace aérien du Japon.

Le Japon espérait utiliser le lancement d'un satellite par la RPDC pour tester ses capacités de défense antimissile dans des conditions de simulation. Mais l'importance de sa réponse au lancement -le déploiement de sept missiles d'interception sol-air Patriot à Okinawa, Ishigaki et dans d'autres endroits et le stationnement avec trois destroyers de la classe Aegis et de systèmes de missiles antimissiles Standard Missile-3 en mer du Japon et dans les eaux autour d'Okinawa- a plutôt souligné la transition de sa politique de défense exclusivement axée sur la défense vers une politique volontariste visant à contenir la Chine et à renforcer son emprise sur les îles qu'il a pris à Chine.

Dans le même temps, les États-Unis, tout en essayant de faire pression sur la RPDC pour qu'elle renonce au lancement, ont dépêché dans le Pacifique leur système radar le plus avancé, le Sea-Based X-Band Radar, pour suivre et surveiller la progression du lancement de la fusée nord-coréenne.

Ils ont également profité du lancement pour convaincre le Japon, la Corée du Sud et l'Australie de créer un bouclier antimissile régional sur le modèle de la soi-disant « approche progressive adaptative » de défense antimissile, initialement développé pour l'Europe.

Madelyn Creedon, une secrétaire adjointe de la défense pour les affaires mondiales stratégiques, a déclaré lors de la 10e Conférence annuelle de la défense antimissile des États-Unis, qui s'est déroulée le 26 mars dernier, que les États-Unis sont engagés dans deux séries de dialogues tripartites, l'une avec le Japon et l'Australie et l'autre avec le Japon et la Corée du Sud, afin de mettre en place un bouclier antimissile en Asie. Elle a déclaré que ces boucliers pourraient contribuer à faire obstacle aux futurs missiles à longue portée que la RPDC pourrait développer.

Mais si le Japon rejoint un système de bouclier antimissile en Asie, il ira au-delà des limites fixées par sa Constitution, ce qui laissera penser aux pays voisins concernés qu'il cherche à restaurer son statut militaire et donc menace les pays voisins.

Bien que les États-Unis affirment que la construction de boucliers antimissiles en Asie et au Moyen-Orient a pour but de protéger les Etats-Unis et leurs alliés contre les éventuelles attaques de missiles venant d'Iran et de Corée du Nord, le système de bouclier en Asie est lui fortement soupçonné de faire partie des tentatives américaines pour contenir la Chine.

Mme Creedon n'a d'ailleurs pas dit autre chose quand elle dit que les boucliers régionaux devaient être adaptés au profil de dissuasion et de défense particulier à une région et tenir compte de la géographie, de l'histoire et des menaces.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont également établi des chaînes d'îles de première et deuxième ligne pour contenir la Chine, et les États-Unis ont l'intention de saper les capacités de pénétration des missiles chinois et de renforcer leurs propres capacités de frappe.

Même s'il y a des doutes quant à l'efficacité de ce genre de bouclier antimissile -les critiques disent d'ailleurs que le Pentagone n'a pas encore prouvé que le système pouvait fonctionner dans des conditions réalistes- si les États-Unis et le Japon persistent dans l'installation d'un système de missiles en Asie, cela provoquera inévitablement une incertitude géopolitique et causera de l'agitation dans d'autres pays.

Même si la Chine développe ses propres missiles balistiques et missiles anti-porte-avions, il lui sera toujours difficile d'être en mesure de franchir un tel système de défense et de se prémunir contre une éventuelle attaque de saturation américaine. Aussi la Chine va-t-elle approfondir sa coopération stratégique avec les pays qui partagent son souci de faire face au défi de la sécurité commune.

Malgré l'augmentation des défis mondiaux, de la prolifération nucléaire et des troubles régionaux, il est d'une importance vitale pour les États-Unis et la Chine qu'ils coexistent pacifiquement et établissent une coopération gagnant-gagnant. La Chine respecte la présence et les intérêts des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique, et les Etats-Unis doivent eux en faire de même avec les intérêts fondamentaux de la Chine et reconsidérer prudemment leur programme de défense antimissile et chercher à établir à la sécurité universelle par des moyens politiques et diplomatiques.

L'auteur est chercheur assistant au Centre d'Etudes de l'Asie du Nord-Est, une institution de recherche de la province du Jilin.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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