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Français>>InternationalMise à jour 18.06.2012 09h02
Comment insuffler de la vie dans la Zone Euro

Les pays de la Zone Euro devraient chercher des moyens d'éviter la débâcle et se restructurer pour résoudre leurs problèmes fondamentaux.

La Zone Euro est à la croisée des chemins et l'Euro est maintenant dans une situation extrêmement périlleuse. Jusqu'à ce que l'on trouve des solutions définitives finales et les moyens de résoudre la crise, plutôt que de recourir à des plans de sauvetage qui se contentent de gagner du temps, la survie de l'Euro n'est pas garantie.

Alors que la crise de la dette souveraine de la Zone Euro s'aggrave, dans le monde entier les investisseurs ont commencé à quitter le navire pour trouver des endroits plus sûrs, sans une pensée pour les rendements de leurs investissements. Aux États-Unis, les rendements à 10 ans ont chuté à 1,62 % à la date de fin mai, du jamais vu depuis 1946. Les rendements obligataires allemands à deux ans sont eux tombés à zéro pour la première fois, et au Royaume-Uni les taux d'intérêt ont chuté à 1,64 %, le niveau le plus bas depuis que les coûts d'emprunt de référence ont commencé à être enregistrés en 1703. Le sentiment du marché financier envers l'Euro montre peu d'optimisme.

Même après que la Banque centrale Européenne ait injecté plus de mille milliards d'Euros (1 250 milliards de dollars) en prêts à trois ans bon marchés à des centaines de banques, le système bancaire du continent demeure vulnérable. Les inquiétudes croissantes quant à la possibilité que la Grèce quitte la Zone Euro a incité les déposants de certains pays à retirer leur argent des banques - un phénomène qui pourrait entraîner un désastreux effondrement bancaire.

En fin de compte, c'est la politique qui va décider du sort de l'Euro. Étant donné que les problèmes de la Zone Euro ne sont pas simplement économiques ou techniques, il est capital pour l'Union Européenne d'avancer vers une plus grande union politique pour sauver l'union monétaire. Toutefois, cela s'avèrera très douloureux et les conditions sont loin d'être favorables.

Les résultats de récentes élections nationales montrent que les électeurs de l'UE ne sont guère enclins à accepter un engagement pour une union politique plus forte, et on voit mal comment toutes les résolutions et actions utiles pour atténuer la crise en cours puissent être approuvées par l'ensemble des 27 nations.

Les élections en France, en Espagne et en Grèce ont révélé une profonde hostilité populaire et une frustration envers l'union monétaire et l'union fiscale, très discutée. Beaucoup d'électeurs croient qu'une plus forte intégration dans l'UE a affaibli les économies nationales. En Allemagne, la production industrielle a augmenté en mars, contrairement au reste de la Zone Euro où elle a baissé. On estime que l'économie de la Zone Euro va se contracter cette année, mais le PIB de l'Allemagne devrait augmenter, faisant de ce pays l'une des économies industrielles avancées les plus performantes au monde. Le taux de chômage en Allemagne est proche de son plus bas niveau de 1990, avec une confiance des entreprises élevée. Ces divergences persistantes vont faire que les politiciens auront plus de difficultés à parvenir à un consensus sur les prochaines étapes pour résoudre la crise.

Une série de sommets internationaux formels et informels se sont ouverts et se sont achevés, sans pouvoir trouver de mesures vraiment convaincantes pour faire face efficacement à la crise. Bien que le sommet du G8 puisse convenir que la crise de la Zone Euro fait peser une grave menace sur l'économie mondiale, et qu'il faut faire davantage pour promouvoir la croissance et la création d'emplois et mettre en œuvre la consolidation budgétaire, il y a encore beaucoup de différences en ce qui concerne quelles politiques exactement doivent être mises en œuvre.

A cet égard, les discussions en cours sur un certain nombre de politiques sont significatives. Par exemple l'établissement d'un régime d'assurance-dépôts à l'échelle de la Zone Euro pouvant garantir que les dépôts seront remboursés en Euros même si le pays hôte quitte la Zone Euro. En outre, l'émission d'obligations mutuelles de Gouvernement destinées au financement d'infrastructures et autres investissements dans la zone Euro. Et un changement rapide du mandat de la Banque Centrale Européenne peut rendre explicite le fait qu'elle joue son rôle en tant que prêteur de dernier recours dans la poursuite de la stabilité financière.
Mais pour l'essentiel, ces mesures exigent que les pays transfèrent une partie de leur autorité souveraine et de leur budget aux institutions Européennes ; chose qui sera très difficile à réaliser.

Comme le dit un dicton bien connu, un pays ne peut exister sans une banque centrale, mais une banque centrale ne pourrait survivre sans un pays.

Toutefois, une sortie de la Grèce de la zone Euro pourrait faire exploser le bloc et déclencher des pertes sans précédent à travers le monde. La contagion pourrait être plus grave que la faillite de Lehman en 2008.
Mais dans le même temps, si la Grèce est autorisée à rester dans la Zone Euro, et comme la plupart des électeurs espèrent, sans la mise en œuvre du programme d'austérité convenu, le coût du sauvetage total ou l'annulation de la dette sera un fardeau trop lourd à porter.

Par conséquent, le moment est venu pour la Zone Euro d'envisager, même à contrecœur, un compromis entre éviter une rupture immédiate et une restructuration de ses problèmes fondamentaux.

La meilleure voie serait peut-être de créer une nouvelle forme d'Euro. Par exemple, les pays de la périphérie pourraient adopter une nouvelle monnaie commune, ou un régime de double monnaie dans laquelle le nouvel Euro serait utilisé pour les transactions internationales et la monnaie nationale pour les paiements nationaux. De cette façon, cela pourrait atténuer l'impact radical d'une sortie complète de la Zone Euro, ainsi que donner une résistance et une souplesse accrues à l'union monétaire.

Bien que seuls quelques-uns aient déjà rendu publics leurs plans d'urgence, en réalité, de nombreux gouvernements, entreprises et banques se préparent au pire. Les multinationales retirent l'Euro de leurs comptes tous les jours pour limiter les risques, dans la crainte d'une dévaluation de la monnaie du jour au lendemain. Les banques tentent de faire correspondre leurs actifs et leurs passifs avec les frontières nationales, en cherchant à couvrir les prêts à un pays avec un financement provenant du même pays. C'est l'une des raisons pour lesquelles les banques réduisent leur octroi de crédit à l'économie réelle.

A l'évidence, l'Euro est vraiment au bord du gouffre. Ce que l'histoire nous enseigne, c'est que la résolution des problèmes de dette est une responsabilité partagée par les des débiteurs et les créanciers. Ils doivent être prêts à relever les défis communs et à faire des efforts conjoints.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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