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Français>>InternationalMise à jour 19.06.2012 08h30
Le sommet du G20 va être confronté à de lourdes tâches

Des mécanismes de gestion d'alerte rapide et de crise et un contrôle efficace sur les sociétés transnationales sont nécessaires.

Il y a quatre ans, le G20 est devenu une plate-forme efficace pour gérer la crise financière internationale, mais cette crise a été aggravée par la crise de la dette souveraine en Europe et compliquée par la faible croissance de l'économie mondiale.

Le G20 doit renforcer sa capacité institutionnelle afin de gérer plus efficacement les crises en évolution constante, promouvoir une plus grande coopération économique et commerciale, réformer davantage les institutions économiques internationales existantes, et promouvoir un accès équitable à la gouvernance économique mondiale.

S'agissant de la crise de la dette souveraine en Europe, les dirigeants du G20 ont trouvé le consensus dont ils ont besoin pour aider les pays les plus exposés au risque avant qu'ils ne deviennent des « Etats qui ont échoué financièrement » et sortir plus de pays du bourbier où ils se trouvent. Cependant, ils doivent encore aussi élaborer un plan de sauvetage.

Du point de vue du G20, l'Union Européenne n'a pas réussi à agir de façon décisive pour empêcher la crise d'engloutir toute la région. Du point de vue de l'UE, dans le contexte de la mondialisation économique, aucun pays ni aucune économie n'est à l'abri de la crise financière et de la crise de la dette souveraine. Par conséquent, les membres du G20 devraient retrousser leurs manches et apporter leur aide afin de contenir la crise avant qu'il ne soit trop tard. Le fait est que la crise de la dette souveraine est sur le point d'atteindre un moment critique, et les dirigeants du G20 vont devoir agir avec résolution et rapidité pour la contenir.

En termes de développement durable, qui est le moyen fondamental pour répondre aux crises financières et de la dette, le G20 se doit encore d'élaborer la décision politique collective nécessaire pour soutenir une reprise faible et la croissance de l'économie mondiale. A l'inverse de tous les précédents cycles économiques, les pays développés n'ont pas encore ouvert la voie aux technologies et industries nouvelles, qui les aideraient à sortir leurs économies de la récession et faciliterait les conditions d'une croissance durable. En outre, la majeure partie des liquidités provenant des plans de relance adoptés par de nombreux gouvernements ou les politiques d'assouplissement quantitatif monétaires adoptées par les autorités financières nationales ne se déverse pas dans les industries réelles. Au contraire, ces liquidités partent vers les marchés boursiers et immobiliers des pays où elles peuvent glaner le plus de bénéfices, provoquant des bulles.

Pour de nombreux pays en développement, les effets retardés de la baisse de la demande dans les pays développés commencent à toucher leurs industries d'exportation, qui ont été les principaux moteurs de leur développement national. Et le protectionnisme commercial croissant de nombreux pays développés est devenu, pour les pays en développement, un obstacle invisible au maintien de l'élan de leur développement économique et de la réalisation de leurs objectifs de développement du Millénaire décrétés par les Nations Unies.

En termes de réforme et de création d'institutions économiques internationales, le G20 est confronté à une rude bataille. Faisant écho à l'opinion publique internationale, les participants au sommet ont reconnu que le système de gestion monétaire de Bretton Woods est dépassé. Ils ont également compris que les trois piliers du système de Bretton Woods, à savoir le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et l'Organisation Mondiale du Commerce, réussissent de moins en moins à s'acquitter de leurs fonctions dans le domaine de la facilitation et de l'harmonisation du commerce, la promotion et l'assistance au développement, et la surveillance et la promotion financière et monétaire. La crise financière internationale de 2008 et la crise de la dette souveraine en cours ont amplifié leur redondance.

Le G20 doit mettre en place un mécanisme ouvert et équitable de nomination et d'élection des dirigeants des trois institutions, renforcer la représentation des pays en développement tant en matière de prise de décision que de gestion institutionnelle, accorder davantage de droit de parole équitable aux pays membres en développement, élaborer un processus de conception et de mise en œuvre des programmes plus dynamique et plus efficace, construire des mécanismes de surveillance plus efficaces, renforcer les capacités des membres plus en développement, trouver plus de fonds de roulement, et renforcer les capacités des institutions à allouer des ressources internationales pour traiter les questions en cours relatives au développement et faire face à d'éventuelles crises économiques ou financières toujours possibles dans le futur .

Mais plus important encore, le G20 doit rechercher les voies et moyens nécessaires pour créer de nouvelles institutions qui seront propices au développement durable de l'économie mondiale ainsi que de celles de tous les pays du monde.

En termes de gouvernance mondiale, la leçon la plus profonde que la crise financière de 2008 a donné à la communauté internationale, en particulier aux membres du G20, c'est qu'il est grand temps de mettre en place un mécanisme de surveillance efficace au niveau mondial. Rétrospectivement, on s'aperçoit que cette crise est principalement due à l'absence de surveillance et de gestion des transactions internationales sur les produits financiers dérivés toxiques par les sociétés transnationales, qui ont causé la crise financière aux États-Unis, qui se répandit peu après à travers le monde par l'entremise des chaînes de biens, des chaînes de services et des chaînes de valeur.

Le G20 serait donc bien avisé de concevoir et de mettre sur pied un mécanisme d'alerte précoce permanent, un mécanisme efficace de gestion de crise, et un mécanisme de surveillance efficace des sociétés transnationales, en particulier celles du secteur financier. De même, une évaluation et un système de déclaration efficaces doivent être établis de sorte que les dirigeants, les institutions et les autorités concernés aient amplement le temps de répondre efficacement à toute situation d'urgence future.

L'auteur, Liu Youfa, est Vice-président de l'Institut Chinois des Etudes internationales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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