Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>InternationalMise à jour 25.07.2012 10h26
Les excuses de la France pour les crimes antisémites, une leçon pour l'histoire ?

Le 22 juillet, le Gouvernement français a organisé une cérémonie à Paris, sur le site de l'ancien Vélodrome d'Hiver (Vel' d'Hiv) pour commémorer les victimes juives de ce qu'on a appelé depuis la « Rafle du Vel' d'Hiv), qui furent déportées il y a 70 ans et moururent dans les camps d'extermination de l'Allemagne nazie. Le Président François Hollande était présent lors de la cérémonie et y a prononcé un discours. Dans son discours, il a reconnu la responsabilité de la France dans ces actions anti-sémites, et il a déclaré avec gravité que « La vérité, c'est que ces actes ont été commis en France par des Français ».

En 1942, l'Allemagne nazie a mis sur pied un plan d'extermination des juifs, baptisé « solution finale ». Dans la France occupée par l'armée allemande, le Gouvernement français de Vichy s'est lui aussi lancé dans une politique de persécution des juifs français. Le 16 juillet 1942, la police française, se basant sur une liste -constituée par elle-même- de juifs français et étrangers qui soit avaient trouvé refuge à Paris et dans sa banlieue, soit y habitaient déjà, a déclenché une opération d'arrestation massive de ces personnes, qui furent détenues, à titre temporaire, dans le Vélodrome d'Hiver de Paris, situé dans le quinzième arrondissement, évènement connu depuis sous le nom de « rafle du Vel' d'Hiv». L'opération conduisit à l'arrestation de 13 152 juifs, dont 4 000 enfants. Ces personnes furent ensuite dirigées vers trois camps de concentration situés en France, où les adultes et les enfants furent séparés de façon cruelle. Puis ces malheureux furent brutalement exterminés dans des camps de l'Allemagne nazie, d'où fort peu revinrent vivants. Durant l'occupation de la France par l'Allemagne, sur 76 000 juifs arrêtés et déportés, seuls 2 500 survécurent. Cet épisode tragique du Vel d'Hiv' a été récemment illustré par un film français, « La rafle ».

En fait, le discours de François Hollande n'est pas la première manifestation de reconnaissance des crimes antisémites en France par le chef de l'Etat. En 1995, le Président Jacques chirac fut le premier à les admettre, évoquant les « actions maléfiques perpétrées par les forces allemandes sur des citoyens français, parfois même avec l'aide de Français ». Depuis 2000, la France a également décidé d'indemniser les victimes et les familles des juifs persécutées par le Gouvernement de Vichy, pour un total de 500 millions d'Euros. Sachant cela, pourquoi les médias ont-ils porté une telle attention à cette commémoration ?

Le problème est que le premier président socialiste de la Cinquième République, François Mitterrand, a, lors de ses mandats (1981-1995), adopté une attitude pour le moins ambigüe, refusant de reconnaître explicitement la responsabilité de la France à un niveau national sur ce sujet, arguant du fait que le Gouvernement fantoche de Vichy, avec à sa tête le Maréchal Pétain, ne représentait pas la France. Et que donc dire que la France était responsable n'était pas approprié. Mais la presse a révélé par la suite que derrière ce refus de Mitterrand de reconnaître la culpabilité de la France, il y avait des raisons plus profondes. L'histoire personnelle de François Mitterrand à cette époque comporte quelques taches : il a travaillé au Gouvernement de Vichy, quoique à un niveau relativement subalterne, avant d'entrer tardivement dans la Résistance. Et il fut un ami de toujours de René Bousquet, à cette époque chef de la police et très fortement impliqué dans la rafle du Vel' d'hiv', et ils se voyaient fréquemment. On comprend mieux dès lors qu'il ait tant rechigné à reconnaître la culpabilité de la France.

Quoi qu'il en soit, en tant que deuxième président socialiste de la Cinquième République, François Hollande a finalement brisé le long tabou du Parti Socialiste sur ce sujet. Et François Hollande a finalement prononcé les mots si longtemps attendus : « La vérité est que la Rafle du Vel' d'Hiv' est un crime commis contre la France, ses valeurs, ses principes et ses idéaux ». La vérité fait parfois mal, il faut du courage pour le dire, mais elle doit être dite. Il faut bien comprendre que si l'on ne veut pas que l'Histoire se répète, il faut lui faire face et réfléchir sur elle. De ce point de vue, que ce soit Hollande ou Chirac, on ne peut que les féliciter pour leur acte. Mais bien sûr, on ne peut nier non plus que François Hollande a aussi fait ainsi pour s'attirer les bonnes grâces de la communauté juive de France et de l'Etat d'Israël.

Mais la France n'a t-elle commis, tout au long de son histoire, que cet unique crime à l'égard d'un peuple ? Cela me fait me souvenir de l'ancien Palais d'Eté, le Yuanmingyuan. Trésor des bâtiments de la Chine, le Yuanmingyuan fut incendié et pillé par les troupes anglo-françaises il y a quelque 150 ans, en 1860. En 1861, le grand écrivain Victor Hugo écrivit une lettre célèbre à ce sujet, dans laquelle il dit que « Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'Eté. L'un a pillé, l'autre a incendié (…) Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre (...). J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée ». Quand le désir de Victor Hugo sera t-il réalisé ? J'espère qu'il y aura un jour un chef de l'Etat français qui dira aussi pour ce crime : « La vérité, c'est que ce crime a été commis par des Français ».

Ren Yaqiu

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Les principales nouvelles du 24 juillet
Les excuses de la France pour les crimes antisémites, une leçon pour l'histoire ?
L'Afrique est a même de choisir ses propres amis
Ce que cache la visite du Ministre japonais des Affaires Etrangères au Vietnam