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Mise à jour 07.10.2008 10h48
Vue d'ensemble des 30 années de réforme en Chine : changements d'idées intervenus chez les jeunes quant au choix d'emploi
Un marché d'emploi de nos jour

Obéissance et soumission quant à l'assignation d'un emploi ou d'un poste – période léguée par le système de planification : de 1978 jusqu'au milieu des années 80.


De 1978 jusqu'au milieu des années 1980, sous l'effet des pratiques habituelles du système d'économie planifiée, les jeunes paysans, tout comme la population rurale dans son ensemble, ne pouvaient alors circuler librement dans le pays, tandis que les jeunes citadins, liés étroitement par l'instruction supérieure qui était d'un modèle de contrôle planifié extrêmement concentré, n'avaient aucune liberté pour le choix d'emploi, car ils étaient tous sous le contrôle de l'Etat qui leur assignait un travail ou un poste ou leur distribuait un emploi. Ainsi, tout était contrôlé par l'Etat qui s'occupait de tout du début jusqu'à la fin.

A cette époque-là, on était réduit à la passivité quant au choix de travail et d'emploi, alors que pour les jeunes ruraux, seulement un nombre infime pouvait transformer son sort et son destin en passant avec succès l'examen d'entrée dans des établissements d'enseignement supérieur, la grande majorité était obligée de se résigner à son sort et de continuer à travailler la terre. Le labourage collectif et la culture collective de la terre ou la distribution de la terre basée sur le contrat de responsabilité liée au rendement pour exploitation familiale tiennent compte tous principalement du travail de la terre. Pour les jeunes citadins qui n'ont pas pu faire leurs études supérieures, la plupart d'entre eux prenaient la « succession » de leur père et « héritaient » de leur travail et c'était ainsi que le travail ou l'emploi du père fut transmis à son progéniture. Quant aux jeunes qui ont reçu une instruction moyenne ou supérieure, vu que le système d'emploi social et le système de recrutement étaient alors relativement rigides, inflexibles et sclérosés, ils devaient obéir à la demande de la société et se soumettre à l'Etat qui leur assignait un travail.

Le choix d'un travail ou d'un emploi tenaient compte particulièrement de la politisation. Pour les jeunes ruraux, ils n'avaient pratiquement aucune chance de choisir eux-mêmes le travail qu'ils préféraient, car ils étaient obligés de travailler la terre. Pour ce qui est des jeunes citadins, leurs critères de choix d'emploi se traduisaient principalement par leur appréciation de diverses et de différentes professions et les premiers facteurs qu'ils prenaient en considération c'étaient le statut politique et le statut social. Les résultats d'une enquête intitulée « les problèmes d'emploi des jeunes Chinois » menée en 1984 montraient que les jeunes de l'époque tenaient compte, pour l'appréciation et l'évaluation des emplois et des professions, des facteurs suivants par ordre de priorité : statut social, signification sociale, mise ne valeur de la capacité personnelle et rémunération.

L'intention dans le choix d'emploi : importance accordée au travail politique et dédain et mépris pour l'agriculture et le commerce. Les jeunes de cette époque accordaient la plus grande importance au « statut politique » et au « statut social ». Les ouvrages littéraires « de plainte et d'amertume » des « Zhiqing » (jeunes intellectuels obligés d'aller à la campagne pour se faire rééduquer), qui circulent toujours aujourd'hui, montrent le sentiment durable de tristesse mêlée de rancœur, lié à l'humiliation, à la tristesse et à l'injustice du sort qu'éprouvent encore les anciens « Zhiqing » qui avaient dû travailler la terre pour se faire rééduquer. Durant les quelques années et voire même une période beaucoup plus longue qui ont suivi le rétablissement de l'examen d'entrée aux écoles supérieures, le retour « dans les villes » des « Zhiqing » était devenu alors un étonnant spectacle de déplacement de population en Chine. Dans les régions urbaines, le commerce était toujours considéré comme quelque chose de « méprisable ». Les étudiants s'intéressaient surtout aux sciences appliquées ainsi qu'aux sciences physiques et naturelles et ils aspiraient à devenir des « scientifiques » ou à des « ingénieurs ». Quant aux jeunes qui cherchaient à un emploi, leur plus grand désir c'était « d'aller à son travail » ou « d'aller à son bureau ». Et c'était dans le cas où ils ne trouvaient aucune autre issue qu'ils étaient obligés de devenir un « travailleur indépendant » ou de se consacrer au commerce, au service ou à d'autres activités du secteur tertiaire.

S'engager dans la voie de l'ouverture – la grande marée des « mingong » (travailleurs migrants d'origine paysanne) et l'application du système à double option du choix d'emploi des jeunes citadins : époque allant du milieu des années 80 jusqu'au milieu des années 90.


Les idées des jeunes ruraux sur le choix du travail devenaient de plus en plus libres et ouvertes suite à l'excédent croissant de la main-d'œuvre rurale dû à l'application du système de responsabilité liée au rendement pour exploitation familiale, tandis que parallèlement les régions urbaines et surtout les entreprises, tout particulièrement celles du secteur de la construction, ressentaient un grand besoin de la main-d'œuvre rurale. Juste à ce moment-là, l'Etat a rendu plus souple le système de l'état civil, le système de ravitaillement en céréales et en huile comestible et le système de contrôle d'emplois. Puis, le gouvernement central a commencé à appliquer plus en profondeur des mesures politiques autorisant et encourageant les échanges interrégionaux et l'utilisation dans les régions urbaines de la main-d'œuvre rurale, ainsi que l'exportation de la main-d'œuvre des régions pauvres et miséreuses. Tout cela a entraîné la grande circulation interrégionale de la main-d'œuvre rurale excédentaire et c'était ainsi que s'était constituée la « grande marée des mingong » et que les idées des jeunes paysans sur le choix du travail étaient devenues de plus en plus ouvertes et libres.

Les changements survenus dans les régions urbaines quant au choix d'emplois s'étaient traduits à partir de 1985 principalement pour les jeunes intellectuels. La réforme en Chine du système d'emplois à l'égard des diplômés d'écoles supérieures a été menée par phases, avec méthodes et de façon planifiée. L'objectif prescrit en 1989 : application graduelle, sous la direction de la politique d'emplois de l'Etat, du système à double option qui prescrit le choix autonome d'emploi des diplômés d'enseignement supérieur et le recrutement en priorité des meilleurs par les unités de travail. Ladite réforme a amené le mécanisme de concurrence jusqu'à l'intérieur des écoles supérieures, ce qui a fait que le recrutement des diplômés d'études supérieures est devenu peu à peu une affaire du marché. Et le plus grand changement intervenu dans le recrutement des jeunes c'était que le « statut économique » était devenu le facteur tenu en compte en premier lieu dans le choix d'emploi des jeunes et il a dépassé « le statut social » et « le statut politique » qui avaient dominé durant de longues années. Le choix en premier lieu du « statut économique » était exprimé principalement sur les points suivants :

Primo, le désir d'aller dans les zones économiques spéciales et les régions littorales pour trouver un emploi dans des entreprises à capitaux mixtes chinois-étrangers, dans des entreprises de coopération sino-étrangère ou dans des entreprises à capitaux exclusivement étrangers. Une enquête menée alors à Beijing et qui a visé un millier d'étudiants montrait qu'en ce qui concerne le choix de profession des étudiants, près de 40% des questionnés ont répondu qu'ils souhaitaient, après avoir obtenu leur diplôme d'études supérieures, se rendre dans les zones économiques spéciales et les régions littorales ouvertes pour y chercher un emploi ou du travail, alors que les joint-ventures à capitaux mixtes chinois et étrangers étaient à la tête des choix.

Secundo, la non-aspiration à un haut grade universitaire et le souhait d'avoir un revenu élevé. Le nombre des étudiants qui désiraient pour suivre leurs études à la maîtrise et au doctorat a chuté vers la fin des années 80. De 1987 à 1989, on a compté dans tout le pays plus de 700 étudiants chercheurs qui ont renoncé à leurs études. Et à cette époque, le nombre des étudiants qui s'intéressaient aux sciences appliquées et aux sciences physiques et naturelles a diminué dans de fortes proportions pour était réduit à moins de 50%. Ce phénomène était appelé alors « grande fuite du savoir ». Il circulait alors dans le pays des propos rimés burlesques en langage populaire, tel que « pauvre comme un professeur et niais comme un docteur », qui indiquait un phénomène social bizarre, curieux et étrange, mais tout à fait réel et effectif.

Tertio, l'apparition et le développement de la deuxième profession et du changement incessant d'emplois. Vers le milieu et la fin des années 80, il était apparu parmi les jeunes employés et travailleurs le phénomène « Tiaocao » (changement d'emploi) et les professions circulantes étaient devenues quelques choses de monnaie courante. Nombreux étaient les jeunes qui s'affichaient pour le slogan « première profession pour la stabilité, deuxième profession pour l'enrichissement » et un nombre croissant d'étudiants qui venaient d'obtenir leur diplôme ne pensaient plus à essayer de « se tenir à cheval solidement », mais à « chevaucher tous en cherchant un autre cheval », et c'était ainsi que la circulation des personnes compétentes et talentueuses était devenue de plus en plus animée et active. Le choix d'emplois en triple saut « entreprise publique – entreprise collective – entreprise à capitaux mixtes – entreprises à capitaux étrangers » était devenu quelque chose de très fréquente et de très banale, ce qui faisait que dans la vie économique des années 90, il était apparu la situation suivante : diminution notable des effectifs des entreprises publiques ; fuite incessante des travailleurs des entreprises collectives ; et personnel nombreux et abondant dans entreprises à capitaux mixtes, dans les entreprises de coopération sino-étrangère et dans les entreprises à capitaux exclusivement étrangers. Et surtout en 1933 et 1994 où les étudiants qui s'empressaient à qui mieux mieux pour se rendre dans les régions côtières ouvertes, ce qui constituait un spectacle vraiment animé, actif et plein d'entrain.

Quarto, la rémunération économique était devenue le premier critère du choix d'emploi. A cette époque-là, lorsqu'un jeune choisissait un emploi, la première chose qu'il tenait en compte c'était le salaire et le traitement de bien-être. Les professions préférées des jeunes étaient par ordre de priorité les suivantes : le secteur des finances et de l'assurance, le secteur industriel, les organismes d'Etat, le secteur du service, les institutions scientifiques, … etc.

Choix autonome d'emplois – époque diversifiée où chacun est à la recherche du développement : du milieu et de la fin des années 90 jusqu'à aujourd'hui.


Recherche d'emplois des jeunes ruraux. C'était à partir du milieu des années 90 que les jeunes paysans ont commencé à se mettre à la recherche d'emplois. Ce n'était plus comme avant lorsqu'ils étaient obligés de travailler la terre et qu'ils étaient alors liés et fixés à la campagne. Ils pouvaient circuler librement à travers les villes et les régions urbaines. C'était alors que de jeunes paysans et campagnards commencèrent à chercher du travail et des emplois, à vivre et à se fixer dans les villes.

Recherche d'emplois des jeunes citadins. A cette époque-là, les jeunes habitants urbains commencèrent à se mettre à la recherche d'emplois de façon indépendante et autonome, et ils commencèrent également « à se créer un métier » et à suivre leur propre carrière.

En ce qui concerne les jeunes intellectuels de cette époque, constitués principalement d'étudiants, leurs idées sur le choix d'emploi ont connu un changement notable.

Tout d'abord pour les critères de leur choix, ils commencent à tenir compte des facteurs suivants : perspective d'avenir du développement, opportunités offertes pour qu'ils puissent faire valoir leur capacité, rémunération et bien-être, environnement du travail.

Puis en matière de connaissance d'emploi, ils ont brisé peu à peu le carcan des idées de système hiérarchique entre organismes d'Etat, unités institutionnelles, entreprises publiques, entreprises collectives, entreprises privées et exploitants individuels, et « la création entrepreneuriale est également une création d'emplois » est devenue une idée acceptée et reconnue par tous.

Troisièmement, pour ce qui est de l'intention du choix d'emploi, l'idée de « l'importance accordée à l'industrie et du dédain des activités commerciales » est remplacée par celle préconisant la même importance pour l'industrie et le commerce. Le secteur des services qui était méprisé et dédaigné autrefois est devenu maintenant quelque chose de recherché et de demandé dans le choix d'emplois.

Quatrièmement, concernant l'appréciation des professions, la couleur politique s'affaiblit de jour en jour et les gens s'intéressent seulement aux emplois qui s'adaptent à leur goût et qui éveillent de l'intérêt en eux. Cela est en fait la combinaison de la demande matérielle et de l'aspiration spirituelle.

Cinquièmement, quant à la distance entre le lieu du travail et le logement des parents, l'idée de dépendance de ces derniers et des autres se relâche et s'affaiblit de jour en jour, alors que l'enthousiasme pour « l'examen passé pour l'obtention de certificat », pour « l'apprentissage de langues étrangères » et pour « le voyage à l'étranger » constitue une preuve du renforcement de ce genre de conscience indépendante et autonome.

Sixièmement, faire preuve de courage pour la start-up et la recherche passive d'emploi se transforme ainsi en création entrepreneuriale autonome.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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