Selon le journal britanique The Times, c'est un dilemme bien connu pour les hommes: le football ou la famille? Mais lorsque le président français Nicolas Sarkozy fait savoir qu'il laisse tomber la finale de la Coupe de France pour une soirée avec Carla Bruni, son épouse, cela prend une toute nouvelle dimension.
Vu que son annonce a été perçue comme une insulte à la tradition, au football et à la Bretagne, la région d'où sont originaires les deux équipes finalistes, le président Sarkozy a été contraint de changer d'avis à la dernière minute.
Il a abandonné ses plans du week-end avec Bruni et sa famille dans leur villa sur la Côte d'Azur et a dû retourner à Paris juste à temps pour voir le jeu et remettre la coupe au club de Guingamp, l'équipe de la deuxième division qui a battu Rennes en première division avec un score de 2 à 1, du jamais vu depuis 50 ans.
Après sa visite dans le sud de la France vendredi pour rendre hommage aux soldats français des colonies africaines qui ont débarqué en Provence en août 1944 pour ouvrir un second front contre les nazis, le président Sarkozy est resté sur la Côte d'Azur dimanche.
Ses domestiques ont dit qu'il voulait passer la journée du samedi dans la villa au Cap Nègre sur la Côte d'Azur, qui appartient à la famille de sa femme avant de se rendre à la rencontre avec Angela Merkel, chancelière allemande à Berlin le 11 mai.
Mais cela voudrait dire qu'il briserait une tradition qui date de 1927, lorsque Gaston Doumergue, le premier chef de l'Etat français a assisté pour la première fois à la Coupe de France. Les sources officielles mentionnent que Bernard Laporte, ministre des Sports, aurait pu faire présence au stade à la place de Sarkozy.
Mais les critiques ont affirmé que son absence serait la preuve de son mépris pour la province française et la tradition. Le Télégramme de Brest, quotidien régional qui paraît en Bretagne a déclaré que ce serait un très fâcheux épisode pour les relations entre la région celtique et le chef de l'Etat, qui est né et a grandi dans une banlieue chic de Paris et a toujours soutenu le Paris Saint-Germain, l'équipe de la capitale.
Le journal a rappelé aux lecteurs qu'il a réduit sa visite en Bretagne pendant la campagne électorale présidentielle de 2007 avec une remarque méprisante: "Je m'en fous des Bretons." Marilyse Lebranchu, députée bretonne de l'opposition, a dit: "S'il est en vacances il doit le dire clairement: "Je suis fatigué et j'ai besoin de temps" ; sinon il n'y aucune raison majeure de rater ce match et ce serait choquant".
Elle a supposé que le président Sarkozy avait peur d'être hué et sifflé, comme il l'a été au cours du dernier match de la Ligue entre Bordeaux et Vannes.
C'est un signe que le président Sarkozy ait adouci son caractère obstiné, surtout que la crise économique lui a fait perdre de la popularité, c'est pourquoi il a cédé à la pression et était obligé d'abandonner sa soirée sur la Méditerranée avec la super-model devenue chanteuse qui est sa troisième femme depuis l'an dernier.
Trois heures avant le début de la finale, il a publié une déclaration pour dire qu'il sera présent au Stade de France, ce qui a forcé les employés du stade à réorganiser à la hâte les sièges dans la tribune VIP. Mais il a refusé de serrer les mains des joueurs avant le match manquant ainsi à la tradition présidentielle.
Les détracteurs ont supposé qu'il craignait que sa présence sur le terrain de foot puisse provoquer des huées de la part des fans.