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Français>>SportsMise à jour 29.01.2010 11h29
Tennis : une défaite au goût de victoire

Meimei ni dadan de wangqian zou… (妹妹你大胆地往前走, en avant, petite soeur, bravement). Cette chanson tirée du célèbre film de Zhang Yimou "Le Sorgho rouge" illustre à merveille ce qui vient de se passer en Australie. Certes, aucune Chinoise ne lèvera demain soir la Daphne Akhurst Memorial Cup à la Rod Laver Arena de Melbourne, les deux meilleures joueuses chinoises ayant été écartées de la victoire finale dans le premier tournoi du Grand Chelem de cette année.

Li Na a succombé dans la première demi-finale face à la force, la vitesse et l'endurance de Serena Williams, vainqueur de onze tournois du Grand Chelem, à la suite de deux tie-break. Et sa compatriote Zheng Jie à quant à elle tout simplement été surclassée par l'autre reine belge du comeback, Justine Henin, vainqueur de sept tournois du Grand Chelem, en deux sets secs dans l'autre demi-finale.

Pourtant, bien que leur magnifique parcours ait connu un coup d'arrêt sévère, on se souviendra à jamais du jour où deux Chinoises sont arrivées dans le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Car peu de pays, comme les Etats-Unis, la Russie, la Belgique et la Serbie, ont réussi pareille performance récemment.

A part quelques centaines de Chinois présents dans le stade, des millions d'autres en Chine ont regardé les matches en direct à la télévision, priant pour que leurs héroïnes nationales réalisent d'autres miracles.

Je suis certain qu'ils ne seront pas trop déçus, car avoir vu Li Na et Zheng Jie entrer sur le court au côtés de championnes comme Serena Williams ou Justine Henin, sous les applaudissements d'un stade plein à craquer est déjà un moment de fierté et de magie.

Qu'il me soit permis ici de saluer Madame Sun Jinfang, la directrice du tennis chinois. Madame Sun, ancienne membre de l'équipe nationale de Chine de volley-ball qui a remporté cinq titres mondiaux et olympiques dans les années 1980, a été l'instigatrice d'une réforme d'avant-garde en permettant à quatre joueuses de haut niveau, Li, Zheng, Peng Shuai, actuellement No 46 mondiale et Yan Zi, partenaire de Zheng Jie en double où elles ont été victorieuses, à quitter à la fin 2008 le système d'entrainement soutenu par l'Etat et à gérer elles-mêmes leur carrière.

Elles peuvent désormais choisir leur propre entraineur, leur propre emploi du temps, et ne doivent en échange que reverser de 8 à 12% de leurs gains aux autorités. Auparavant, cela pouvait atteindre 65%.

Est-ce cette initiative qui a redonné du sang neuf à ces carrières, et aussi maintenant au tennis chinois en général ?

Depuis lors, Li Na et Zheng Jie ont en tout cas réécrit l'histoire du tennis chinois. Elles ont toutes les deux atteint le 15e rang mondial, le plus haut pour un joueur chinois, et écrit une nouvelle page d'histoire à Melbourne en inscrivant leur nom au tableau des demi-finales dames.

S'exprimant au téléphone la nuit dernière, Madame Sun, qui ne s'est pas déplacée en Australie mais a regardé les matches à la télévision, m'a confié sa fierté de voir que son initiative, qu'elle appelle « professionnalisation » s'est révélée être un succès.

« C'est un très bon départ, qui ouvre la voie au développement du tennis en Chine », dit-elle.

« Mais vous n'avez pas idée de la pression et des risques auxquels nous avons fait face depuis la mise en place cette réforme ».

Comme on pouvait s'y attendre, Madame Sun reste circonspecte sur l'autorisation de laisser plus de jeunes joueurs chinois emboîter le pas du quatuor, disant que l'ancien système procure tout au moins aux une sécurité aux jeunes joueurs « qui ne sont pas assez forts pour survivre sur le circuit hautement compétitif de la WTA ».

Que l'on me permettre d'être en désaccord sur ce point. Je pense que les jeunes joueurs qui promettent devraient être lâchés dans la nature aussitôt que possible afin qu'ils puissent grandir en expérience en éprouvant les heurs et malheurs du circuit (quand Li Na et Zheng Jie ont quitté le système, elles avaient respectivement 26 et 25 ans).

Tout comme on élève des enfants, on ne peut les garder sous son aile éternellement. La meilleure façon pour eux de grandir est de leur donner des ailes et de les laisser prendre leur envol.

Donc, une fois encore « en avant, petite soeur, bravement... »

A Melbourne, les "fleurs d'or" chinoises créent la sensation

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
C"est perdu, mais on nous explique que c"est gagné? … ah, l"Asie :)
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