100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>SportsMise à jour 06.05.2010 13h23
Théophile Abega, ancien Ballon d'or africain, revisite la première épopée du Cameroun (REPORTAGE)

Dans son bureau de la commune urbaine de Yaoundé 4e où Théophile Abega occupe les fonctions de maire, pas une seule photo rappelle sa présence dans la sélection camerounaise ayant participé à la Coupe du monde de 1982 en Espagne.

"Je n'oublierai pas de si tôt ce moment important de me vie de footballeur, car cette Coupe du monde a été la première et la dernière de ma carrière", a affirmé à Xinhua l'ancien capitaine des Lions Indomptables du Cameroun et Ballon d'or africain en 1984.

En fait, celui que le public et les chroniqueurs sportifs camerounais de l'époque célébraient comme un footballeur au jeu de hanches exceptionnel et sensationnel dit ne plus aimer parler du football.

"Je fais maintenant de la politique, c'est par elle et grâce elle que je vis actuellement", informe M. Abega, témoin du parcours du Cameroun à sa première participation à la phase finale de la Coupe du monde, le Mondial espagnol de 1982.

Eliminé au premier tour au terme de trois rencontres de poule avec trois points et sans la moindre défaite, le Cameroun aurait pu aller loin dans cette compétition, selon lui.

"Nous allions dans l'inconnu dans cette Coupe du monde. Nous ne connaissions pas nos adversaires. Si oui, par les noms (Pérou, Pologne, Italie). A l'époque, le Cameroun n'avait pas encore une chaîne de télévision qui pouvait nous permettre de les connaître davantage, encore moins de savoir comment ils jouaient", relève-t- il.

Contre le Pérou, leur premier adversaire de la poule A, les poulains de Jean Vincent, technicien français, arrachent un nul (0- 0). Ce score, à en croire Théophile Abega, traduisait le sentiment d'avoir eu peur inutilement pour cette sélection africaine. "Nous avions finalement eu l'impression que nous n'étions pas les derniers et que nous étions même les plus forts après ce match", raconte avec nostalgie l'ancien international camerounais.

Roger Milla, le dossard No.9 la sélection du Cameroun, inscrira d'ailleurs un but refusé par l'arbitre central. "Ce but ne souffrait d'aucune irrégularité", dit M. Abega.

Le même score va solder la rencontre face à la Pologne. Malgré quelques difficultés à l'entame du match, les Camerounais malmè neront leurs adversaires en deuxième période, mais sans marquer de buts. "Nous aurions dû battre la Pologne par 4 buts d'écart. C'est la rencontre que je regrette le plus dans cette compétition", affirme-t-il.

Face à l'Italie, future championne du monde deux semaines plus tard, le Cameroun égalisera à la 61e minute par Grégoire Mbida, une minute après le but de la Squadra Azzura. "L'Italie n'a jamais été la grande Italie pour nous. Après avoir observé nos deux rencontres, elle avait peur de nous. Dans les vestiaires avant la rencontre, nous percevions cette peur", raconte Théophile Abega alias "Docteur ".

Cette prestation en demi-teinte, M. Abega l'attribue à la strat égie non offensive de l'entraîneur Jean Vincent. "J'ai la nette impression qu'il était venu avec une idée arrêtée : faire mieux que le Zaïre en 1974 en évitant de prenant des risques. Les consignes étaient de ne pas monter, chacun gardant son compartiment en procédant par des longs ballons vers l'avant ", dit-t-il.

Le Zaïre, pays d'Afrique centrale, devenu en 1997 République dé mocratique du Congo (RDC), avait reçu une raclée (0-9) devant la Yougoslavie lors de la Coupe du monde de 1974 jouée en République fédérale d'Allemagne (RFA). Pour Théophile Abega, le Cameroun avait une double mission, celle d'étaler le talent de la sélection camerounaise, l'une des meilleures d'Afrique à l'époque, et celle de rehausser l'image du continent noir écornée 8 ans plus tôt.

Recruté quelques semaines avant la compétition, l'entraîneur camerounais n'avait pas eu le temps de connaître le potentiel de son effectif. "Nous ne le connaissions pas assez, il ne nous connaissait pas non plus assez", fait-il remarquer.

Le regard porté sur les joueurs camerounais par le public espagnol était empreint de pitié parce que, dit-il, leur pays allait "être corrigé " (largement battu) par ses adversaires. Aprè s la première rencontre, le Cameroun était finalement devenu l' objet d'admiration de la part du public. "Je suis plus déçu aujourd'hui qu'immédiatement après la Coupe du monde. Quand il m' arrive de visionner les cassettes de cette compétition, je conclus vite qu'il n'y avait que le Brésil qui pouvait nous arrêter", affirme-t-il.

D'ailleurs, deux des trois adversaires du Cameroun étaient arrivés dans le dernier carré de la compétition, la Pologne en demi-finale et l'Italie vainqueur en finale.

Chaque joueur camerounais avait reçu une prime de un millon de francs CFA (environ 2.000 dollars US), soit 250.000 francs CFA (environ 500 dollars US) par match en plus des bonus accordés par le chef de la délégation camerounaise.

"C'était la première fois de ma vie de toucher un million de francs CFA. C'était énorme pour moi et pour chacun de nous, joueurs amateurs", dit-il, sans oublier l'accueil chaleureux qui leur avait réservé par le peuple camerounais du retour du mondial espagnol. La sélection ne comportait que trois footballeurs professionnels : Roger Milla, Jean-Pierre Tokoto et Paul Bahoken qui menaient carrière en Europe.

28 ans après, entre la simple joie de participer et les enjeux financiers dominant du 21e siècle, l'ancien dirigeant du Canon sportif de Yaoundé estime que le patriotisme et l'envie de dé fendre les couleurs nationales demeurent intacts chez les athlètes du pays, qui est à sa sixième participation à la phase finale de la Coupe de monde de football, après l'Espagne en 1982, l'Italie en 1990 où il avait été la première nation africaine a atteindre les quarts de finale, les Etats-Unis en 1994, la France en 1998, Corée-Japon en 2002 puis l'Afrique du Sud en 2010.

Il déclare croire aux chances du Cameroun à la Coupe du monde sud-africaine prévue du 11 juin au 11 juillet 2010. "A condition qu'un climat de sérénité règne au sein de la sélection", avise-t- il. Il souligne aussi que le temps est venu pour le continent africain de remporter son premier trophée. "Nous devons absolument gagner cette coupe ", indique-t-il, recommandant l'unité du public africain pour les toutes équipes africaines.

"Si nous ne saisissons pas cette occasion, il faudrait attendre longtemps avant de voir un pays africain remporter la Coupe du monde ou organiser de nouveau cette compétition", conclut-il.

Source: xinhua

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Wen Jiabao appelle les jeunes à "avoir les pieds sur terre"
Le président chinois encourage les étudiants à contribuer à la modernisation
La faible émission de carbone devient un nouveau moteur de la création d'emplois
Pourquoi les nouveaux riches de Chine sont aussi détestables
John Hennessy : il faut à la Chine au moins vingt ans pour pouvoir établir des universités de classe mondiale
Pour que notre monde devienne meilleur (éditorial)
De précieux hôtes venus d'Europe