Moeurs et coutumes

La nourriture de base des Tibétains est une espèce d'orge, appelée qingke. Leur repas ordinaire est simple : on prend un mélange de farine d'orge, de lait et de beurre de yark, appelé zamba, avec une tasse de thé au beurre, quelquefois de la viande (de mouton ou de yack), des légumes ou l'alcool de paumelle. Avant de boire, les Tibétains doivent enduire de beurre le bec de la théière et le bord du bol comme une pratique religieuse.

Avant de préparer zamba, il faut griller les grains d'orge de manière qu'ils dégagent une odeur agréable. Puis on les broie avec la meule. Le beurre tibétain est extrait du lait de yack ou de brebis. Enfin on mélange la farine d'orge, le lait et la beurre de yack dans un récipient.

Pour préparer le thé au beurre, on infuse d'abord un morceau de brique de thé de Sichuan ou de Yunnan avec l'eau bouillante. On y met après du beurre de yack et du sel. Quand le beurre est tout à fait fondu, le thé peut être consommé. Riche en vitamines, lipides et protéines, cette infusion peut apaiser la soif et la faim, et prévenir la gerçure des lèvres, mal fréquent chez les habitants des régions froides. Les Tibétains accordent plus d'importance au thé qu'au repas.

L'hospitalité des Tibétains est proverbiale. Lorsque l'on rend visite à un foyer tibétain, l'hôte lui offre de prime abord une tasse au beurre de yack en signe de bienvenue. Il le retient ensuite pour partager un repas.

Lorsqu'une personnalité vient, on lui présente un hada des deux mains, en se courbant devant elle en signe de respect. Celui qui que le reçoit doit aussi l'accepter des deux mains en s'inclinant de la même façon.

L'offre du hada, une longue écharpe de soie ou de coton, est la courtoisie que les Tibétains font pour vénérer le Bouddha (ou le Bodhisattva), la personne aînée ou l'homme d'importance. Dans les deux premiers cas, on doit s'incliner plus bas, élevant le hada des deux mains au-dessus de la tête avant de le déposer dans les mains de l'autre ou de le lui passer autour du cou parfois.

Du temps ancien, les fonctionnaires tibétains devaient offrir le hada à leur supérieur direct en fonction de leur propre grade. Sinon ils passent pour avoir commis une infraction à la règle de politique. Pour les gens simples, ils ont la liberté d'en présenter selon leurs ressources.

Le tissu et la couleur du hada varient selon le statut social de l'offreur. Il y en a cinq couleurs : blanche, bleue claire, bleue foncée, jaune et polychrome (généralement cinq couleurs). On offre le plus souvent le hada blanc, qui symbole la pureté, la sincérité et la justice, surtout chez ceux qui vivent dans les montagnes enneigées. Mais pour le hada blanc, on en distingue trois sortes : Neikou, Axi et Suxisortes, selon leur étoffe, grandeur et motif décoratif.

Le hada en cinq couleurs, qui évoque la doctrine bouddhique et la robe du Bodhisattva, n'est présenté que dans des circonstances particulières.

Dans les régions agricoles, les gens sont sédentaires. Ils occupent des maisons à un étage, bâties en pierre ou en pisé, ou en ces deux matières. Le toit est plat, recouvert de branches d'arbres et d'une couche de terre battue pour assurer son étanchéité. Le travail de compactage de cette couche incombe aux femmes. Sur le toit, on y fait sécher des céréales et du fourrage. Le rez-de-chaussée, rudimentaire, sert généralement d'étable et d'entrepôt. Avec les murs badigeonnés en blanc et la bordure de la toiture et le cadre des fenêtres, peints en noir, la maison à la tibétaine ressemble à la forteresse, si l'on la voit de loin.

Au fond de la pièce, se place une niche à Bouddha avec des soutras, qui fait face à la porte. En dehors de la maison, flottent des drapeaux de prière en cinq couleurs (vert, rouge, jaune, blanc et noir) qui correspondent aux cinq éléments composants du monde physique (bois, feu, terre, métal et eau). L'ameublement est très simple. Pas de chaises, les coussins servant de sièges. Les objets de première nécessité sont rangés dans des armoires ou dans des sacs de cuir. On prend le repas autour d'une petite table basse et rectangulaire.

Les berges sont nomades pour la plupart. Ils passent d'un pacage à l'autre, avec des troupeaux et des yourtes portées à dos de yack.

La tente est tendue sur des supports rigides et fixée par des piquets dans le sol. Son ouverture, selon la tradition ancestrale, doit donner sur l'est où se lève le soleil. Un foyer se trouve au centre de la tente. La partie sud est réservée aux femmes et à la cuisine. Les hommes occupent la partie nord, destinée également à la réception des visiteurs.

Le matériau et la couleur de la tente varient selon ses usages. La tente noire est la plus courante. Elle est faite par un assemblage de nombreuses bandes tissées en poil de yack, de 25 cm de large pour chacune et bordée de blanc, avec des fentes d'aération. Cette tente est imperméable et bien isolée thermiquement.

La tente en laine de mouton est employée dans les vastes pâturages où les troupeaux font de courts déplacements. Elle sert aussi, au printemps et en été, de bergerie de fortune aux bêtes prêtes à mettre bas.

La tente en toile blanche, légère et facilement portable, est destinée aux excursions estivales.

Depuis la pratique de la nouvelle politique, une partie de bergers ont abandonné la vie nomade pour se sédentariser.


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