Xigaze

La préfecture de Xigaze est aussi appelée le « Tibet postérieur », où se dresse le mont Qomolangma (8 848 m), point culminant du globe.

Sa ville, du même nom, est située à 150 km au sud-ouest de Lhasa. Elle est la seconde ville du Tibet, construite dans une petite plaine alluviale. C'est là que résidaient les Panchen Lamas. La préfecture compte de nombreux monuments historiques : le monastère Tashilumpo, le temple Shalou, le monastère Sagya et le monastère Baiju.

Monastère Tashilumpo

Monastère Tashilumpo

Le monastère Tashilumpo, un des six grands centres du lamaïsme, fut fondé, d'après les archives, par un frère de Tsongkhapa (fondateur de la secte jaune), Gendub Zhuba, premier Dalaï-Lama sous les Ming (en 1447). Après le décès de ce dernier, la construction s'y poursuivit, mais plus tard sous la responsabilité des Panchen Lamas successifs (notamment les quatrième, cinquième et sixième).

La Grande Salle « Cuoqing dadian » contient plusieurs pagodes funéraires de Panchen Lamas. Mais la plus grande du monastère se trouve dans une autre salle « Jueganxia dian ». C'est celle du Panchen Lama VI, enrobée de feuilles d'argent incrustées de pierreries. Tout près se trouvent de nombreuses autres pagodes précieuses.

La Salle est ornée, sur les quatre murs, de fresques des Ming, qui représentent Tsongkhapa, Sakyamuni et 18 luohan. A son côté, ce sont quatre salles d'archives et quarante « Kang cun », salles réservées aux lamas. Les autres salles abritent des statues bouddhiques splendides, des porcelaines, des bronzes, des verreries, des émaux, des sceaux et des documents, qui datent des Ming ou Qing, et pour certains, des Yuan.

Monastère Shalou

Monastère Shalou

A la différence des autres, le monastère Shalou est enserré par les bois et la végétation sauvage. Il fut construit en 1087 selon les archives. En 1320, sous les Yuan, le Maître de la Loi Budan prit sa tête. Ses adeptes s'appelaient la secte Budan, ou secte Shalou, d'où vient le nom du monastère. En 1333, de grands travaux de réparation s'y effectuèrent. Les structures de bois que l'on y voit actuellement datent de cette époque.

Le style architectural du monastère est particulier : un mariage de style chinois et de style tibétain. Les édifices conservent la couverture de tuiles originelle : des tuiles de verre à dorures et à ornementations antiques (animaux, figures...)

Les fresques en sont très magnifiques et en état de bonne conservation. On peut dire qu'elles comptent parmi les plus belles et les plus anciennes du Tibet.

Dans la véranda entourant la cour devant la Grande salle, une série de fresques représentent, sous le titre « les travaux et les jours », les labours des champs, les moissons, la poterie, le tissage, la chasse, etc.

Monastère Sagya

Monastère Sagya

Situé à 170 km au sud-ouest de Xigaze, le monastère est un grand centre religieux. Il comprend deux parties, l'une au sud, l'autre au nord. La première, bâtie en plaine, est un bloc monumental entouré de murailles rectilignes. La seconde s'adosse à la montagne, avec un empilement d'édifices, large en bas et effile vers le haut, dans le style tibétain caractéristique. Le monastère fut d'abord dirigé par Sagya. L'enceinte et les divers bâtiments que l'on voit de nos jours furent construits sous la direction de son successeur Benqin. Toutes les constructions, en état de parfaite conservation, gardent l'aspect originel des Yuan.

L'ensemble architectural de la partie sud date de 1268. Il comprend la Grande Salle des Sutras et de nombreuses autres salles qui l'entourent. La grande salle abrite, sans compter d'innombrables statues splendides, des porcelaines surtout des Qing, mais aussi des Ming et des Yuan, des objets de culte précieux, des brocarts... Ses rayons sont chargés de plusieurs milliers de volumes de sutras, dont certains sont rarissimes.

La partie nord date des Song (1079). La Grande Salle en est le gros. La plupart des toitures sont rehaussées d'or sous les Qing, et les structures conservent toujours le style originel. Les statues qu'elle contient sont magnifiques, celles des bodhisattvas en particulier, ainsi que les fresques des Yuan.

A cause d'un pillage de jadis, le monastère n'a pas autant de trésors et d'objets rares. Il y reste des objets datant des Yuan et des Ming.

En revanche, la bibliothèque du monastère est la plus ancienne et la plus riche du Tibet. Celle de la partie sud renferme, non pas des sutras, mais des oeuvres diverses, des chroniques des traités d'astronomie, de médecine et certaines chroniques de lamas célèbres. Ces ouvrages, au total de plus de 2 500, sont pour la plupart de l'époque des Yuan ou Ming.

La bibliothèque de la partie nord conserve les textes sanskrits, chinois, mongols, etc (2 000 volumes environ), ainsi que des commentaires, des gloses, de caractère purement religieux, de toute première importance.


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