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Français>>TourismeMise à jour 06.07.2010 10h53
Les touristes chinois affluent vers le Japon pour relancer son économie
Les clients chinois discutant avec une vendeuse, lorsqu'ils achètent un appareil photo numérique dans le magasin Yodobashi Camera dans le district d'Akihabara à Tokyo.

Un touriste chinois âge de 36 ans a sauté sur l'occasion : pour quatre montres de luxe de la marque Seiko, il sort 4500 dollars en espèces dans un magasin chic du centre de Tokyo.

«L'une est pour moi, et l'autre est pour mon père. Les deux autres, c'est pour mes amis», affirme Li Jun, un commercial dans l'informatique, originaire de Shanghai.

Pas de temples bouddhistes ou de jardins japonais tranquilles au programme. Li et sa femme sont au Japon pour une seule mission: le shopping.

«Nous voulons acheter des produits japonais parce qu'ils ont la réputation d'être de bonne qualité», indique Li. «Nous sommes ici pour faire du shopping, et non pas pour faire du tourisme ».

Pendant des années, les voitures japonaises et les entreprises de l'électronique ont connu une expansion en Chine : son économie a véritablement explosé et cela lui a permis de compenser la faible croissance à l'intérieur du pays.

Mais maintenant, l'économie languissante du Japon est aidée par des centaines de milliers de touristes chinois, qui affichent leur bonne situation économique et achètent les grandes marques japonaises, allant des appareils photo numériques Canon jusqu'aux produits de beauté Shiseido.

L'année dernière, 481696 touristes chinois ont visité le Japon, une hausse record représentant près de 20 % par rapport à 2007, selon l'Organisation nationale du tourisme du Japon. Bien qu'il soit difficile de mesurer l'impact précis des dépenses des touristes chinois, ils sont chaleureusement accueillis par les vendeurs japonais en pleine crise de consommation.

«Les Chinois sont comme des sauveurs pour nous. Je n'ai jamais vu des touristes étrangers dépenser autant que les chinois», reconnait Takeshi Araki, un vendeur de produits électroniques dans le magasin Yodobashi Camera Co. Ltd, qui se trouve en plein quartier hi-tech d'Akihabara à Tokyo. Dans ce quartier, des milliers de néons clignotent et les haut-parleurs orientés sur la rue diffusent des chansons populaires.

Avec le vieillissement de la population et la crise, le Japon, la deuxième économie mondiale, va devenir de plus en plus dépendant du gros consommateur qu'est la Chine, et Tokyo s'en rend compte.

Le Japon compte d'ailleurs assouplir les restrictions sur l'obtention des visas de tourisme à partir du 1e juillet pour les chinois résidant en Chine continentale, espérant attirer davantage de visiteurs, et leurs gros portefeuilles.

« L'économie chinoise est en plein essor, et la demande de la Chine pour le tourisme à l'étranger, en particulier parmi les personnes riches, est sur le point d'exploser», explique Kouichi Ueno, représentant en charge de la promotion du tourisme international à la Japan Tourism Agency, dirigée par le gouvernement japonais.

Grâce à des années de croissance rapide, la Chine est devenue désormais la quatrième puissance mondiale avec le plus grand nombre de milliardaires après les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne, selon l'enquête menée par Merrill Lynch Wealth Management / Capgemini.

Pour tirer profit de la croissance et de la richesse en Chine, Tokyo va commencer à délivrer des visas touristiques aux chinois détenteurs de cartes «gold ». Il s'agit des cartes de crédit, accordées à ceux qui ont un niveau de revenu supérieur à 60000 yuans (8800 dollars) par an.

Le niveau des revenus a été abaissé, car avant, le seuil imposé était de 250000 yuans (37000 dollars) par an. Ce seuil était maintenu pour empêcher les personnes avec des revenus dits faibles de venir au Japon pour y rester en situation irrégulière, faute de manque de moyens pour rentrer chez soi.

Les exigences actuelles des services diplomatiques japonais restent cependant bien au-dessus de ce que peut gagner un citadin chinois ordinaire, dont le revenu annuel ne dépassait pas 19000 yuans (2800 dollars) l'année dernière.

Pour les touristes chinois, le shopping est l'activité la plus populaire au Japon. Pour Zhang Qin, une touriste pékinoise âgée de 31 ans, la principale raison de la popularité des produits japonais, c'est leur bonne qualité.

Elle a acheté quatre appareils photo numériques japonais pour 560000 yens (6300 dollars) chez Yodobashi Camera. Bien que des produits similaires sont également en vente en Chine, Zhang dit qu'elle se méfie des contrefaçons.

Elle ajoute qu'elle n'a visité aucun site touristique lors de son voyage de cinq jours à Tokyo. «J'étais trop occupée avec le shopping », dit Zhang.

Ginza, le quartier commercial chic de Tokyo a également connu une reprise avec l'afflux des acheteurs chinois.

«Les Chinois ne font pas du lèche-vitrine à Ginza. Ils sont à Ginza pour acheter, et leurs achats vont des produits des marques internationales comme Burberry aux fabricants des produits de beauté japonais, comme Shiseido», explique Masatoshi Nitta, gestionnaire à la division de vente du grand magasin Mitsukoshi à Ginza, l'une des marques les plus réputées au Japon.

Pour encourager les consommateurs chinois, Mitsukoshi est devenu le premier grand magasin du Japon à accepter les cartes de débit chinoises : celles qui portent le sigle China Union Pay.

Ces cartes peuvent également être utilisées pour retirer de l'argent dans les distributeurs automatiques japonais. La valeur totale des transactions par ce type de cartes de débit a atteint 20 milliards de yens en 2009 au Japon, alors qu'elle représentait 2,7 milliards de yens en 2007, selon une enquête de Mitsui Sumitomo Card.

Un groupe de sociétés japonaises faisant la promotion des voyages chinois estime que les sommes dépenses par les touristes chinois vont presque quadrupler, passant à 430 milliards de yens en 2012, alors qu'elles représentaient 120 milliards de yens en 2008.

En voyant la croissance en flèche de l'économie chinoise, Ueno de Japan Tourisme Agency dit que le gouvernement devrait inciter les voyageurs chinois à revenir plusieurs fois au Japon.

«Nous voulons que les touristes chinois soient plus curieux et en apprennent plus sur le Japon. Nous voulons qu'ils quittent Tokyo et dépensent également leur argent ailleurs. Tout cela n'est qu'un début », dit-il.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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