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Français>>TourismeMise à jour 27.08.2010 16h56
Le secret le mieux gardé du Tibet

Le Comté de Nedong, au Sud-Est de Lhasa, est une oasis de tranquilité. C'est l'endroit où se trouve le premier palais de la région, et c'est aussi son premier village, ainsi que Qi Xiao l'a découvert.

Prendre un bus tôt le matin avec une douzaine de Tibétains dans le Comté de Nedong a quelque chose d'irréel. Et les écouter avoir des petites conversations entre eux dans leur langue maternelle semble encore plus irréel. Si cette course matinale est chose courante pour les habitants locaux occupés vaquer à leurs tâches quotidiennes, pour quelqu'un de l'extérieur, comme moi, qui débarque dans le coeur de la Région Autonome du Tibet, c'est une expérience entièrement nouvelle.

Le mois d'août est la saison des récoltes au Tibet, et le temps y est alors des plus agréables. Le climat frais est une échappatoire parfaite pour fuir la chaleur écrasante qui règne dans d'autres parties du pays. Le mystérieux Tibet devient alors encore plus attirant pour les voyageurs.

De la capitale densément peuplée Lhasa à la zone occidentale d'Ali, où les habitants sont plus rares, des hordes de touristes, tant chinois qu'étrangers, se rencontrent partout. Et à ce moment, les prix des hôtels, tout comme celui des billets d'entrée sur les sites populaires, comme le Palais du Potala, commencent aussi à monter.

L'oasis de tranquilité du Comté de Nedong, dans la Préfecture de Shannan, une zone située au Sud-Est de Lhasa et connue pour être le berceau de l'histoire et de la culture tibétaines, offre un répit bienvenu. Bien que le Comté de nedong, centre culturel et administratif de Shannan, ne soit qu'à 200 km de Lhasa et à quelque 100 km de l'aéroport principal de la région, peu de touristes le connaissent.

Et de fait, après une demie-heure de route vers le Sud sur la route asphaltée à deux voies, qui conduit à la zone frontière sino-indienne, je n'ai pas vu le moindre autocar de tourisme.

Quand le bus arrive à son arrêt final, on ne voit guère qu'une poignée de visiteurs, et certains sont déjà en train de peiner sur l'abrupt sentier de montagne, à mi-chemin de leur destination finale, le Yumbulagang, le premier palais jamais construit au Tibet.

Acrobatiquement perché au sommet du Mont Tashitseri, qui domine la vallée de la rivière Yarlung, et considéré comme l'endroit d'origine de la civilisation tibétaine, le palais a été construit il y a plus de 2 000 ans par Nyatri Tsenpo, littéralement « le Roi par le Cou », premier roi tibétain.

La légende dit que, un jour, un jeune homme d'allure étrange est descendu dans la vallée. Quand les chefs de tribu locaux lui ont demandé d'où il venait, il n'a cessé de désigner le ciel, car il ne pouvait les comprendre. Les chefs ont décidé qu'il devait avoir été envoyé par le ciel, ils l'ont porté sur leurs épaules, et l'ont couronné comme Nyatri (« cou » en tibétain) Tsenpo (« Roi »).

Les historiens ont dit par la suite que Nyatri Tsenpo venait en fait du comté de Bomi, dans le Sud-Est du Tibet.

Pour les personnes en quête de magnificence, la première impression donnée par ce palais peut être assez décevante. On est en effet en droit de se demander comment cette structure de trois étages a pu abriter des rois tibétains et servir ensuite de résidence d'été au puissant Songtsen Gampo et à son épouse, la Princesse Wencheng.

Un camelot du coin, qui n'a pas souhaité donner son nom, prend un air de philosophe en méditant sur cette question.

« Tout le monde se bouscule pour aller au Palais du Potala, et c'est parfaitement compréhensible d'ailleurs, du fait de sa grandeur et de son statut », dit-il. « Mais le Potala, et divers autres endroits du même genre, ne sont en fait qu'une série de Yumbulagangs ».

Les visiteurs reconnaitront vite l'emplacement stratégique du Yumbulagang – il est facile à défendre et bien placé pour résister aux fréquentes coulées de boue qui autrefois dévastaient la vallée de la Rivière Yarlung – et s'émerveilleront de la sagesse de Nyatri Tsenpo. Rien d'étonnant à ce qu'il ait pu unifier les tribus en guerre dans cette zone et devenir roi.

Beaucoup de visiteurs achèveront aussi leur périple ici. Il est d'ailleurs naturel qu'ils portent leurs yeux vers le haut, vers le palais où habitèrent des rois, plutôt que vers le bas.

Pourtant, c'est juste au pied de la montagne où est perchée le Yumbulagang, de l'autre côté de la route touristique régulière, que se niche le premier site agricole et le premier village du Tibet, Yarlung Suoka.

Au sud du village, juste à côté de la route, deux vaches paissent nonchalament. Sur l'un des côtés, une tablette de pierre recouverte de pièces de tissu porte des inscriptions en tibétain, en chinois et en anglais, attestant de sa valeur historique.

De l'autre côté de la route, blé et orge, soigneusement mis en bottes, s'étendent sur des champs qui n'en finissent pas.

S'il n'y avait la maison de briques de style tibétain bien caractéristique, on pourrait bien se croire dans le Midwest américain.

Sous le soleil de ce début d'après-midi, le village, qui abrite quelque vingt familles, semble totalement déserté, à part de temps à autre les aboiements d'un chien ou les cris d'un coq. Mais, alors que tourne à un coin, j'aperçois alors un groupe de villageois dans une grande cour, appuyés contre un petit mur, assis à l'ombre de deux arbres situés au bord de la route et en train de siroter leur thé de l'après-midi.

« Ici, c'est chez moi », dit Geduo, âgé de 39 ans. Pourtant je ne vois pas la moindre porte, seulement des murs. Ce sont tous des descendants des premiers villageois.

« On voit rarement des visiteurs ici », dit Dawa Ciren, âgé de 55 ans. « Ils vont toujours au Palais ».

Il dit qu'ils vivent ici depuis aussi longtemps que lui – ainsi que, sur ce sujet, son père et son grand-père- puissent s'en souvenir.

« Une centaine de générations ? » Se marmonne-t-il à lui même. « Je ne sais pas ».

A part le tracteur dans la cour de Geduo et quelques autres machines agricoles, le village semble comme être tout droit sorti de l'antiquité.

Pour autant, ce manque de modernité ne semble guère déranger les habitants, pas même Yangjin, âgée de 24 ans, la plus jeune du groupe, qui est revenue au village après avoir fini ses études au lycée.

Quand on lui demande pourquoi elle n'a pas continué ses études pour aller, par exemple, à l'Université du Tibet à Lhasa, elle répond : « Ce n'est pas que je ne voulais pas, c'est juste que préfère encore ma vie à la campagne ».

Geduo intervient dans la conversation et désigne sa cour et les champs de l'autre côté de la route. « La voilà, notre université », déclenchant une salve de rires francs de la part des autres.

Il est à peine trois heures de l'après-midi, mais déjà, Geduo et ses compagnons se préparent à retourner à leur « campus ».

Pour leur vie de tous les jours, et en particulier les travaux agricoles, ils dépendent encore largement du lever et du coucher du soleil. Ici, la montre est un accessoire superflu...

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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