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Français>>TourismeMise à jour 17.03.2011 17h00
Tourisme : attraction autour des pygmées et de curieux hippopotames dans l'est du Cameroun (REPORTAGE)

Le délégué régional du Tourisme, Soulemanou Mbohou, et son collaborateur Emmanuel Guelet en parlent avec un entrain débordant : de curieux hippopotames comme issus d'un conte de fées, hébergés par deux mares appellent à la découverte dans l'est du Cameroun, de même que les atypiques populations pygmées qui attirent des touristes.

Respectivement à plus de 130 km et près de 200 km de Bertoua, la principale ville de l'est distante de 343 km de Yaoundé, la capitale du pays, les mares de Lala dans l'arrondissement de Ketté et de Mepouta à Ndélélé passent pour d'exceptionnels sites touristiques, avec pour particularité le fait que les nombreux hippopotames qu'elles abritent sont plutôt des totems, révèlent ces responsables.

A en croire Guelet interrogé par Xinhua, lorsqu'une native de cette région, en particulier dans le village Mepouta, décède, n'importe où dans le monde, trois jours après elle se mue en hippopotame en gardant les signes particuliers sur son corps et revient dans le village pour montrer maintenant sa mutation en animal et conserve ainsi son nom qu'elle avait de son vivant.

"Ça fait donc que sur ce site, le guide qui est là les ( hippopotames) connaît particulièrement et il peut les appeler chacun par son nom : Ngoya, Pauline, Joséphine. Et l'animal sortira pour montrer son nouveau corps. Ce site a été rétrocédé au Tourisme par les missionnaires, parce que ce sont les premiers qui découvrent quelque chose de curieux dans la localité avant de nous transmettre ça", a expliqué le chef du service de l'action promotionnelle de la délégation régionale du Tourisme.

Le délégué régional fait état d'"une population importante d'hippopotames autour des deux mares", précisant que " l'administration du Tourisme a entrepris depuis plusieurs années, au gré des moyens mis à sa disposition, d'aménager ces mares pour permettre aux touristes et autres visiteurs de pouvoir voir ces hippopotames s'ébattre dans ces mares qui sont le long de la Kadey ".

L'escapade est tentante, seulement les aménagements évoqués des sites n'ont été que temporaires, aucune action sur la durée n'a été entreprise, à commencer par l'entretien des voies d'accès. Conséquence : pour le visiteur qui entreprend le déplacement, "il faut avoir une voiture robuste", affirme sans ambages Mbohou.

A 8 km de la route en cours de bitumage qui relie Bertoua à la capitale camerounaise, le village des pygmées de Mayos dans l'arrondissement de Dimako n'est pas non plus épargné par les péripéties de voyage. Mais loin du vacarme urbain, il n'est pas peu fier de l'intérêt que suscite sa petite communauté de 350 âmes, en majorité baka, composante plus connue sous l'appellation de pygmée.

Avec ses 300 Baka contre seulement 50 Bantou, Mayos constitue en fait un campement pygmée à mi-chemin entre la modernité et la tradition. Bien que dominé par un habitat qui épouse désormais les modes de vie du monde contemporain, leur cadre de vie reflète encore à l'envi la vieille et atypique civilisation par laquelle se définissent ses principaux habitants.

Arrêt sur images : à l'esplanade du "centre multiculturel de Mayos" associant un "musée d'art baka", une réalisation de l'Ong ( organisation non gouvernementale) Plan Cameroon "en partenariat avec la communauté baka et le gouvernement du Cameroun", se dresse allègrement une case couverte de feuilles végétales, appelée en langue locale mougoulou. C'est une des principales identités remarquables de ce peuple de la forêt, vivant essentiellement de chasse et de cueillette.

"La construction de cette case se fait en deux jours. Il peut y avoir 6 ou 10 personnes qui habitent là dedans. On aime notre case parce que ça nous chasse aussi les moustiques. A l'intérieur, ça chauffe. Pendant la saison sèche, on ne peut pas faire le feu de bois à l'intérieur, pour éviter que ça brûle. On allume le feu à l'extérieur", a décrit à Xinhua un membre de la communauté, Jean Otto.

Une visite du musée d'art laisse découvrir un large éventail, allant des objets sculptés servant pour la chasse, la cueillette, la cuisine aux crânes d'animaux (gorilles et chimpanzés) dont l'usage intervient dans la pharmacopée traditionnelle pour laquelle les pygmées sont justement réputés d'avoir un savoir- faire incomparable.

"C'est la communauté la plus ancienne, qui vit ici depuis les années 60. Elle essaie de s'intégrer dans la vie sociale. Par exemple au point de vue de l'agriculture, ils essaient de faire comme les autres. Ce sont leurs plantations que vous voyez autour du village", a fait savoir leur encadreur, Noël Olinga, par ailleurs animateur d'une association dénommée Okani.

"Ils essaient déjà aussi d'envoyer leurs enfants à l'école comme tout le monde le fait, malgré l'état de pauvreté ici, jusqu'au cours moyen II. Les parents n'ont pas assez de moyens pour pouvoir les envoyer dans les centres de formation, dans les lycées et collèges au niveau secondaire", a ajouté cet homme né d'un père bantou et d'une mère baka, symbole des mariages mixtes entre les deux groupes sociaux.

Dans le village, les visites des touristes en l'occurrence occidentaux sont légion. Envoyé par l'Ong Insightshare, le Britannique Jean-Luc Blakey s'y est établi depuis deux semaines pour un séjour de deux mois présenté comme un stage de formation à la vidéo participative à destination de sa communauté d'accueil.

"On apprend aux gens à faire des films avec le but de changements positifs dans la société. On fait des films sur les changements climatiques, sur l'éducation, la corruption dans la gestion des ressources forestières. On veut changer ces choses. C'est la première fois que je viens au Cameroun. Tout le monde est très gentil. Ils me donnent à manger, ils me logent", a-t-il affirmé.

Eu égard à son potentiel, l'est du Cameroun aurait pu être une destination touristique privilégiée. "La région de l'est est la plus vaste du Cameroun. Elle recèle une grosse partie des ressources naturelles de ce pays. Tous les types de tourisme en vogue à l'heure actuelle peuvent se pratiquer, sauf peut-être l'ascension des grandes montagnes", remarque le délégué régional du Tourisme.

"Mais, pour changer, nous pouvons proposer l'ascension des hautes cimes des arbres que nous avons ici dans la forêt, la visite de la canopée ; c'est aussi intéressant que la visite de la haute montagne", avance Mbohou, insistant que l'avenir de l'écotourisme dans le pays, c'est toujours dans cette région qui abrite des espèces animales protégées comme les gorilles, les chimpanzés, les éléphants, les antilopes, les pangolins géants, etc.

"L'est compte 5 à 6 aires protégées : le parc national de Deng Deng, le parc national de la Lobéké, le parc national de Boumba Mbeck, le parc national de Nki et la réserve de biosphère du Dja, patrimoine mondial de l'UNESCO. Il n'y a aucune autre région qui dispose d'autant d'aires protégées", explique le responsable camerounais qui, cependant, déplore l'enclavement de la région puis l'insuffisance de ressources humaines et financières qui ne sont pas pour favoriser la promotion des activités de ce secteur.

Officiellement, sur les quelque 500.000 touristes déclarés par les autorités sur l'ensemble du territoire camerounais, l'est en a dénombré près de 130.000 en 2009, d'après Soulemanou Mbohou pour qui "c'est sûr que pour 2010 on a dépassé les 150.000".

Source: xinhua

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