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Français>>TourismeMise à jour 30.03.2012 08h50
Des souvenirs à problèmes pour une famille de touristes chinois en Turquie

Du Chengyi et sa famille de trois personnes, originaires de Shanghai, ont dû passer six jours supplémentaires à Antalya, en Turquie, pour comparaître en justice après avoir été accusés de contrebande de vestiges culturels au cours de leur voyage.

Les problèmes sont nés d'un fragment de pierre qu'il a acheté pour 20 Euros (27 Dollars US) chez un vendeur sur un site pittoresque.

« Elle (la pierre) ressemblait à n'importe quel morceau de marbre ordinaire, avec les deux côtés en rectangle », a dit M. Du dit au sujet de la pierre de la taille d'une brique, qu'il souhaitait ramener comme souvenir des vacances qu'il a passées avec son épouse et sa belle-mère.

« Nous n'avons pas demandé de reçu lors de notre séjour de neuf jours en Turquie du fait de difficultés linguistiques, et personne ne nous n'a jamais dit que les touristes ne pouvaient pas emporter des pierres hors du pays », a déclaré M. Du, qui est arrivé à Shanghai mercredi après-midi avec sa famille.

Depuis le 22 mars, M. Du et sa famille ont passé une journée au Bureau de police d'Antalya et ont eu maille à partir avec les tribunaux locaux. Ils ont dit qu'ils n'ont appris qu'à l'aéroport international d'Antalya, jeudi dernier, que le « souvenir » qu'ils avaient acheté était en fait un fragment provenant d'un vestige culturel, et ils ont été arrêtés après avoir été accusés de contrebande, n'ayant pu produire de reçu.

M. Du a dit qu'il a recouru aux services d'un avocat local pour s'occuper de l'affaire et qu'il a été informé que la prochaine date d'audience a été fixée au 10 avril. « Je ne sais pas quel est le montant de l'amende que je risque, mais je sais qu'une française a tout simplement été expulsée et frappée d'une amende de 15 000 Euros pour un morceau de pierre qu'elle avait ramassé au bord de la mer il y a quelques jours ».

M. Du reproche aux autorités turques d'être responsables de sa situation parce qu'elles n'ont pris aucune initiative pour informer les touristes étrangers de la loi.

Toutefois, GoTurkey.com, le portail officiel du tourisme en Turquie, avertit bien que l'exportation d'antiquités en provenance du pays est un délit grave et que ceux qui tentent de le faire risquent des peines sévères.

En plus de l'avertissement, le site mentionne également que pour « les cadeaux et souvenirs de valeur, une preuve d'achat est nécessaire, avec un reçu prouvant que toute devise utilisée pour l'achat a été changée légalement ».

Selon Liu Yang, un avocat de Beijing spécialisé dans la protection des vestiges, la Turquie a compté plus de 5 000 cas de contrebande de vestiges culturels pour la seule année 2010. « Le système juridique turc concernant la contrebande de vestiges culturels est très strict », a dit Me Liu.

Concernant le cas de M. Du, il a dit que si la question ne peut être résolue par la voie diplomatique, la seule option sera de prouver que la famille n'était pas au courant de la loi. « Un grand nombre de preuves et un témoin, comme le vendeur qui a vendu la pierre, doivent être recherchés en Turquie pour prouver que Du ne savait pas », a-t-il dit.

Selon Shen Jie, de l'agence de voyage Shanghai SAL, la plupart des groupes touristiques seraient informés des conséquences possibles au cas où ils ne demanderaint pas de reçu pour leurs achats dans des pays comme l'Egypte et la Turquie. « Ils seraient mieux avisés de faire leurs emplettes dans les magasins officiels plutôt que chez les vendeurs de rue », a déclaré M. Shen, qui est en charge du tourisme en Turquie à l'agence. « M. Du est allé en Turquie comme voyageur individuel plutôt que comme voyageur en groupe ».

Zhou Yan, qui travaille comme traductrice pour un tribunal allemand, a déclaré que, bien que ce soit le premier cas dans lequel des chinois ont été impliqués en Turquie, ce genre d'affaire est fréquent chez les touristes européens visitant Antalya.

« Les touristes allemands sont la principale source de revenus du tourisme d'Antalya, aussi l'ambassade d'Allemagne est-elle très familière avec le processus d'aide à ses ressortissants dans la ville, et les agences de voyages allemandes avertissent toujours leurs touristes avant leur départ », a déclaré M. Zhou, qui passe ses vacances régulièrement à Antalya. « La seule raison pour laquelle il a fallu si longtemps pour que cela arrive à un Chinois, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de Chinois qui visitent Antalya ».

M. Zhou a également déclaré que de l'expérience des ministères des pays européens étrangers dans la gestion de ce genre de cas en Turquie, il ressort qu'il n'existe aucun moyen de prouver si un morceau de pierre est un vestige culturel ou non parce que « de par la loi, le peuple (turc) détermine si un objet est un vestige ou non ».

Dans l'intervalle, le Bureau du tourisme de Shanghai a rappelé mardi aux touristes chinois de s'informer des lois et des coutumes étrangères avant de voyager à l'étranger.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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