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Français>>TourismeMise à jour 05.06.2012 09h25
Les compagnies aériennes internationales s'envolent vers des terres inconnues

Les voyages vers les destinations en développement rapide en Chine devraient s'envoler vers de nouveaux sommets alors que les compagnies aériennes internationales songent à des plans d'expansion vers les villes florissantes de deuxième et de troisième rang. Avec la croissance encore inexploitée des provinces chinoises de l'intérieur qui souhaitent attirer les entreprises multinationales et les voyageurs curieux qui veulent s'éloigner des prix élevés des pôles de commerce comme Shanghai, Guangzhou et Beijing, les transporteurs aériens internationaux sont en train de s'engouffrer dans cette brèche et de découvrir de nouveaux marchés émergents destinés à devenir des plaques tournantes du transport.

« C'est un scénario du type de l'œuf et de la poule », dit Welf Ebeling, directeur régional pour l'Association Mondiale des Voyageurs d'Affaires Asie. « Parfois, ce sont les industries qui vont en premier vers une destination et les compagnies aériennes suivent, parfois c'est l'inverse ».

« Presque toutes les compagnies aériennes majeures du monde ont mis un pied dans la porte du marché des transports aériens de la Chine via les villes de premier plan, mais avec les hausses des loyers et des salaires dans ces méga-métropoles déjà sursaturées, les vraies opportunités de croissance résident dans le potentiel intact des villes chinoises de et de troisième rang, d'Urumqi à Xiamen ».

« D'abord, les compagnies aériennes se sont toutes précipitées vers Beijing et à Shanghai, mais aujourd'hui, afin de rester compétitives, elles se tournent vers les villes de second rang », a déclaré M. Ebeling.

Bien qu'aucune définition claire de la chose n'existe, on définit de façon informelle les villes de deuxième rang comme les capitales provinciales, et celles du troisième rang comme étant une capitale de niveau comté ou préfecture.

Parmi les toutes premières à déployer ses ailes, la compagnie aérienne allemande Deutsche Lufthansa AG a ouvert deux nouvelles dessertes le mois dernier, offrant un accès facile aux hommes d'affaires faisant des allers et retours entre Francfort et Shenyang, capitale de la province du Liaoning, et Qingdao, une ville côtière de la Province du Shandong.

« La stratégie de Lufthansa est de croître avec nos clients », a déclaré Jürg Christen, Directeur général de Lufthansa en Chine.

Il a ajouté : « Quand ils ont une forte demande pour de la mobilité et des destinations nouvelles, nous sommes heureux de leur offrir ces connexions, pour peu qu'elles soient rentables économiquement ».

Mais pour M. Christen, qualifier ces villes de deuxième ou de troisième rang est difficile, quand on sait que ces deux nouvelles destinations de Lufthansa en Chine rendent bien petites même les plus grandes villes d'Allemagne.

C'est la taille de ces 23 villes de deuxième rang de Chine qui a rendu cette orientation si séduisante pour les transporteurs internationaux. Plusieurs d'entre elles comptent en effet une population de 5 millions d'habitants ou plus.

Lufthansa, qui en 1926 fut la première compagnie aérienne internationale à desservir la Chine, fait maintenant partie de celles qui ont des vols à destination de destinations du monde extérieur moins bien connues.

Finnair a commencé l'exploitation de son premier vol direct entre la Chine du Sud-Ouest et l'Europe en mai, assurant quatre vols hebdomadaires entre Chongqing et Helsinki. Cette nouvelle desserte devrait faire monter le nombre de passagers d'au moins 100 000 par an.

Qatar Airways a récemment ajouté Chongqing à sa liste de destinations.

Parmi les autres destinations de second rang très prisées pour les voyages internationaux, on compte aussi Dalian, Shenyang, Fuzhou et Kunming.

Mais dans le secteur du transport aérien, où quelque chose d'aussi simple qu'un léger changement du prix du carburant peut rapidement mettre les comptes dans le rouge, l'ouverture de ces itinéraires comporte des risques énormes.

« Ouvrir une nouvelle voie est extrêmement coûteux », a déclaré Lars Olofsson, Directeur général de Scandinavian Airlines en Chine. «C'est un investissement de plusieurs millions de dollars ».

« Certaines compagnies aériennes internationales desservent diverses villes de deuxième et de troisième rang et ne sont pas rentables ».

« Même après l'ouverture d'une nouvelle route, cela peut prendre jusqu'à deux ans avant qu'elle ne commence à devenir rentable ».

Les coûts des salaires des employés, de l'accueil, de la location d'équipements, et de l'entretien des avions s'accumulent rapidement, alors même que les compagnies aériennes traversent déjà des moments difficiles du fait de la crise financière mondiale.

L'année dernière, elles n'ont engrangé que 8 milliards de Dollars US de bénéfices, contre 16 milliards de Dollars US en 2010, et 3 milliards de Dollars US seulement sont attendus cette année, selon l'Association Internationale du Transport Aérien (plus connue sous le nom d'IATA), qui représente plus de 230 compagnies aériennes de 180 pays.

Ajoutant aux charges des coûts de carburant et de navigation aérienne, les frais demandés pour les certificats et les services dans les aéroports de Chine sont parmi les plus élevés au monde.

Selon M. Olofsson, SAS recourt à des partenariats avec les compagnies aériennes chinoises, principalement Air China Ltd, pour utiliser leurs destinations de Beijing et Shanghai comme une base d'exploration de nouvelles dessertes.

« A partir de là, nous pourrons déterminer dans quelles villes nous sommes les plus susceptibles de nous développer », a-t-il dit.

Il a précisé que sa compagnie aérienne est actuellement à la recherche de zones incluant des villes comme Suzhou, Ningbo et Hangzhou, toutes villes ayant de fortes influences scandinaves.

Toutefois, si les compagnies aériennes mondiales veulent maintenir leurs recettes et trouver de nouvelles sources de trésorerie, la Chine est un must, a déclaré Tony Tyler, Directeur général et PDG de l'IATA.

« La Chine est un grand marché et elle connaît une croissance rapide. Vouloir être ici est une évidence », a-t-il dit.

La force motrice de la croissance n'est pas alimentée uniquement par les entreprises multinationales occidentales qui se réorientent au-delà des plus grandes villes de Chine. Le vrai potentiel réside dans l'augmentation du nombre de touristes chinois qui s'aventurent hors de leur pays.

En 2015, le nombre de Chinois qui voyageront en avion devrait atteindre 212 millions de personnes - soit un quart des 815 millions qui sont prévus pour le monde entier.

Actuellement, un Américain moyen effectue deux voyages aériens par an, contre une moyenne de 0,2 pour un Chinois.

« Lorsque les Chinois feront autant de voyages que les Américains - quand on sait que la population ici est six fois supérieure à celle des États-Unis - je vous laisse imaginer le nombre de passagers que cela fera », a déclaré M. Tyler.

« C'est pourquoi les compagnies aériennes veulent être ici. Sur le long terme, vous devez être sur le marché chinois ».

« En 2001, il n'y avait que 32,5 millions de sièges par an sur les vols internationaux à destination et en provenance de Chine, contre 92,4 millions l'an dernier ».

Et ce nombre continue d'augmenter, avec une croissance du nombre de passagers des compagnies aériennes chinoises estimée à 10 % en 2012, selon les statistiques de publiées le mois dernier par l'Administration de l'Aviation Civile de Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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